Spécial 8 mars 2025, Commémoration du 8 mars à Koutiala : Le gouverneur promet une Fête à la dimension de l’événement

Cette année, les festivités sont délocalisées dans la 16è Région. Dans un entretien à cœur ouvert, le Général de division Abdoulaye Cissé explique comment la capitale de l’Or blanc veut donner un éclat particulier à cette fête dédiée aux femmes du monde

Publié vendredi 07 mars 2025 à 09:04
Spécial 8 mars 2025,  Commémoration du 8 mars à Koutiala : Le gouverneur promet une Fête à la dimension de l’événement

L’Essor : Monsieur le gouverneur, pour la première fois, la célébration officielle du 8 mars est délocalisée à Koutiala. Quelle a été votre réaction en apprenant cette décision ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : C’est avec un sentiment de joie et de fierté que j’ai accueilli la décision des autorités de la Transiton de délocaliser les festivités du 8 mars à Koutiala. Pour moi, cette décision est un signe de reconnaissance et de soutien envers les femmes de ma région

L’Essor : Selon vous, quel message fort le gouvernement souhaite-t-il transmettre en choisissant Koutiala pour accueillir cet événement national ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : En choisissant ma région pour le lancement officiel des festivités de la commémoration de la Journée internationale de la femme, le gouvernement a voulu rendre un vibrant hommage aux femmes de Koutiala pour leur bravoure et leur implication dans tous les domaines de développement de la région.

 

L’Essor : Koutiala est souvent présenté comme la capitale du coton, une région dynamique et résiliente. En quoi cette célébration peut-elle être une opportunité pour la région et ses habitants ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : La célébration officielle du 8 mars à Koutiala représente une véritable opportunité pour la région et ses habitants, à plusieurs niveaux. Je parlerai de la visibilité et la reconnaissance. Cet évènement mettra Koutiala sous le feu des projecteurs, non seulement au niveau national mais aussi au nveau international.

Cette initiative peut faire connaitre la culture et les spécificités de la ville, renforçant son identité et son rôle dans le pays. Elle contribuera aussi et surtout au renforcement de l’autonomisation des femmes, tout en créant un espace de dialogue et de sensibilisation sur les droits des femmes et l’égalité de genre. Elle peut motiver les femmes de Koutiala à s’engager davantage dans des actions de leadership, d’entrepreneuriat et d’activisme, tout en inspirant les jeunes générations.

Par ailleurs, l’évènement pourrait attirer des visiteurs, des partenaires et des ONG, ouvrir des opportunités économiques pour les commerçants locaux, artisans. Il pourrait également créer des emplois temporaires et renforcer le secteur du tourisme local. Il favorisera en plus la cohésion sociale et la solidarité. La célébration du 8 mars rassemblera différentes communautés et parties prenantes locales autour d’un objectif commun.

Cette rencontre pourrait renforcer les liens sociaux et inspirer un sentiment d’unité et de fierté parmi les habitants. En somme cette célébration est bien plus qu’un évènement commémoratif. Elle représente une occasion stratégique pour impulser des changements positifs à long terme pour Koutiala et ses habitants.

 

L’Essor : Quelles sont les actions mises en place par les autorités locales pour assurer une organisation réussie ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : Depuis l’annonce de la délocalisation  plusieurs actions ont été entreprises. Il s’agit, entre autres, de la proposition du site qui doit accueillir l’évènement. Nous avons fait la situation des infrastructures d’accueil et d’hébergement. S’y ajoute la mise en place d’une commission régionale d’organisation et des sous-commissions. Il y a également eu la visite du ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Cette visite a permis de discuter autour de l’évènement avec les autorités administratives, politiques, coutumières, les leaders communautaires, les organisations de jeunes, les organisations et groupements de femmes. Plusieurs stratégies sont mises en place pour mobiliser.

 

L’Essor : Cette célébration peut-elle être un tremplin pour renforcer les politiques régionales en faveur des femmes ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : Bien sûr, cette célébration peut être un tremplin pour renforcer les politiques régionales en faveur des femmes à travers la mobilisation et l’engagement des plus hautes autorités. Elle peut de ce fait inciter les partenaires techniques et financiers à venir investir à Koutiala.

 

L’Essor : Existe-t-il des projets ou programmes spécifiques à Koutiala pour améliorer les conditions de vie et d’autonomisation des femmes ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : Oui, il existe des projets et des  programmes, dont le «Projet Danbe». Cette initiative engage la communauté afin de renforcer l’honneur et la dignité des femmes maliennes. Il touche directement 3.300 personnes dans dix aires de santé du district sanitaire de Koutiala. Par ailleurs, il est important de signaler que toutes les associations évoluant avec le Projet Danbe possèdent aujourd’hui leurs récépissés et des numéros pour leur centre d’autopromotion féminin (CAPF). Des comptes alimentés à hauteur de 250.000 Fcfa chacun soit un montant total de quinze millions Fcfa  pour les activités génératrices de revenus (AGR). à cela s’ajoutent la réhabilitation et la dotation du centre d’autopromotion féminin en matériels et équipements à travers le service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille (SLPFEF) pour un coût s’élevant à 9,6 millions de Fcfa.

A travers le projet «Here», il y a eu la mise en place des points focaux VBG (Violences basées sur le genre) dans 22 aires de santé. Ce n’est pas tout, il faut noter aussi la mise en place des écoles et des émissions radiophoniques. Plusieurs autres projets interviennent dans le domaine de l’autonomisation de la femme, la transformation agro-alimentaire. Ce projet a permis l’éclosion de plusieurs activités génératrices de revenus au profit des femmes de Koutiala. Il a également suscité des initiatives en faveur de l’éducation des filles grâce au projet mouvement en zones de conflit «MZC».


Ainsi, 210 filles ont bénéficié d’une bourse et 05 filles mères ont été inscrites à l’école de santé en plus de la mise en place des AGR et des mutuelles de solidarité. 
Le One Stop Center est une structure de prise en charge holistique des cas de VBG qui a été mis en place dans le cadre de l’initiative Spotlight en partenariat avec le FNUAP et l’ASDAP. De sa création en 2021 à nos jours, le One Stop Center de Koutiala a enregistré 555 cas de VBG, dont 227 cas de violences psychologiques, 170 cas d’agressions physiques, 80 cas de viols, 39 cas de dénis de ressources, 20 cas d’agressions sexuelles et 15 cas de mariages d’enfants.

 

L’Essor : Koutiala est une région où les femmes jouent un rôle clé dans l’agriculture et l’économie locale. Quels sont les principaux défis qu’elles rencontrent aujourd’hui ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : A Koutiala, comme dans de nombreuses autres régions du Mali, les femmes rencontrent plusieurs défis qui impactent leur bien-être, leur développement et leur autonomisation. Ces défis sont à la fois sociaux, économiques, culturels et institutionnels. Ils sont, entre autres, l’accès limité à l’éducation et aux soins de santé, à l’information et à la technologie, les VBG, y compris les mariages d’enfants/forcés, l’inégalité économique, celui de genre dans les responsabilités familiales et domestiques, et le manque d’accès à la terre et aux ressources naturelles…

 

L’Essor : Quelles sont les mesures prises au niveau local pour favoriser leur inclusion économique, sociale et politique ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : Pour améliorer la situation des femmes, il est nécessaire de mettre en place des politiques inclusives et des programmes de soutien qui visent à renforcer l’autonomisation des femmes, améliorer l’accès à l’éducation, à la santé, aux ressources économiques, à la formation et protéger leurs droits contre toutes formes de violences. à cet effet, les autorités de Koutiala travaillent en étroite collaboration avec le secteur privé, les ONG et les partenaires techniques et financiers pour soutenir des initiatives concrètes visant à améliorer les conditions de vie des femmes et à promouvoir leur autonomisation. Ainsi dans ce contexte, la dynamisation du CAPF est en vue pour l’apprentissage de cinq corps de métiers (saponification, maraîchage, pose de henné/tatouage, coupe-couture, transformation agro-alimentaire).

 

L’Essor : Quel est votre message aux populations de Koutiala à l’approche de cette grande célébration ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : J’invite la population de Koutiala en tant que citoyen à participer activement à cette grande célébration. Impliquons-nous tous, ensemble, pour faire de cette journée un moment de réflexion, d’échanges et de partage.

 

L’Essor : Quel appel souhaitez-vous lancer aux femmes et aux jeunes filles de la région, qui sont au cœur du développement ?

Le Général de division Abdoulaye Cissé : Cette journée est un appel à l’action aux femmes et aux jeunes filles, mais aussi à l’espoir. Vous êtes l’avenir de notre région et de notre pays. Ne laissez rien vous limiter. Osez rêver, osez agir, osez réussir !

Mariam A. TRAORÉ

Mariam A. TRAORÉ

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