Agro-alimentaire : Mme Sanogo Namaro Coulibaly, la persévérance comme clé du succès

Fille de cultivateur, Mme Sanogo Namaro Coulibaly est une passionnée de la transformation agro-alimentaire. L’originaire de la Commune de Lobougoula (Cercle de Sikasso) s’est faite une renommée dans la Cité verte du Kénédougou où elle a son centre dénommé «Natiocajou».

Publié jeudi 11 mai 2023 à 05:44
Agro-alimentaire : Mme Sanogo Namaro Coulibaly, la persévérance comme clé du succès

Cette appellation est un composé de son nom, ceux de ses deux parents et du mot cajou. Natiocajou est situé au quartier Sanoubougou II dans la Commune urbaine de Sikasso. Sa promotrice y travaille avec de nombreuses femmes de la ville organisées au sein de la coopérative «timporogo» dont l’ambition est de «booster l’entrepreneuriat féminin en milieu rural».


«Mon père était propriétaire de verger. À chaque fois que je voyais les fruits abîmés du verger, j’avais mal au cœur. Je me disais, pourquoi ne pas créer une unité de transformation afin d’éviter tout ce gâchis. Également, j’avais l’habitude de préparer avec ma grand-mère et ma mère du couscous séché et du riz étuvé à vendre», raconte la quinquagénaire que l’on appelle affectueusement «Namaroba» dans le quartier à cause de son physique imposant.

Mme Sanogo Namaro Coulibaly est matrone de formation. Dans les villages où elle a servi, la matrone vendait des galettes et de la sauce faite de tête de bœufs en marge de son boulot. C’est à la faveur de la retraite anticipée de son mari en 1992 qu’elle a pensé faire de son rêve une réalité. «D’abord, j’ai commencé à collaborer avec les Burkinabè sur la transformation agro-alimentaire. Ensuite, j’ai bénéficié d’une formation de l’Orfed (Organisation pour la réflexion, la formation et l’éducation à la démocratie et au développement) sur le bogolan et la savonnerie. À la fin de cette formation, je leur ai demandé de me former dans le domaine de la transformation des fruits en jus», se rappelle-t-elle, gaiement.

Les premiers pas de Namaroba ont été difficiles. Elle évoque la «rivalité des autres transformateurs». «Durant cinq ans, je ne savais pas où trouver une machine (thermos soudeuse) dont on se sert pour coller les sachets. À chaque fois que je demandais aux transformateurs agro-alimentaires, on me faisait savoir que ces machines ne sont pas d’ici et qu’elles sont vendues à l’extérieur du pays. Je collais mes sachets à l’aide du feu et du fer jusqu’à ce qu’une bonne volonté me fasse découvrir la vérité», confie Namaroba.


Aujourd’hui, le centre «Natiocajou» exécute une multitude de tâches. Il transforme la noix de cajou en amande blanche, croquette, caramel, pâte, chocolat, lait, savon… En plus, la pomme de l’anacarde est transformée en confiture, bonbon, tomate, pomme séchée. également, l’unité de la quinquagénaire fabrique le beurre de karité et du savon. Ajoutez-y la transformation du maïs en couscous et gâteau, du haricot en «dèguè» et coucous, du riz en chips «chipchi», du gingembre et du tamarin en croquette, jus et sirop. Son «djouka», fait à base de fonio, est aussi connu dans la Capitale du Kénédougou et ailleurs. Les clients de «Natiocajou» sont les hôtels du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de l’Algérie, de la France, de Moscou...

«Mon centre travaille 11 mois sur 12. Le travail du mois de Ramadan n’est pas obligatoire. Celles qui sont capables viennent travailler», explique la promotrice, ajoutant que les employés sont payés en fonction des tâches qu’elles accomplissent. Cette activité a permis à Namaro Coulibaly d’acheter des parcelles et construire des maisons dont celle dans laquelle elle vit. Elle a pu acquérir 16 hectares à Lobougoula, sa terre natale, pour la production de l’anacarde. Mais, la dame de fer est surtout fière d’être autonome et d’avoir contribué à l’autonomisation de nombreuses femmes.

Cependant, tout n’est pas rose chez notre transformatrice. Les activités de son Centre ne prospèrent pas à souhait à cause du manque d’électricité, d’eau potable et de moyens de transport. En plus de la transformation agroalimentaire, Namaroba fait du pagne traditionnel «dalifani», du «Bogolan». Elle file et tisse du coton. Elle a ainsi participé à de nombreuses foires et expositions nationales et internationales.

Actuellement, Mme Sanogo Namaro Coulibaly est la présidente régionale du Réseau des femmes productrices et transformatrices, la présidente régionale de l’Association professionnelle des femmes rurales et la vice-présidente de la Fédération nationale des femmes rurales du Mali. Elle est également la présidente régionale du Comité citoyen pour le contrôle de l’action publique de la Région de Sikasso ainsi que la trésorière de la coopérative «timporogo». Médaillée du Mérite national, Namarobo est mariée et mère de deux filles.

Amap-Sikasso

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

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