Les récipiendaires avec la ministre chargée de la Promotion de la Femme, Mme Coulibaly, Mariam Maïga (c)
Elles ont reçu leurs trophées jeudi dernier dans le cadre de la célébration de la Journée panafricaine de la femme. C’était à l’initiative du ministère de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille en collaboration avec le Réseau des femmes leaders africaines (AWLN, sigle anglais).
La
conférence organisée à cet effet avait pour thème : «La traite des personnes,
quels impacts sur l’éducation des femmes et des filles en Afrique ?
C’était en présence notamment d’anciennes ministres, des femmes leaders des
associations et organisations féminines.
Après
avoir remis leurs trophées respectifs, la ministre en charge de la Promotion de
la Femme Mme Coulibaly, Mariam Maïga a estimé que le prix de AWLN constitue une
reconnaissance des efforts, mais aussi un stimulant pour libérer les talents,
les expertises, les potentiels des femmes et des jeunes filles dans leurs
domaines de compétence.
La
conférence était animée par l’une des lauréates, Mme Samaké Oumou Niaré. Elle a
d’entrée de jeux rappelé qu’au 21ème siècle, la traite des personnes continue
d’exister, mais sous une forme nouvelle qui prive des milliers de personnes de
leurs droits fondamentaux. Les trafiquants des «temps modernes» qui s’y livrent
traitent femmes, hommes et enfants comme des marchandises, les maltraitent, les
exploitent sexuellement ou économiquement et leur font passer des frontières de
la même manière que des drogues illicites ou des armes volées, a déploré Oumou
Niaré.
Selon
elle, la traite des personnes est définie comme le recrutement, le transport,
le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par le recours à la
force ou à d’autres formes de contrainte. Ajoutant que les victimes sont les
femmes, filles et les hommes. En Afrique, a-t-elle précisé, les femmes et les
filles payent le plus lourd tribut. En témoignent les chiffres sur l’éducation
des filles. Par exemple, en 2021, les filles restent les premières victimes
d’inégalités. 132 millions de filles, âgées de 6 à 17 ans sont encore privées
d’école, 63% des adultes analphabètes dans le monde sont des femmes, une fille
sur 4 ne va pas à l’école dans les pays en développement.
Mais aussi 63
millions de filles sont astreintes au travail forcé, 12 millions de filles sont
mariées de force chaque année avant l’âge de 18 ans, soit près de 33.000 filles
par jour, et près de 120 millions de filles, soit une fille sur 10 de moins de
20 ans, ont été confrontées à la violence sexuelle.
Quant à la ministre, elle a
expliqué que le thème choisi est une illustration parfaite de l’engagement de
AWLN pour éveiller les consciences en vue de briser le silence et mettre fin à
ce phénomène qui porte atteinte aux droits humains dont le droit à l’éducation
des filles et des femmes. Mme Coulibaly Mariam Maïga a profité de l’occasion
pour saluer les efforts et la qualité du travail du Comité national de
coordination de la lutte contre la traite des personnes et les pratiques
assimilées.
Amsatou Oumou TRAORE
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