À l’heure du Mali : Une presse réelle, face à la percée de l’artificiel

Le 3 mai est un jour ordinaire pour les habitants de la planète mais une journée toujours extraordinaire pour les journalistes du monde entier, les hommes de presse, de médias et les militants des libertés fondamentales. C’est pour un travailleur de la presse une sorte de fête de Tabaski, de Ramadan, de Noël ou de Pâques. C’est la fête de l’homme libre dont la vocation habite le journaliste et tout intervenant dans un métier lié au journalisme et à la presse.

Publié lundi 05 mai 2025 à 07:06
À l’heure du Mali : Une presse réelle, face à la percée de l’artificiel

Chaque année, la journée du 3 mai est célébrée, sous l’égide des Nations unies à travers l’Unesco et les gouvernements du monde entier. Les associations de presse, les organes de presse, les praticiens indépendants se mettent ensemble, presque partout, pour trois choses : faire l’état des lieux de l’exercice des métiers de la presse, montrer l’unité d’action sur tous les terrains et réaffirmer l’engagement à défendre la liberté de la presse. 

Au Mali, nous ne dérogeons pas à la tradition et samedi dernier, la grande famille de la presse malienne s’est retrouvée à la Maison de la Presse, pour la journée mais aussi la Semaine de la liberté de la presse (Senlip), autour du thème : « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’Intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias ».

Il est naturel qu’une réflexion sur la presse intègre la question de l’Intelligence artificielle (IA), car elle façonne désormais l’air du temps. Avec internet, les réseaux sociaux et maintenant l’IA, le numérique transforme notre quotidien et modifie en profondeur les pratiques journalistiques. Si les Cyborgs relèvent encore de la science-fiction, il faut désormais composer avec des outils automatisés qui assistent, voire remplacent l’humain dans bien des activités. 

Dans le métier du journalisme, l’IA est de plus en plus sollicitée pour rédiger des articles, les diffuser, créer des graphismes, etc. Pourtant, elle ne doit pas se substituer au journaliste. L’enjeu n’est pas de combattre l’IA, mais de lui assigner une place complémentaire sans qu’elle devienne dominante.

Au sein de votre Quotidien national, nous sommes convaincus que l’IA est un outil au service du progrès des médias. Elle ne dicte ni le sujet ni l’angle, c’est bien le journaliste qui en maîtrise l’usage pour enrichir son travail. Les algorithmes imitent le raisonnement humain mais ne possèdent ni son discernement ni sa sensibilité.

Depuis notre livraison du 16 décembre dernier, L’Essor expérimente l’IA via une application acquise pour générer des graphiques, diagrammes et infographies sur des articles contenant des données chiffrées. Ce recours permet d’offrir une lecture plus visuelle sans altérer les chiffres initiaux.  Nous sommes convaincus que l’Amap exploitera d’autres fonctionnalités de l’IA dans ses stratégies futures. 

La presse traditionnelle que nous représentons s’adapte aux évolutions mais demeure fidèle à sa mission : informer avec rigueur et indépendance. Nous continuerons d’exercer notre métier avec résilience et engagement, quelles que soient les mutations à venir.

Pour le reste, les défis restent inchangés pour la presse malienne : précarité, lacunes des textes réglementaires et législatifs, protection des journalistes face aux divers pouvoirs (politiques, économiques) et régulation de l’usage des réseaux sociaux, souvent propices à la concurrence déloyale. 

La presse malienne est à un tournant, entre transformation digitale, contexte politique complexe et instabilité économique. Elle reste debout, armée de son expérience et de sa détermination. Sur les traces de ses pionniers, elle demeurera réelle avec ses qualités et ses défauts, ses bonheurs et ses malheurs, tout en tirant parti des avancées technologiques, sans jamais devenir artificielle. 

Alassane Souleymane

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