Crise sécuritaire : Les soldats de l’information appelés au front patriotique

Informer avec responsabilité, vérifier les faits avant publication et éviter la propagation de contenus susceptibles d’alimenter les tensions ou la psychose collective : tels sont les principes rappelés par Alhamdou Ag Ilyène, hier, à la Maison de la presse, lors de sa rencontre avec les professionnels des médias

Publié mardi 12 mai 2026 à 08:02
Crise sécuritaire : Les soldats de l’information appelés au front patriotique

Le ministre Alhamdou Ag Ilyène lors de la rencontre

 

Le lundi 11 mai à la Maison de la presse, le ministre de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène a livré un message ferme et rassembleur à l’endroit des professionnels des médias. Revenant sur les attaques du 25 avril dernier, il a insisté sur le fait que la crise que traverse le Mali ne se limite pas au terrain sécuritaire : elle se joue également sur le front de l’information.

Dans un contexte régional marqué par de fortes tensions géopolitiques, les journalistes sont appelés à faire preuve de responsabilité, de discernement et de patriotisme afin de préserver la paix, l’unité et la cohésion nationale. 
À la Maison de la presse, le ton était grave, mais empreint de détermination. Le point de presse animé par le ministre en charge de la Communication a été consacré à la situation sécuritaire du pays, notamment après les attaques coordonnées du 25 avril dernier ayant visé plusieurs localités du pays.

Dès l’entame de son intervention, Alhamdou Ag Ilyène a rappelé que ces événements tragiques s’inscrivent dans un contexte régional et international complexe où les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) subissent diverses formes de pressions liées à leur volonté affirme de défendre leur souveraineté et de conduire librement leur destin.

Selon le ministre, la menace actuelle dépasse largement le cadre militaire. «La crise est aussi communicationnelle», a-t-il martelé, soulignant que les réseaux sociaux, les campagnes de désinformation et la diffusion de fausses nouvelles constituent désormais des armes utilisées pour fragiliser les États, semer la peur au sein des populations et ébranler la cohésion nationale.

Dans ce contexte sensible, le ministre a lancé un appel pressant aux professionnels des médias. Il les a exhortés à faire preuve de vigilance dans le traitement et la diffusion de l’information, particulièrement en période de crise sécuritaire. Pour les autorités, le rôle de la presse demeure essentiel dans la préservation de la stabilité nationale.

Informer avec responsabilité, vérifier les faits avant publication et éviter la propagation de contenus susceptibles d’alimenter les tensions ou la psychose collective : tels sont les principes rappelés par le ministre aux journalistes. Car, a-t-il insisté, la liberté de la presse va de pair avec le devoir de responsabilité sociale.

Le ministre a également mis en avant le rôle stratégique des médias dans le renforcement de l’unité nationale. Dans une période marquée par les incertitudes et les tentatives de manipulation de l’opinion, la presse malienne est appelée à devenir un rempart contre la désinformation et un vecteur de paix, de résilience et de cohésion sociale.

Sans nier les difficultés auxquelles le pays est confronté, il a assuré que les autorités ont pris les dispositions nécessaires pour garantir la stabilité du Mali et assurer la protection des populations. Il a réaffirmé l’engagement des pouvoirs publics à poursuivre les efforts de sécurisation du territoire tout en consolidant les mécanismes de communication de crise.

Le message a trouvé un large écho auprès des responsables de médias présents. Le directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), Alassane Souleymane, a insisté sur l’importance stratégique du numérique dans cette bataille informationnelle, estimant que la maîtrise du digital, la rapidité de réaction et la crédibilité des contenus constituent désormais des armes essentielles pour défendre l’image du Mali.

Même son de cloche du côté du secrétaire général du Syndicat national de l’information, de l’informatique, de la presse et de l’industrie du livre (SNIPIL), Bassaro Haïdara, qui a plaidé pour un accès rapide des médias locaux à des informations fiables afin de contrer efficacement les rumeurs et imposer le narratif malien face aux offensives médiatiques étrangères.

Le président de l’Union des radio et télévisions libres (URTEL), Mamoudou Bocoum, a, pour sa part, interpellé les autorités sur la faiblesse des moyens accordés aux médias nationaux face aux puissantes machines de communication étrangères financées à coups de milliards.

Présent à cette rencontre, le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Gaoussou Coulibaly, a salué le sens de responsabilité des médias maliens dans les moments critiques. Il a rappelé que les journalistes doivent rester des remparts contre les discours de haine, les amalgames et les tentatives de division visant à fragiliser le tissu social du pays.

Au-delà des échanges, cette rencontre aura surtout mis en lumière une réalité devenue incontournable : dans les conflits modernes, la bataille de l’information est désormais aussi décisive que celle menée sur le terrain. Et dans cette guerre silencieuse, les médias maliens apparaissent plus que jamais comme les «soldats de l’information» appelés à défendre la souveraineté narrative du Mali.

Mariam A. TRAORÉ

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