Dr Nango Dembélé, président directeur général de la CMDT
L’année précédente a été particulièrement difficile pour le
secteur coton, pas seulement au Mali, mais aussi en Afrique de l’Ouest. Pour
cause : l’invasion d’une nouvelle espèce le «jasside» dont les traitements
phytosanitaires n’étaient pas disponibles ni au Mali ni dans les autres pays de
la sous-région. En plus, les pluies ont provoqué des inondations dans plusieurs
zones cotonnières, engendrant des pertes importantes de superficies
cultivables.
Ces informations ont été données, hier dans un hôtel de la
place, par le président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement
des textiles (CMDT), Dr Nango Dembélé, au cours de la 97è session du conseil
d’administration de la holding CMDT. Une session consacrée essentiellement à
l’examen et l’approbation du budget de l’exercice 2023.
À l’issue des débats, les administrateurs ont arrêté le
budget en produits à plus de 534 milliards de Fcfa contre 376 milliards en
2022, soit une hausse de 42%. En charges, plus de 549 milliards de Fcfa contre
372 milliards en 2022, soit une hausse de 47%. Et plus de 25 milliards de Fcfa
en investissements contre 14 milliards en 2022.
Dans une interview accordée à la presse, Dr Nango Dembélé a
expliqué que ce budget a été élaboré dans un contexte très difficile, marqué
notamment par l’invasion d’une nouvelle espèce «jasside». «Tous les traitements
traditionnels que nous connaissons n’ont pas eu d’effet sur cet insecte au
Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina, au Togo et au Bénin », a-t-il
fait remarquer. Conséquence : la baisse de la production dans tous ces
pays, où les producteurs ont dû abandonner les superficies très infectées.
En plus des ravages de cet insecte, les producteurs maliens
ont été confrontés aux inondations. Selon le président directeur général de la
CMDT, «on a perdu plus de 35.000 hectares. Qui dit forte pluie dit également l’enveniment
des parcelles et l’incapacité des producteurs de pouvoir faire face à cette
situation».
En somme, les inondations et les «jassides» ont fait perdre
au Mali plus de 150.000 hectares. «C’est ce qui explique pourquoi nous avons
fait un budget qui prévoit en dépenses 549 milliards contre 534 milliards en
recettes. Ce qui laisse un déficit prévisionnel de 15 milliards», a-t-il énoncé.
Avant de rassurer qu’il y a des possibilités de combler ce déficit.
Concernant les investissements, Dr Nango Dembélé a annoncé
la construction de l’usine de Kokofata et de celle de Koutiala, dont la pose de
la première pierre est prévue entre février et mars 2023. «Nous avons besoin de
7 usines. Parce que nous sommes obligés de transporter la production de Kita
pour l’égrenage à Ouélessébougou et ensuite amener la fibre sur le port de
Dakar», a-t-il expliqué.
S’agissant des engrais, le patron de la holding CMDT a affirmé que sa Compagnie a, dans ses magasins, à peu près 29% de la quantité d’urée nécessaire pour la prochaine campagne et les autres (complexes coton et céréale) sont à peu près à 15 et 14%. Il a rappelé que les fournisseurs ont jusqu’au 17 février pour livrer 25% des commandes.
Souleymane SIDIBE
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