L’objectif est de placer la migration au cœur du développement du Mali
La cérémonie de lancement a enregistré la présence du chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations au Mali (OIM), Dr Seybou Boubacar, du représentant de l’Union européenne (UE), Pascal Perennec ainsi que des acteurs concernés.
La Ponam repose sur une vision claire : placer la migration au cœur du développement du Mali tout en assurant la protection et la sécurité des migrants et en préservant leur dignité à toutes les étapes de leur parcours. Plus qu’un document stratégique, elle est l’expression d’une volonté souveraine de faire face aux réalités de notre époque avec responsabilité et solidarité.
Selon le ministre chargé des Maliens établis à l’Extérieur, après 10 ans de mise en œuvre de la Ponam, l’heure est venue de remettre l’ouvrage sur le métier. Pour Mossa Ag Attaher, il apparaît crucial d’enrichir notre réflexion et notre action autour de plusieurs enjeux majeurs, afin de mieux répondre aux dynamiques actuelles et futures des migrations. «La relecture que nous ferons ira au-delà d’une simple actualisation d’un texte», a-t-il signalé.
Avant d’insister qu’elle permettra de faire face aux nouveaux défis migratoires, en intégrant les effets croissants des crises sécuritaires, du changement climatique, des problématiques de santé des migrants, ainsi que les enjeux liés au genre. En outre, le ministre Mossa Ag Attaher dira que si des avancées notables ont été enregistrées, certaines insuffisances subsistent et méritent d’être corrigées. Cela, pour renforcer la protection des Maliens établis à l’extérieur, conformément aux orientations du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
Parlant de la création de la Confédération des États du Sahel (AES), le ministre chargé des Maliens établis à l’Extérieur dira que cette alliance est une opportunité pour faire face collectivement aux défis migratoires et proposer une alternative africaine aux approches souvent imposées de l’extérieur. Par ailleurs, Mossa Ag Attaher a déploré les traitements inhumains, dégradants et souvent tragiques que subissent de nombreux migrants. Ce faisant, il a alerté sur la dérive de certaines politiques migratoires prônant le tout sécuritaire, privilégiant la répression et la fermeture des frontières, au détriment de la solidarité, de la responsabilité partagée et de l’approche humaine.
Pour sa part, le chef de mission de l’OIM au Mali a rappelé que le gouvernement du Mali depuis 2014, a adopté la Ponam avec pour objectif de faire de la migration un véritable pilier de croissance économique et social pour lutter contre la pauvreté. Pour Dr Seybou Boubacar, cette relecture nous offre une opportunité de proposer des solutions adaptées aux questions émergentes comme le lien entre la mobilité humaine et le changement climatique.
Il a réitéré l’engagement de l’OIM à accompagner les autorités maliennes à faire face à la question des migrations et aussi à valoriser les atouts conformes à la migration. Dans la même dynamique, Pascal Perennec de l’UE ajoutera que face à la réalité complexe de la migration, l’UE est déterminée à apporter sa pierre à l’édifice. C’est pour affirmer que l’UE accompagne le Mali afin de relever les défis de la migration irrégulière qui passe par la nécessaire mise à jour de la Ponam.
Souleymane SIDIBE
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