#Mali : Projets d’insertion et de réinsertion des migrants : 100 millions de Fcfa investis par l’État

Ce fonds accompagnera 40 projets portés par des organisations de la société civile. L’objectif étant de permettre aux bénéficiaires d’entreprendre des activités génératrices de revenus

Publié vendredi 08 novembre 2024 à 06:45
#Mali : Projets d’insertion et de réinsertion des migrants : 100 millions de Fcfa investis par l’État

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a présidé, hier dans un hôtel de la capitale, le lancement des projets d’insertion et de réinsertion en faveur des migrants de retour et des candidats potentiels à la migration irrégulière au titre de l’année 2024. L’évènement s’est déroulé en présence du président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, Habib Sylla et des bénéficiaires. 

Dans la mise en œuvre de la Politique nationale de migration (Ponam), la réinsertion des migrants de retour constitue un axe stratégique du département. L’objectif des projets est de favoriser une meilleure réinsertion et intégration socio-économique des migrants maliens de retour et de prévenir les départs irréguliers des jeunes en migration par la mise en place d’opportunités.

Il s’agit, entre autres, de mettre en place un dispositif d’information et d’accompagnement à la réinsertion des migrants, de faciliter leur réintégration socioprofessionnelle, de favoriser un meilleur accès aux mécanismes de financement, de leur apporter un appui-conseil dans la mise en œuvre des projets d’entrepreneuriat et/ou d’investissements

Le ministre chargé des Maliens établis à l’Extérieur a affirmé que ces projets constituent une preuve palpable que nous cherchons des solutions pérennes. Parlant de ses concitoyens qui sont obligés d’emprunter le chemin du retour soit volontairement ou involontairement, Mossa Ag Attaher a déploré qu’ils sont hélas souvent jetés en pâture à la précarité et à des aléas qui compromettent dangereusement leur réinsertion et leur avenir. «Ils connaissent la solution aux problèmes qui les poussent à partir, à savoir le chômage, le faible taux de scolarisation, la pauvreté constante, la pesanteur socio-économique», a-t-il relevé.

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et à l’Intégration africaine a indiqué que le fonds d’insertion et de réinsertion est d’un montant de 100 millions Fcfa qui accompagnera 40 projets portés par des organisations de la société civile. Ce fonds pris en charge par l’État à 100%, a précisé le ministre, permet d’offrir une nouvelle chance aux migrants de retour à travers le financement d’activités génératrices de revenus. Occasion pour lui de lancer un appel pressant à tous les jeunes afin qu’ils renoncent à la migration irrégulière et qu’ils s’inscrivent dans ces initiatives phares engagées par la Transition. «Il est de notre devoir de créer les conditions pour leur offrir des emplois sur place ou des opportunités pour leur épanouissement», a assuré Mossa Ag Attaher.

Pour sa part, le chef de l’OIM dira que la réintégration des migrants est une question humanitaire, un vecteur de stabilité et de développement économique pour le Mali. Pour Boubacar Seybou, le retour réussi et durable des migrants contribue à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir la résilience communautaire. Avant de préciser que ces projets mettent l’accent sur l’accompagnement psychosocial, la formation professionnelle et le soutien à l’entrepreneuriat.

Le représentant de l’OIM au Mali a soutenu que ceux-ci visent à fournir aux migrants de retour, des outils pour réussir leur réintégration. Il a également révélé que depuis 2017, l’organisation a facilité le retour volontaire de plus de 44.697 ressortissants maliens en toute sécurité et dans la dignité. Dans la même démarche, a fait remarquer Boubacar Seybou, l’OIM a signé un accord de coopération avec le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) pour favoriser des meilleures opportunités d’emploi pour les migrants de retour.

La porte-parole des bénéficiaires a reconnu que cet appui leur permet de commencer une nouvelle étape après le retour au pays. Mme Fanta Diarra a témoigné que la migration n’a pas été fameuse pour bon nombre d’entre eux. Pour elle, cet accompagnement permettra de générer plusieurs emplois directs et indirects.   

Namory KOUYATE

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