La situation sécuritaire au Sahel, et en
particulier dans la région du Liptako-Gourma, continue à représenter un défi de
taille. Malgré des efforts consentis en matière de sécurité, dans la
consolidation de la paix, le relèvement et le développement au cours de ces
dernières années, le conflit continue à causer des «pertes humaines» et matérielles
considérables. En réponse à cette situation, le Mali, le Niger et le Burkina
Faso et les partenaires internationaux ont appelé à un «sursaut civil» en
soulignant la nécessité d’une nouvelle approche de stabilisation.
C’est ainsi que le Programme des Nations unies
pour le développement (Pnud) a lancé le projet Facilité régionale de
stabilisation du Liptako-Gourma. Et ce, afin de soutenir les efforts des
autorités des trois pays dans la stabilisation et le relèvement socioéconomique
dans la zone.
Cette initiative a permis de mobiliser 24
milliards de F cfa pour toute la région dont 4,5 milliards de Fcfa pour notre
pays. Le troisième comité national de pilotage de ce projet au Mali s’est réuni,
vendredi dernier à l’école de maintien de la paix, sous la présidence du
ministre d’état, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation,
le colonel Abdoulaye Maïga. C’était en présence du représentant résident du
Pnud au Mali, Maleye Diop.
Pour rappel, le projet de stabilisation de la
région du Liptako-Gourma couvre dans notre pays les Régions de Bandiagara,
Douentza, Gao, Ménaka et Tombouctou. La rencontre du vendredi offrait
l’occasion aux participants d’apprécier ensemble le déroulement des activités
du projet dans la Région de Bandiagara, de dégager et approuver les actions
pertinentes du plan de travail annuel de 2023. Elle se tenait à un moment où
nos autorités ont lancé le document de stratégie nationale de stabilisation des
régions du Centre.
Le représentant du Pnud a rappelé que la région du Liptako-Gourma est affectée par une crise multiforme, caractérisée par des conflits et le déplacement des populations qui limitent leur accès aux services sociaux de base et aux systèmes de production. Pour Maleye Diop, ce contexte a le potentiel de réduire les efforts de développement dans la zone et par conséquent la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
« Le Pnud,
avec ses partenaires, a donc développé l’offre programmatique de la
stabilisation comme une action concertée et intégrée qui lie les réponses sécuritaires
et de développement pour renforcer la bonne gouvernance, la provision de
services sociaux de base et les moyens de subsistance, tout en renforçant la
cohésion sociale», a indiqué son représentant.
La zone d’intervention du projet continue de
cristalliser l’insécurité. Toutefois, tempérera le ministre en charge de
l’Administration territoriale, la situation s’améliore graduellement grâce à la
montée en puissance des Forces armées maliennes. Toute chose qui démontre que
les autorités de la Transition placent la stabilisation des régions du Centre
au rang des priorités majeures au profit des populations.
Selon le colonel Abdoulaye Maïga, la programmation de l’année 2023 s’inscrit dans le contexte de la refondation de l’État. Cette programmation, a-t-il dit, met en évidence les actions visant, notamment la création de conditions propices à l’instauration de paix et de sécurité ainsi qu’au retour et au renforcement de la présence de l’état dans les circonscriptions administratives. S’y ajoutent la fonctionnalité effective des infrastructures et des services sociaux de base, le renforcement de la paix et la cohésion sociale dans les régions cibles.
Bembablin DOUMBIA
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