Edito : Au Mali, nous avons de la mémoire historique

«Je considère que c’est une crise de trop. Elle engendre une situation extrêmement douloureuse. Les Maliens ont le sentiment d’être trahis par un pays frère avec lequel nous avons écrit l’une des pages glorieuses de l’histoire de la libération du continent», a confié l’ancienne ministre et sociologue Aminata Dramane Traoré, hier soir sur le plateau de la télévision nationale ORTM 1, dans l’émission «Questions d’actualité».

Publié lundi 14 avril 2025 à 09:29
Edito : Au Mali, nous avons de la mémoire historique

Sa dernière phrase résume l’émoi général au Mali à la suite de l’agression de l’État algérien et de son armée contre un aéronef des Forces armées maliennes dans la nuit du 31 mars au 1er avril dernier, alors qu’il menait une opération de routine dans l’espace aérien national. L’Algérie a agressé le Mali et mis en péril tout son capital estime que le Mali et ses fils et filles lui vouaient en tant qu’état voisin et frère, lié par l’histoire, la géographie et la culture. Que se passe-t-il dans la tête des dirigeants algériens d’aujourd’hui qui semblent effacer l’histoire, dans une fuite de mémoire qui ne dit pas son nom, cette histoire marquée au fer et au sang de la lutte des Moudjahids (nom donné aux combattants de la libération de l’Algérie) de la libération du sol algérien des siècles de domination et d’exploitation par la France et d’autres empires.


Des Moudjahids qui n’ont jamais perdu de vue le sacrifice de la terre, du sang et d’amour des Maliens et de leurs dirigeants dans la guerre sanglante pour chasser les Français de la terre africaine d’Oran, de Tlemcen, de Tamanrasset, de Sétif ou encore d’Alger la blanche. Ahmed Ben Bella, Houari Boumedienne, Chadli Benjedid, Abdelaziz Bouteflika, tour à tour à la tête de l’Algérie indépendante n’ont jamais oublié la contribution de Modibo Keita, Mahamane Alassane Haïdara, de Seydou Badian Kouyaté, Mamadou Gologo d’Ousmane Ba et autres camarades héros des indépendances africaines et du Mali dans la stratégie d’étouffement des troupes françaises par la zone sud que constituait l’axe Bamako-Gao, en terre malienne, pour le Front de libération nationale d’Algérie que commandait Abdelaziz Bouteflika.


De Modibo Keita à Moussa Traoré, d’Amadou Toumani Touré à Assimi Goita, en passant par Alpha Oumar Konaré, Ibrahim Boubacar Keita, les chefs d’état successifs du Mali n’ont jamais montré une once d’hostilité du pays à l’égard du grand voisin algérien. Ils en ont même fait un médiateur de luxe dans les conflits successifs au nord du Mali. Mais la confiance de notre pays faite au voisin s’est muée en une confiance aveugle qui a failli nous faire perdre notre état, car le médiateur pompier a fini par devenir pyromane.


Les Maliens dans leur ensemble ne comprennent pas que l’Algérie, sortie diplomatiquement du dossier malien à travers le processus de l’Accord de Ouagadougou a été ramenée à la table par le Président IBK qui tenait à ce que le pays frère, médiateur de toujours ne perde pas la main géopolitiquement, dans un esprit de voisinage. Mais voilà, le voisin médiateur, a fait de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus de pourparlers inter-Maliens d’Alger (signé le 15 mai et parachevé le 15 juin 2015 à Bamako) son arme fatale et son poison mortel pour mettre le Mali sous l’éteignoir d’un néocolonialisme qui ne dit pas son nom. C’est à cela que le Président de la Transition, Général d’armée Assimi Goïta et ses compatriotes ont dit non. C’est ce qui rend la vie amère à l’Algérie qui décide de rendre encore plus douillet le gîte et le couvert plus argenté aux terroristes qui combattent le Mali.


L’attaque du drone malien est l’expression de l’amertume d’un voisin et médiateur en désuétude, qui ne capte plus le regard attendrissant et attentionné que le Mali et son peuple lui accordaient. Ce Mali et son peuple sont mécontents, choqués du geste inamical d’un voisin et frère et l’ont fait savoir la semaine dernière, de Kayes à Ménaka et partout sur le territoire national. Plus jamais ça, ont dit nos compatriotes en chœur. En attendant que la diplomatie fasse son œuvre.

Alassane Souleymane

Lire aussi : COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Lire aussi : Le Président Assimi Goïta : «Il doit y avoir un changement notoire dans la vie quotidienne de nos communes»

Au terme de la cérémonie, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a accordé une interview à la presse au cours de laquelle il s’est félicité, à travers cette initiative, de la mise en œuvre d’une recommandation des Assises nationales de la refondation..

Lire aussi : Fonds minier de développement local : Les communes empochent plus de 18 milliards de Fcfa

Les chèques géants remis hier aux bénéficiaires par le Chef de l’Etat, le Général d’armée Assimi Goïta, varient de 4,20 millions de Fcfa à 3,39 milliards de Fcfa.

Lire aussi : Concertations sur les conditions de création des partis politiques : Un appel à l’apaisement et à l’inclusion

Dans son discours de nouvel an, le 31 décembre 2025, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a déclaré que l’année 2026 ouvrira le chantier des concertations nécessaires autour de l’avant-projet de loi déterminant les conditions de formation et d’exercice d.

Lire aussi : Communiqué du conseil des ministres du 18 février 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 février 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Lire aussi : Mali : Les horaires de travail changent

Cette mesure s'inscrit dans le cadre de l'application des dispositions de l'Arrêté n°2011-2991/MTFP-SG du 25 juillet 2011 portant modification des horaires de travail pendant le mois de Ramadan..

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Guerre Israël–Iran, si loin, si proche

Ce 11 mars, la deuxième guerre Iran–Israël comptera douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au delà de ce seuil, l’incertitude sur sa fin ne fera que s’épaissir. Les États Unis, alliés d’Israël, avaient prédit une guerre éclair pour en finir avec le régime de Téhéran..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:37

À l’heure du Mali : De guerre lasse

En juin, c’était douze jours. Et maintenant, combien de temps durera l’affrontement entre Israël et l’Iran ? Ce que nous pensions n’être qu’une folie meurtrière passagère, avec son lot de morts et de destructions, n’aura offert que neuf petits mois de répit..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:16

Perspectives sahéliennes : Une diplomatie confédérale sans grain de sable

Qu’est-ce qu’une confédération, sinon «une ligue de nations ou d’États indépendants qui, tout en gardant leur autonomie, se réunissent pour former un gouvernement commun? » Les juristes peuvent en discuter les nuances, mais cette définition suffit à saisir la communauté de destin que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont choisi d’amorcer pour le bonheur de leurs peuples..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 27 février 2026 à 09:02

À l’heure du Mali : Le gouvernement réaménagé, entre continuité et confiance

De nouveaux ministres, de nouveaux ministres d’État et voilà le gouvernement Abdoulaye Maiga 2. Le Président de la Transition sait entendre ses compatriotes quant à la réorientation de l’action publique, incarnée par le pouvoir exécutif à travers le duo Chef de l’État et chef du Gouvernement. Ce jeudi 12 février 2026 a marqué un changement dans l’équipe du Premier ministre Abdoulaye Maïga..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 13 février 2026 à 08:29

À l’heure du Mali : Vœux à Koulouba, pour la lumière et contre l’obscurité

Le volet de l’agenda du Président de la Transition en ce début d’année, consacré à la traditionnelle série de présentations de vœux, s’est refermé le jeudi 5 février par les Forces armées et de sécurité, avec à leur tête le Chef d’État-major général. Le ballet avait débuté le lundi 12 janvier..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 10 février 2026 à 08:42

À l’heure du Mali : Le cas Vénézuélien, entre désarroi mondial et fermeté sahélienne

Dans une précédente chronique, parue dans notre livraison du 5 janvier dernier et intitulée «Entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique», nous évoquions la journée du 3 janvier 2025 et «la torpeur quasi mondiale provoquée, un peu plus tôt, par l’arrestation du président d’un État souverain par les forces d’un autre, telle qu’elle a été vécue au Venezuela »..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 12 janvier 2026 à 08:54

Perspectives sahéliennes : Les attentes des populations confédérales pour 2026

La proximité de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, tenue à Bamako, avec la fin de l’année 2025 a permis aux dirigeants de se projeter sur l’avenir, notamment sur cette nouvelle année qui commence..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 06 janvier 2026 à 10:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner