Spécial 8 mars 2023, Implication des femmes dans le processus de paix : Le chemin reste long

Le processus de paix et de réconciliation a été lancé dans notre pays en 2013. Il intervient après la crise multidimensionnelle qui l’a secoué en 2012.

Publié mercredi 08 mars 2023 à 07:30
Spécial 8 mars 2023, Implication des femmes dans le processus de paix : Le chemin reste long

Mobilisation des femmes au Centre Aoua Keïta pour l’unicité du Mali

 

 

Ainsi, des négociations ont été menées à Alger entre 2014 et 2015, aboutissant à la signature de l’Accord communément appelé «Accord d’Alger» en 2015.

Premières victimes de cette crise multidimensionnelle, les Maliennes attendent encore d’être impliquées à souhait dans ce vaste chantier de la paix et de la réconciliation nationale entamé par notre pays. Pourtant, toutes les dispositions sont prises pour l’inclusion effective des femmes dans ledit processus. Notre pays a ratifié, sans réserve, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw), ainsi que le Protocole de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo). 

Par ailleurs, la Constitution de 1992 garantit l’égalité des droits à tous les citoyens sans distinction de sexe. En 2010, le Mali a adopté une politique nationale genre. Ce n’est pas tout, en 2012, le Mali a lancé son premier Plan d’action national (Pan) pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité (Pan 1325). Le deuxième Pan 1325 a été lancé en 2015, pour la période 2015-2017.

Présentement, notre pays dispose de la 3è génération du Pan (2019-2023). Il a pour but de promouvoir la participation des femmes au processus de paix et de réconciliation et dans la gouvernance post-conflit. Enfin, une loi garantissant un quota de 30% de femmes dans les nominations aux institutions nationales et aux organes législatifs a été adoptée en décembre 2015.

Malgré tout, les recommandations des organisations féminines portent toujours sur la représentation substantielle des femmes dans les organes nationaux de décision et de gouvernance, leur participation effective aux mécanismes de mise en œuvre de l’accord pour la paix et leur représentation la décentralisation et le développement local.


Il est établi que lorsque les femmes participent au processus de paix, c’est toute la société qui en bénéficie.

Par ailleurs, lors d’une rencontre nationale de réflexion sur la participation des femmes dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali en 2020, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali a rappelé le ferme engagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) à poursuivre son soutien aux autorités.

Cela, dans la recherche des solutions pour la paix et la réconciliation au Mali et notamment la participation effective des femmes aux mécanismes de suivi et de mise en œuvre de l’Accord. «Malgré nos efforts, les femmes restent sous-représentées dans les mécanismes officiels de mise en œuvre de l’Accord de paix. Il est donc nécessaire de lever les goulots d’étranglement qui les empêchent de participer», a-t-il déclaré. 

Pourtant, l’accord d’Alger a des orientations qui traitent la protection des femmes et la lutte contre l’impunité. Cependant, le document reste muet sur d’autres questions relatives au genre, aux droits des femmes et leur participation au processus de paix. Elles sont nombreuses les organisations des femmes à exprimer leur frustration par rapport à leur persistante exclusion du processus de paix.

Avec toutes ces dispositions, la sous-représentativité des Maliennes dans les mécanismes chargés de la mise en œuvre et du suivi de l’accord de paix reste incompréhensive. En effet, le tableau est peu reluisant. Le Comité de suivi de l’Accord (CSA) au début ne comptait aucune femme. Cette tendance a changé actuellement grâce aux plaidoyers des organisations féminines. Les femmes ont été incluses 6 ans après sa mise en place lors du 40è session du CSA.

On note aussi qu’une seule femme a été nommée au niveau des autorités intérimaires. La commission Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) compte également une femme, tandis que le Conseil national de la réforme du secteur de la sécurité (RSS) compte quatre femmes membres. En moyenne, la participation des femmes aux mécanismes de mise en œuvre de l’Accord d’Alger est d’environ 3%. En effet, il n’y a que 31 femmes sur 1045 hommes dans l’ensemble du processus de mise en œuvre de la paix. Les femmes sont mieux représentées à la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR). En effet, 4 commissaires sur 25 sont des femmes, soit 16%.

Depuis les premières heures de la négociation, les femmes n’ont cessé de prétendre à un plus grand rôle dans tous les aspects du processus de paix et de réconciliation nationale. Elles sont nombreuses les Maliennes qui vivent les conséquences de la violence et de l’insécurité quotidiennement.

 Il urge donc de les inclure réellement dans le processus de paix. Face à la situation, le gouvernement affiche sa volonté à corriger l’inégalité décriée par les femmes. Malheureusement, cette dernière peine à être concrétisée.

Mariam A. TRAORÉ

Lire aussi : Examen de baccalauréat 2026 : 146.206 candidats affrontent les épreuves

Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a lancé, ce lundi 22 juin 2026 au Lycée Ba Aminata Diallo, les épreuves de l'examen du baccalauréat session de juin 2026. Plusieurs ministres étaient présents pour encourager et prodiguer des conseils à ces lycéens terminalistes.

Lire aussi : Mali : Les FAMa frappent des convois terroristes à Dioumara et Ménaka

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont intensifié leurs opérations aériennes ce week-end. Selon un communiqué de l'état-major général des Armées publié ce samedi 20 juin 2026, plusieurs frappes de précision ont permis de neutraliser une menace terroriste grandissante dans les régions de .

Lire aussi : DEF 2026 : À 14 ans Aminata Claudine Jules Coulibaly décroche la première place nationale grâce à une discipline exemplaire

Avec une moyenne remarquable de 18,50/20, Aminata Claudine Jules Coulibaly, candidate de la région de Sikasso, s'est hissée à la première place du classement national du Diplôme d'études fondamentales (DEF), session 2026..

Lire aussi : Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose : 700 personnes dépistées et 120 donneurs de sang mobilisés

—-.

Lire aussi : Œuvres sociales à Yirimadio : Trois nouveaux forages pour renforcer l’accès à l’eau potable

L’équipe des Œuvres sociales du Président de la Transition a inauguré, ce jeudi 18 juin 2026, trois nouveaux forages d’eau potable à Yirimadio Kadobougouni, en Commune VI du District de Bamako. Ces réalisations, offertes par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Go.

Lire aussi : Gao : Ce qui reste de la célèbre mosquée de Kankou Moussa

Le site historique et emblématique est toujours visible dans la Cité des Askia. L’empereur du Mandé y avait construit une mosquée à son retour du pèlerinage à La Mecque en 1324.

Les articles de l'auteur

Services du Trésor : Dans la dynamique de la mobilisation des recettes publiques

Au cœur des débats de la 3è édition de la Rencontre annuelle des services du Trésor (RAST), la digitalisation, présentée comme un levier majeur pour accroître les recettes, sécuriser les opérations financières et moderniser l’administration publique.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié vendredi 19 juin 2026 à 09:02

Gouvernance minière : La révolution silencieuse qui redessine l’Economie nationale

-.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 18 juin 2026 à 07:35

Immatriculation des motos et tricycles : L’opération démarre aujourd’hui

Selon les modalités communiquées par les autorités, les propriétaires des engins concernés devront fournir plusieurs documents pour obtenir leur immatriculation. Les frais d’immatriculation sont fixés à 12.000 Fcfa par engin.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié lundi 15 juin 2026 à 08:39

Hydrocarbures : Le Mali à l’abri d’une pénurie

La fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, ravive à tort ou à raison les inquiétudes sur les marchés internationaux. Il est ressorti d’une réunion entre le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, et les opérateurs d’hydrocarbures que notre pays dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour anticiper sur d’éventuelles perturbations.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié vendredi 12 juin 2026 à 08:20

Femmes dans les médias africains : La bataille silencieuse pour le pouvoir

Ces journalistes présentent les journaux télévisés, animent les grandes émissions, réalisent des reportages de terrain. Pourtant, derrière cette présence de plus en plus visible, les femmes restent en dehors des cercles de décisions dans les médias africains. Entre stéréotypes, plafonds de verre et quête de légitimité, leur combat se poursuit.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 10 juin 2026 à 09:13

Conseil supérieur de l’agriculture : L’ambition d’une production record pour la souveraineté alimentaire

Réuni, hier à Koulouba sous la présidence du Général d’armée Assimi Goïta, le Conseil supérieur de l’agriculture a dressé le bilan de la campagne 2025 et fixé les ambitions pour 2026. Il a annoncé le maintien des mesures de soutien aux producteurs. Ainsi, le prix du kilogramme de coton graine premier choix est fixé à 300 Fcfa. Le sac de 50 kg d’engrais minéral est maintenu à 15.000 Fcfa, tandis que celui de l’engrais organique est fixé à 3.000 Fcfa.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 10 juin 2026 à 08:41

Conseil supérieur de l’agriculture : L’ambition d'une production record pour la Souveraineté alimentaire

Réuni, ce mardi 9 juin à Koulouba sous la présidence du Général d’armée Assimi Goïta, le Conseil supérieur de l’agriculture a dressé le bilan de la campagne 2025 et fixé les ambitions pour 2026. Il a annoncé le maintien des mesures de soutien aux producteurs. Ainsi, le prix du kilogramme de coton graine premier choix est fixé à 300 Fcfa. Le sac de 50 kg d’engrais minéral est maintenu à 15.000 Fcfa, tandis que celui de l’engrais organique est fixé à 3.000 Fcfa..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mardi 09 juin 2026 à 16:43

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner