Édito: La nécessité d’un pacte social de stabilité du sport malien

Du niveau régional au niveau national, le ministre des sports tient désormais entre ses mains les recommandations des Etats généraux du sport. Plus de 80 recommandations sorties de centaines d’heures de conclave entre les acteurs, toutes spécialités, disciplines et expertises confondues.

Publié lundi 28 avril 2025 à 07:06
Édito: La nécessité d’un pacte social de stabilité du sport malien

En organisant les Etats généraux du sport, le département chargé des sports ne s’attendait pas à l’invention de la roue, mais à un meilleur serrage des écrous, un meilleur gonflage de la chambre à air, une meilleure adhésion du pneu au sol. En somme, ausculter le grand corps malade qu’est le sport malien. Est-il vraiment malade si l’on mesure la santé du sport au nombre de compétitions organisées ou atteintes, de victoires ou de médailles remportées ? Le problème n’est pas que le sport malien ne gagne pas, mais plutôt qu’il gagne peu ou mal. Les fédérations tentent de gagner le pari de la régularité des compétitions domestiques, de la participation aux compétitions internationales.


Les athlètes, sinon les pratiquants, tentent de glaner des médailles. Le premier mérite des Etats généraux du sport, c’est d’avoir été pensés et organisés. Le deuxième, c’est d’avoir réuni autant de monde et permis à chacun de “cogiter”. L’on a parlé du sport malien du niveau Comité local des sports (CLS) au niveau ministère, du sous district à la fédération et au ministère, de la commune au district de Bamako. Le troisième mérite, c’est d’avoir retenu des idées forces transformées en recommandations pour servir de bréviaire au ministre et à son département, comme l’a souhaité le président des travaux, l’ancien ministre Hamèye Founè Mahalmadane.

À la loupe de ces Etats généraux du sport, toutes les grandes thématiques sont passées : gouvernance, financement, législation, infrastructures, éthique, professionnalisation, inclusion et bien d’autres. En fin de compte, de ces recommandations, de leur mise en œuvre et de l’atteinte des objectifs, l’acteur principal restera l’Etat à travers le gouvernement et le département des sports. L’état sera l’alpha et l’oméga comme il l’a toujours été. A regarder de près les thématiques ci-dessus énumérées, que sera leur sort sans l’Etat, au stade de l’évolution de notre pays ? Nous sommes loin des pays qui possèdent des fédérations fortes et financièrement autonomes.

Quelle est la fédération qui se suffit à elle-même dans la prise en charge de ses compétitions domestiques, la participation aux compétitions internationales ? Aujourd’hui le baromètre de la bonne marche d’une association ou fédération sportive dans notre pays est le niveau des bonnes relations entre le département chargé des sports et la fédération ou encore le niveau de financement de la prise en charge des sélections nationales. C’est notamment le cas du sport roi qu’est le football. Les États généraux du sport ont été l’occasion de poser les bonnes questions.

 Qu’est ce qui peut valoir une mésentente entre le département et une fédération quand c’est l’Etat qui donne avant tout la délégation de mission et supporte tous les coûts de participation des sélections nationales aux compétitions internationales, c’est lui qui finance la construction d’infrastructures comme c’est le cas des stades existants utilisés par les fédérations et de l’actuel programme présidentiel de rénovation des stades nationaux et régionaux tant salué par les sportifs et les populations.

Après ces Etats généraux du sport et pour que les recommandations soient concluantes, la priorité reste la pacification des instances de direction de plusieurs fédérations gangrenées par des guerres larvées, des querelles lancinantes qui les minent de l’intérieur, les tirent vers le bas et annihilent les chances de compétitivité et de performances. Fort heureusement les états généraux ont pris la  mesure du ‘’fléau’’ à travers une recommandation qui préconise de « mettre en place des mécanismes de prévention et de gestion des conflits au sein du mouvement national sportif, en prenant en compte le choix et le mode d’élection des dirigeants ». 


 C’est dire qu’il y a urgence d’aller à un pacte social du sport devant être conduit par le département et le Comité national olympique et sportif avec l’adhésion de toutes les fédérations, après le préalable du règlement des conflits en cours au sein de ces dernières. C’est fondamental, préalable à toutes initiatives après ces états généraux. Ce pacte de stabilité et de croissance (développement) du sport, devrait aller bien au-delà d’un simple ‘’statut général type’’ des associations et fédérations. Ce pacte, conclu entre toutes les parties, devrait être la pilule qui soigne l’individualisme, mal suprême dans la gouvernance des instances sportives. 


C’est à ce prix que les recommandations de ces Etats généraux du sport ne resteront pas dans les tiroirs et pour qu’elles puissent ouvrir une nouvelle ère d’espérance pour le sport malien. En cela l’Etat reste et restera l’acteur principal car il est en chaque acteur et chaque association et tous sont censés l’incarner. L’Etat, en tant que forme politique, pouvoir organisé est central, général et s’impose à tous, à tout, et donc aux États généraux du sport et à leurs recommandations. L’Etat est en nous, au centre des idées et des actions, et même quand il veut être décentralisé ou déconcentré.

En tant qu’initiateur et porteur de la politique nationale du sport, il doit s’imposer à tous à travers le ministère ad hoc dans le respect de la législation, dans la garantie de l’exercice des prérogatives de chaque acteur, dans le respect de la règlementation et de la législation, et surtout dans la préservation de l’intérêt supérieur des Maliens. Et cet intérêt sur ce terrain, c’est la victoire de chaque athlète, de chaque sportif, de chaque association sportive. De la Nation malienne incarnée par l’Etat.

Alassane Souleymane

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