Société : Les veuves méritent toute notre attention

À l’occasion de la Journée internationale dédiée à cette couche vulnérable, nous avons approché certaines de ces braves femmes qui nous racontent leur quotidien

Publié jeudi 23 juin 2022 à 05:46
Société : Les veuves méritent toute notre attention

«Depuis la mort de mon mari, il y a plus de 20 ans, je m’occupe seule de mes 5 enfants, dont deux handicapés. Étant la cheffe de famille, je devais prendre en charge les frais de loyer, de nourriture et de santé de mes enfants. Pour subvenir à ces dépenses, j’ai travaillé durement pour prendre en charge ma famille», se rappelle Aïssata Diaby, veuve et vice-présidente de l’association Benkadi des veuves de Sébénicoro.

«Ces années d’activités m’ont rendu malade. Cela a joué sur l’éducation de mes enfants», regrette-t-elle. Ces difficultés d’Aïssata Diaby sont le vécu d’un grand nombre de veuves. Sitan Diallo, présidente de l’association Benkadi qui compte beaucoup de veuves, témoigne dans ce sens.

Elle soutient que beaucoup de veuves vivent les mêmes difficultés que notre interlocutrice Aïssata. Sitan Diallo explique que son association fabriquait du savon pour subvenir aux besoins de ses adhérentes grâce à un appui matériel de l’ONG Islamic Relief.

Il y a trois ans, poursuit-elle, cette activité a pris fin à cause des coûts élevés des matières de production. Elle a salué également l’ONG pour le parrainage de certains de leurs enfants âgés de 0 à 10 ans.

Ceux-ci bénéficient de la somme de 50.000 Fcfa par trimestre pour contribuer à leur éducation et la prise en charge de leurs besoins. Actuellement, l’association Benkadi connaît beaucoup de difficultés parce que les appuis multiformes ont cessé ou diminué dans certains cas en sa faveur.

La perte d’un conjoint est un véritable désastre pour chaque femme et foyer conjugal. Les conséquences, avance une veuve, sont notamment la perte des droits d’héritage, l’expulsion et le manque de soutien. Ces dernières délaissées et abandonnées à leur propre sort  doivent se battre au quotidien pour survivre, accentuant du coup leur vulnérabilité.

Consciente des difficultés que connaissent les veuves, l’Organisation des Nations unies a décidé de dédier le 23 juin de chaque année à la sensibilisation sur la marginalisation de cette couche vulnérable. Mouneïssa Tangara, vendeuse ambulante d’eau et d’arachide  au rond-point de Kalaban Coro est en quête de clients.

Elle salue cette initiative de la communauté internationale. Mouneïssa Tangara explique qu’après le décès de son époux, il y a 5 ans, ses six enfants et elle ont été mis à la porte. «Ma belle famille a demandé que je me marie avec mon beau frère.

J’ai refusé et mes beaux-parents m’ont demandé de quitter mon foyer avec mes enfants. Je ne pouvais pas épouser un homme qui ne s’entendait pas avec mon mari», se défend Mouneïssa qui habite seule avec ses enfants à Sabalibougou dans une piaule qui lui coûte 15.000 Fcfa par mois.

Le gouvernement est aussi préoccupé par le cas des veuves et notamment celles des militaires morts sur les théâtres d’opération. à leur intention, les autorités ont adopté l’ordonnance n°2022-013/PT-RM du 01 avril 2022, portant modification de l’ordonnance n°2016-020/P-RM du 18 août 2016 modifiée portant statut général des militaires.

Ainsi l’ordonnance n°2022-013/PT-RM du 01 avril 2022 en son article 25 stipule que la famille de tout militaire décédé sur le théâtre d’opération a droit à une indemnité forfaitaire égale à 10 ans de salaires calculé sur la base de l’indice maximal du grade immédiatement supérieur. Ouleymatou et ses enfants sont assis dans la cour de leur maison à Yirimadio Zerni, en train de jouer à la belotte.

Cette veuve militaire âgée de 37 ans a perdu son mari sur le front depuis 3 ans. Elle a reçu les droits de son époux. Sur ce droit, Ouleymatou a acheté la maison dans laquelle elle habite avec ses enfants. «Je sais que l’argent ne va pas me ramener mon mari, mais il va aider mes enfants et moi à l’avenir», s’est-elle résignée.

Rokia Diarassouba, une jeune veuve habitant Niamakoro, attend de recevoir les droits de son époux mort lui aussi au front, il y a quelques mois. Son défunt mari lui a laissé un enfant âgé d’un an et demi.

Le retard dans l’obtention des droits des militaires décédés au front peut aussi être dû au temps de traitement des dossiers qui ne relèvent pas des compétences du service social des Armées.

Concernant les dons destinés aux veuves des militaires, la direction du service social des Armées explique qu’ils sont distribués en fonction de critères qui privilégient les veuves qui sont dans le grand besoin.

Mme Dembélé Oulématou Sow, présidente de la Coordination des associations et ONG féminines (Cafo) assure que son organisation apporte des appuis multiformes aux veuves.

Ces actions sont, entre autres, le renforcement de leurs capacités pour renforcer leur résilience (leadership, formation aux métiers, droits des femmes, entrepreunariat, management et gestion d’AGR...).

Des aides humanitaires en vivres et non vivres, notamment pendant les fêtes religieuses sont apportées aux veuves. Mme Dembélé Oulématou Sow plaide pour l’élaboration d’une stratégie spécifique de prise en charge des veuves.

Baya TRAORE

Rédaction Lessor

Lire aussi : Voyages des enfants pendant les vacances scolaires : Une habitude en perte de vitesse

Globalement les enfants passaient cette période de repos chez des parents proches (oncles, tantes, grands-parents et autres) ou dans d’autres régions du pays. Aujourd’hui, on en est réduit à voir seuls ceux qui sont issus de familles nanties prendre l’avion ou le bus pour d’autres destin.

Lire aussi : Assainissement : Ouélessébougou lance une opération mensuelle de curage en prélude à la Biennale 2027

Les autorités administratives de Ouélessébougou, en collaboration avec le Service de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances, ont lancé, dimanche, une vaste opération de curage et d’assainissement de la ville, dans le cadre de la prévention des inondations liées .

Lire aussi : 5e Nuit de l'UJRM : Siguéta Salimata Dembélé hisse l’Essor au sommet de la presse écrite

La journaliste Siguéta Salimata Dembélé du quotidien national l'Essor a été sacrée le vendredi 24 juillet 2026 meilleure journaliste reporter catégorie presse écrite lors de la 5e édition de la Nuit de l'UJRM, avec une moyenne de 16,40 sur 20, soit la plus haute note toutes catégories conf.

Lire aussi : Mali: Le come-back de la Biennale sportive

La Biennale sportive est ressuscitée. Ses nostalgiques revivront désormais les activités de cette compétition nationale. Sa dernière édition s'était tenue en 1983 à Sikasso. Cette décision de relance initiée par le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l'Instruction civique et .

Lire aussi : Campagne nationale de reboisement : La 32ᵉ édition lancée sous le signe de la jeunesse

Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a procédé, ce samedi 25 juillet 2026, au lancement officiel de la 32ᵉ édition de la Campagne nationale de reboisement. Placée sous le thème : « La jeunesse au cœur de la citoyenneté environnementale pour un Mali plus vert et p.

Lire aussi : Salon international de la Défense et de la Sécurité : La deuxième édition prévue du 9 au 13 novembre prochain

Le paysage de la Défense et de la Sécurité en Afrique s'apprête à vivre un moment charnière avec la deuxième édition du Salon international de la Défense et de la Sécurité de Bamako (BAMEX 2026)..

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du vendredi 7 août 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 7 août 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 22:43

Niger : Le Ministre du Commerce et de l’Industrie visite quelques unités industrielles et le marché central de la Ville de Tahoua

Poursuivant sa visite de travail dans la région de Tahoua, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, accompagné du Secrétaire Général du Gouvernorat de Tahoua..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 15:09

Burkina Faso / Gendarmerie nationale : Le colonel Koudbi Florian Théophile Tago prend le commandement de la 3è Légion

Le colonel Koudbi Florian Théophile Tago a officiellement pris le commandement de la 3ᵉ Légion de la Gendarmerie nationale. Il a reçu les insignes de commandement des mains du chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, ce jeudi 6 août 2026, au camp de Paspanga, à Ouagadougou..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 15:03

Pisciculture en cage flottante à Bagré : plongée dans les eaux poissonneuses de la souveraineté alimentaire

Pour couvrir ses besoins en consommation de produits halieutiques, le Burkina dépend énormément de l’extérieur à hauteur de 80%. Les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) montrent que le pays a importé 165.141 tonnes de produits halieutiques par an entre 2020 et 2024..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 15:01

Kangaba : formation des enseignants du premier cycle et des écoles communautaires à l’approche Enabling Teachers

Le premier adjoint au préfet du cercle, Drissa Konaré a présidé ce mercredi, dans les locaux de Kangaba 2è cycle “C”, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation des enseignants de la Commune rurale de Benkadi à l’approche Enabling Theachers..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:54

Intégration des ex-miliciens dans l’armée malienne : Un pari stratégique entre symbolique et réalité opérationnelle

L’annonce, par le ministère de la Réconciliation nationale, de l’intégration de 254 éléments issus des milices et mouvements peuls, dogons et chasseurs traditionnels au sein des Forces Armées Maliennes (FAMa) marque un tournant décisif dans la gestion des conflits intercommunautaires..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:48

Voyages des enfants pendant les vacances scolaires : Une habitude en perte de vitesse

Globalement les enfants passaient cette période de repos chez des parents proches (oncles, tantes, grands-parents et autres) ou dans d’autres régions du pays. Aujourd’hui, on en est réduit à voir seuls ceux qui sont issus de familles nanties prendre l’avion ou le bus pour d’autres destinations en Afrique ou ailleurs.

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 07 août 2026 à 14:46

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner