Une vue des participants à la rencontre
C’était à la faveur du 2è congrès de la Société malienne de rhumatologie (SMRh) et du 4ème de la Société africaine de rhumatologie (SARh) qui se sont déroulés dans un hôtel de la place. Ces congrès qui ont regroupé plus d’une dizaine de pays africains avaient pour objectifs de promouvoir la prévention, le diagnostic précoce et la prise en charge efficace de ces maladies.
Mais aussi de faire le point sur l’épidémiologie des infections ostéoarticulaires en Afrique subsaharienne, afin d’identifier les tendances, les facteurs de risque liés à la maladie et les défis spécifiques à la SARh et actualiser les connaissances sur les avancées diagnostiques et de prise en charge des infections ostéoarticulaires et du Lupus systémique. Le président du congrés et de la société, Pr Idrissa Cissé, a déclaré qu’à l'ère de la biothérapie faiblement disponible et accessible, le champ d'exercice pour les patients demeure cantonner aux antirhumatismaux conventionnels.
Le thème principal de ce congrès traduit à suffisance la disparité des priorités dans le monde encore plus en Afrique .L'infectiologie domine notre pratique quotidienne accrue par l'endémie tuberculeuse. Les infections ostéoarticulaires et leurs corollaires d'antibiotherapie (spécifique ou non) cristallisent la hantise permanente. À cet effet une approche synthétique sera partagée durant les travaux augurant d'un prochain synopsis à ce propos pour améliorer la pratique clinique en marge de la rhumatologie.
Pour le Dr Boureima Kodio, rhumatologue, président du conseil d’administration de la Société malienne de rhumatologie, ce congrès mixte rassemblant tous les rhumatologues africains a pour objectifs de faire l’etat des lieux des infections ostéoarticulaires en Afrique subsaharienne et mettre un focus sur le lupus systémique. À travers ce congrès, les organisateurs visent à rassembler tous les praticiens, recueillir les pratiques et harmoniser ces pratiques pour optimiser les soins, afin d’éviter le retard de diagnostic dans la prise en charge.
En effet, les infections ostéo-articulaires (IOA) sont des atteintes bactériennes, mycobacteriennes, parasitaires et/ou virales de l’appareil locomoteur. Elles demeurent un problème de santé publique en Afrique du fait de la promiscuité et de la faible couverture sanitaire. L’incidence pédiatrique des IOA est estimée à environ 1 à 13 cas pour 100.000 enfants/an dans les pays développés, pouvant aller jusqu’à 200 dans les pays en développement. La fréquence en Afrique, essentiellement hospitalière varie entre 6,8 % et 26 % des consultations.
Elles touchent moins les adultes et les porteurs de prothèse en souffrent plus. Les complications sont très fréquentes du fait du retard du diagnostic et de la prise en charge dans le contexte africain. Elles peuvent être un handicap fonctionnel ou même engager le pronostic vital. Les IOA sont très souvent associées à un séjour hospitalier prolongé et un surcoût élevé de la prise en charge.
Quant au lupus systémique (LS), c’est une maladie auto-immune protéiforme à tropisme cutané et articulaire de cause inconnue. La pathologie est spontanément grave et caractérisée par la production d’anticorps antinucléaires dirigés en particulier contre l’ADN natif. Le polymorphisme de la maladie lupique et le groupement varié des différents organes intéressés rendent très difficile une définition exclusivement clinique et la prise en charge de la maladie. Elle touche neuf femmes pour un homme, l’âge de début se situant dans la deuxième et troisième décennie. Le diagnostic est très souvent tardif.
Le président de la commission d’organisation, Pr Hamar Alassane Traoré validant ce congrès a soutenu que les infections ostéoarticulaires demeurent un défi majeur de santé publique, en raison de leur fréquence, de leur gravité potentielle pour les âges extrêmes et les difficultés diagnostiques et thérapeutiques dans le contexte subsaharien. En plus, leur prise en charge requiert une approche multidisciplinaire, intégrant les avancées de microbiologie, l'imagerie et les progrès thérapeutiques selon nos différentes réalités. Un autre défi majeur est celui de l’antibiorésistance en évolution croissante dans le monde.
S’agissant du lupus systémique, il dira que c’est une affection auto-immune complexe et protéiforme. Il constitue une problématique majeure en rhumatologie et en médecine interne. Pour lui, le choix d’y consacrer un focus, à la veille de la Journée mondiale (10 mai) qui lui est consacrée, traduit leur engagement à renforcer la sensibilisation, améliorer le diagnostic précoce et optimiser la prise en charge dans le contexte africain.
Pour le recteur de l’Université des sciences techniques et des technologies de Bamako (USTTB) Pr Mahamadou Diakitlé, le choix de ce thématique est à la fois pertinent et stratégique. C’est pourquoi, il dira que ce congrès inclut parfaitement formation, recherche et service à la communauté.
Fatoumata NAPHO
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