Perspectives sahéliennes : La sécurité commune dans l’AES, à pas de géant

«Ceux qui pensent nous intimider et nous déstabiliser se trompent lourdement». Nouvelle phrase choc venue du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara et dont il a la science. C’était vendredi dernier à l’issue d’une session du Conseil supérieur de la défense présidée par le Chef de l’État.

Publié mardi 22 avril 2025 à 07:39
Perspectives sahéliennes : La sécurité commune dans l’AES, à pas de géant

Au regard du processus de consolidation de la Confédération AES, de l’actualité sécuritaire récente dans notre espace commun, cette phrase ne peut tomber dans l’oreille d’un sourd et peut valoir bien d’interprétations. La sécurité, la protection de nos territoires et des populations est la vision la mieux partagée dans l’AES. C’est de bonne augure, car il ne se passe pas un jour sans que les services de renseignement de l’AES ne déjouent soit un complot contre l’État et ses symboles, soit une attaque contre les populations civiles ou une incursion dans une contrée urbaine ou rurale. La plupart de ces projets maléfiques sont déjoués grâce à la vigilance et à l’expertise de plus en plus pointue des services, de leurs responsables et des agents dédiés. L’ennemi n’est pas loin et il a plusieurs formes.

 L’expulsion de nos États des forces armées étrangères et de certains organismes multilatéraux ainsi que  de leur corollaire idéologique de domination impérialiste, grâce au soutien des peuples, de même que la nouvelle gouvernance progressiste installée à la suite d’insurrections populaires et d’une osmose entre les populations et leurs forces armées, ont permis d’aboutir à la concrétisation du projet de la Confédération AES. L’adhésion des masses dans nos trois États facilite la transformation géopolitique de notre sous-région et place la Confédération en position de fer de lance de la transformation géopolitique du continent, la faisant quitter une position de suiviste pour une position d’acteur dans le nouveau monde multipolaire qui prend corps.

Cette transformation politique, diplomatique de nos espaces communs ne va pas sans un socle sécuritaire auquel on devrait donner l’endurance nécessaire pour traverser les temps à venir. La mise en place d’une force unifiée de l’AES va dans ce sens et la récente réunion des chefs d’états major généraux de nos trois États à Ouagadougou, celle des responsables des forces aériennes à Bamako démontrent à souhait que la stratégie de mise en place des instruments sécuritaires est concrète et présage d’un espace commun sécurisé où l’ennemi, de l’intérieur comme de l’extérieur, saura à quoi s’en tenir.

Cet ennemi est là grâce aux tentacules que les forces chassées et leurs parrains ont enracinés à la fois dans les esprits et dans l’espace physique. Que ce soit l’abattage d’un drone de nos Armées, la pose d’un EEI, l’attaque de convois militaires et civils, de villages et hameaux, l’ennemi a plusieurs visages et change de modus operandi à chaque fois. Fort heureusement avec la Confédération, ses instruments politiques, diplomatiques et sécuritaires, il trouvera une réponse unifiée, coordonnée et cinglante. C’est cela la raison d’être de la force conjointe qui opère déjà, de la diplomatie conjointe qui est action.

Parlant de la force unifiée, le Général Salifou Modi expliquait en janvier sur la télévision ORTN, qu’elle «aura non seulement son personnel, mais aussi ses moyens aériens, ses moyens terrestres, ses moyens de renseignement et, bien sûr, son système de coordination». C’est dire que personne d’autre ne viendra plus assurer notre sécurité à notre place, penser nos stratégies en notre nom, user de ses armes pour nous. «Nous étions dans une configuration qui ne nous permettait même pas d’être dans la manœuvre.

Dieu merci aujourd’hui personne ne peut nous empêcher d’aller nous équiper où nous voulons... Personne ne peut nous restreindre de survoler une partie du territoire, personne ne viendra nous interdire de survoler une zone. Tout cela se passait avant», expliquait le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, lors d’une de ses récentes interventions publiques.

Cette nouvelle donne sécuritaire dans l’AES impose une nouvelle architecture de la sécurité dans notre région et sur le continent et que des acteurs étatiques ou multilatéraux ne sont pas prêts d’accepter. Jusque hors du continent. Face à cela, la Confédération s’appuiera sur ses solides relations diplomatiques nouées avec les partenaires sincères comme la Russie, la Chine, la Turquie ou encore l’Inde et l’Iran. Dans le communiqué conjoint ayant sanctionné la rencontre des ministres chargés des Affaires étrangères de la Confédération et de la Russie, les 2 et 3 avril derniers à Moscou, aux points 5 et 6, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la Russie s’est mise aux côtés de l’AES et de ses populations pour un long bail, notamment en matière de coopération sécuritaire.

 «Dans le domaine de la sécurité et de la défense, les Parties russe et confédérale sont convenues d’établir un partenariat stratégique pragmatique et solidaire. Elles ont également exprimé leur engagement pour intensifier la lutte contre le terrorisme et l’insécurité sous toutes ses formes dans l’espace AES. Dans cette perspective, la Partie russe a réitéré son soutien indéfectible pour l’opérationnalisation de la Force unifiée de la Confédération AES dans sa lutte pour la préservation de l’intégrité territoriale de l’espace Confédéral». 
Face à l’ennemi, sur tous les fronts, la Confédération et son peuple sahélien sont debout sur les remparts, prêts à se défendre, à avancer, à se construire un espace et un avenir de sécurité et surtout de prospérité.

Alassane Souleymane

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