Domestiques et aide-ménagères : ADDAD alerte sur les conditions précaires de leur emploi

L’Association pour la défense des droits des aide-ménagères (ADDAD) est une organisation à but non lucratif, apolitique et non confessionnelle, initiée en 2009 et officiellement créée en 2013 par les aide-ménagères du Mali.

Publié jeudi 16 juin 2022 à 05:50
Domestiques et aide-ménagères : ADDAD alerte sur les conditions précaires de leur emploi

L’ONG initie des campagnes de sensibilisation à l’attention de cette couche vulnérable

 

 Cette association a pour objectifs «de défendre, promouvoir et protéger les droits des aide-ménagères et valoriser le métier d’aide-ménagère en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail tout au long de leur parcours migratoire».


Elle est aujourd’hui présente dans neuf pays de la sous-région ouest africaine (Mali, Burkina Faso, Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Sénégal, Gambie et Ghana).

L’ADDAD-Mali compte aujourd’hui à peu près 1.500 aide-ménagères et est présente dans deux capitales régionales à savoir Ségou et Koulikoro. Au niveau sous régional, elle compte aujourd’hui au moins 5.000 filles travailleuses domestiques.

Elle a initié un projet de protection des filles travailleuses domestiques contre les violences et exploitations à Bamako qui a pour objectif de «contribuer à l’exercice des droits des filles et adolescentes travailleuses domestiques».

Ce projet est soutenu financièrement par l’Agence basque (Espagne) et bénéficie de l’accompagnement technique de l’ONG de coopération mondiale pour le développement et l’action humanitaire en faveur des enfants et pour la défense de leurs droits «Educo».


Dans la mise en œuvre des activités du projet, des journées thématiques ont été initiées à l’occasion de la célébration de la fête internationale du travail le 1er mai dernier.

Le projet a mis cette journée à profit pour initier des campagnes de sensibilisations à l’endroit de l’opinion publique sur les dangers liés au travail domestique en général et au travail des enfants dans les grandes villes, en particulier. Ces mains utiles sont pudiquement appelées «aide-ménagères» par ceux qui reconnaissent leurs valeurs. Par contre, la tranche de la population qui les méprise, les interpelle comme des «bonnes», «boniches» ou encore «52».


Le parcours de ces mains utiles est parsemé d’embûches. Elles travaillent dans la plupart des cas dans des conditions précaires et sont le plus souvent victimes de diverses formes de violences, abus, exploitations et négligences (VAEN). 


Elles n’ont pas accès à une bonne alimentation, au bon logement, accumulent dans certains cas des arriérés de paiement de leur travail ou sont mal payées et sont victimes de discrimination ce qui renforce leur vulnérabilité, et accentue leur mise à l’écart. Leurs opinions ne sont pas prises en compte dans les décisions leur concernant et en dépit de leur apport incontournable dans l’entretien des foyers.

Malgré ces dénis, le code du travail malien reconnaît les domestiques comme des travailleurs à part entière et cela en vertu de la convention 138 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui fixe l’âge minimum au travail qui ne doit pas être inférieur à 18 ans et de la convention 182 qui condamne les pires formes de travail. Ces conventions qui ont été ratifiées par notre pays ne sont malheureusement pas appliquées correctement.


C’est l’objet de tout le plaidoyer que mène l’ADDAD et qui interpelle les autorités et l’opinion publique pour la protection et le respect des droits des filles travailleuses domestiques. 


L’Association interpelle également les parents qui envoient leurs enfants mineurs en ville afin qu’ils viennent trouver de quoi subvenir à leurs trousseaux et leur apporter un appui financier. Elle milite également pour le maintien des enfants filles et garçons à l’école et surtout pour une plus grande sensibilisation de ces derniers sur les dangers de l’aventure urbaine.

Amsatou Oumou TRAORE

Lire aussi : Enfants démunis : Le défi de la scolarisation

Faute de moyens financiers des parents, la précarité menace leur avenir et fragilise la société.

Lire aussi : Santé : Plus de 83,4 milliards de Fcfa pour soutenir la gratuité des soins

Le Conseil des ministres a adopté, mercredi 8 avril 2026, un projet de loi autorisant la ratification d'un accord de financement d'un montant de 83,4 milliards de Fcfa destiné à renforcer l'accès aux services sociaux essentiels, notamment la santé et l’éducation..

Lire aussi : EPHP Smart School : La première promotion sur le marché de l'emploi

L’École des hautes études pratiques (EPHP Smart School) a célébré, samedi dernier dans un hôtel de la place, la sortie de sa première promotion.

Lire aussi : Mme Gakou Fatou Niang : Une figure importante au service de l'éducation et de l'information

L'ancienne ministre de l'Information et des Télécommunications, Mme Gakou Fatou Niang, est décédée ce mardi 7 avril à Bamako. Elle a impressionné par son parcours académique et professionnel. Le 22 septembre 1983, un événement majeur de la vie de notre pays s'est tenue pendant qu'elle diri.

Lire aussi : People : Mariam Ba annonce sa séparation avec Abou Sy

La chanteuse Mariam Ba Lagaré, connue sous le sobriquet «Dougouwili Mamou», a annoncé ce week-end sa séparation avec son époux, le guitariste Abou Sy, après plusieurs années de mariage..

Lire aussi : Nécrologie: Yacouba Doumbia, ancien directeur de la télévision nationale, n'est plus

L’ancien directeur de la télévision nationale, Yacouba Doumbia est décédé, ce vendredi 3 avril à l’âge de 70 ans. L’Office de radio et télévision du Mali (ORTM) a annoncé la triste nouvelle sur Facebook..

Les articles de l'auteur

Journée internationale des droits de la femme : L'engagement sans faille de l'ULDDM

L’Union locale pour le développement durable du Mali (ULDDM) n’est pas restée en marge de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:21

Fondation orange Mali : Des kits alimentaires offerts aux malades de l’hôpital du Point G

Le mois de ramadan est un mois de solidarité et de partage par excellence. Pendant ce mois sacré, la solidarité prend tout son sens. C’est un moment où les communautés se resserrent, les cœurs s’ouvrent, et les mains se tendent vers ceux qui sont dans le besoin..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié lundi 09 mars 2026 à 08:40

Refondation de l’État : Les femmes ne restent pas en marge du processus

La refondation implique de repenser la gouvernance, renforcer la démocratie, lutter contre la corruption et adapter les institutions aux réalités socioculturelles. Les femmes qui restent des actrices de développement s’y engagent à fond pour redonner au pays son lustre d’antan.

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:25

«Sunkalo solidarité»: Des kits alimentaires pour les étudiants des campus universitaires de Bamako

Le Centre national des œuvres universitaires (Cenou), en partenariat avec l’ONG Association femmes leadership et développement durable (AFLED), a organisé, hier à la Cité universitaire de Kabala, une remise de produits alimentaires au profit des étudiants des campus universitaires de Bamako..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié vendredi 27 février 2026 à 08:38

Hôpital de dermatologie de Bamako : Un bilan satisfaisant

L’Hôpital de dermatologie de Bamako (HDB) a tenu, hier dans ses locaux, la 7è session ordinaire de son conseil d’administration. La réunion était présidée par le président du conseil d’administration, Modibo Traoré, en présence du directeur général de l’établissement hospitalier, Drissa Diarra, et de la quasi totalité des administrateurs..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié vendredi 13 février 2026 à 08:37

Scolarisation des filles : Des progrès et des défis

Selon la Cellule de planification et de statitiques (CPS) du secteur de l’Éducation, le taux brut de scolarisation (TBS) au fondamental I pour l’ensemble du pays est passé de 80% à 81,7%, soit une amélioration de 1.7 point, entre 2019 et 2023. La Politique d’accroissement du taux de scolarisation des filles a enregistré d’autres résultats tangibles, à savoir la réduction des inégalités entre les sexes dans l’accès à l’éducation.

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié mardi 06 janvier 2026 à 10:00

Promotion des droits des femmes et paix au Mali : Une rencontre d’échanges pour évaluer les acquis

À l’instar d’autres pays, le Mali a célébré le 25è anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur femmes, paix et sécurité et le 30è anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing..

Par Amsatou Oumou TRAORE


Publié mercredi 10 décembre 2025 à 07:59

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner