#Mali : Gombo : Une saison prolifique

Ce légume foisonne sur le marché actuellement au grand bonheur des ménages. Par contre, les producteurs et les commerçants s’en plaignent

Publié jeudi 12 septembre 2024 à 20:45
#Mali : Gombo : Une saison prolifique

Un marché de ce legume bien approvisionné


Le gombo est très apprécié pour les assaisonnements culinaires. En cette période d’hivernage, cet aliment à la forme pyramidale se range dans la catégorie des légumes les plus consommés dans notre pays. Dans les marchés, ce produit comestible foisonne.

Un mercredi du mois d’août, le ciel affiche aux environs de 9 heures des nuages légèrement sombres au-dessus du marché «Wonida» à Bozola en Commune II du District de Bamako. Le marchandage entre clients et vendeuses anime ce site. Hawa Samani vend des gombos depuis 6 ans. La quadragénaire est assise sur une chaise à côté d’une vendeuse de tomates et d’épis de maïs. Elle précise que les gombos sont de deux sortes à savoir celle qui est à la fois courte et verte ainsi que celle qui est longue et rouge.

Hawa Samani achète le sac de gombo court entre 14.000 et 15.000 Fcfa. Puis, elle revend entre 500 et 750 Fcfa le seau. Ce gain lui a permis de satisfaire ses besoins, dont l’achat d’ustensiles de cuisine. «On achète les gombos au marché Wonida chez les femmes qui s’approvisionnent dans la Région de Sikasso», dit-elle. La commerçante explique que ce voyage en Sotrama peut durer quatre jours. Hawa Samani affirme que cette année, le commerce du gombo est moins bénéfique que l’année passée. À l’en croire, cette situation est due au fait qu’il y en a en grande quantité sur le marché comparativement à 2023. Elle peut gagner 500 à 1.000 Fcfa comme bénéfice après la vente d’un sac. Alors que l’an dernier, à la même période, elle gagnait entre 2.000 et 2.500 Fcfa.

Ténè Togola, une autre vendeuse de gombo, se ravitaille au marché de Médina Coura ou «sougouni coura» au niveau du secteur dénommé «Place de Sikasso». Celle qui cumule quatre ans d’expériences dans ce commerce, gagne souvent 1.500 ou 2.000 Fcfa de bénéfice par sac. «Il y a des jours où je ne fait pas de bénéfice», avoue Téné Togola. Contrairement à l’an passé, dit-elle, cette année, les ventes sont timides à cause de la présence abondante du gombo. Elle paie le sac de ce produit à 4.000 contre 12.500 Fcfa la saison passée», se plaint-elle.

Sa collègue Aminata Coulibaly travaille au marché de Djélibougou. Notre équipe de reportage l’a rencontrée un samedi du mois d’août sous une fine pluie. Ses gombos sont exposés sur une table en tas de huit qui coûte 50 Fcfa. Parfois, dit-elle, le tas peut atteindre 10 gombos. Cela est dû, justifie-t-elle, au fait qu’il y a trop de gombos maintenant. L’année dernière, elle achetait le sac de «gombo court» à 12.500 contre 5.000 Fcfa cette année à «Sougouni coura» ou Marché Dossolo Traoré de Médina coura. La vendeuse en détail juge dérisoires ses bénéfices qui varient entre 750 et 1.000 Fcfa.

 

MALADIE DU GOMBO- Jacqueline Dakouo est en train de faire des courses au marché de Nafadji, en Commune I du  District de Bamako. La ménagère affirme qu’en plus de la sauce au gombo (soupe kandia), ce légume assaisonne de nombreuses sauces comme celle d’arachide. La ménagère affirme avoir constaté cette abondance du gombo parce qu’elle achetait pour 500 Fcfa de gombo l’an dernier contre 300 Fcfa cette année pour cuisiner la sauce de gombo.

Des producteurs confirment l’abondance du gombo cette année. Dans son champ de 7 hectares, Moriba Ballo, un cultivateur de gombo à Dogobala Kola dans la Commune rurale de Safo, observe ses plantes de gombo. Ce cultivateur très expérimenté cultive ce légume depuis plusieurs années. Il explique que l’abondance de gombo se justifie par le fait que cette année la plante n’a été affectée par une maladie qui a impacté la récolte de l’année dernière. Un insecte dont il ignore le nom était à l’origine de cette maladie.

Selon lui, face à cette crise, des cultivateurs de gombo ont augmenté le prix de leur produit allant de 15.000 Fcfa à 19.000 Fcfa le sac en vue de compenser les pertes subies dans le champ. «Cette cherté a attiré beaucoup d’autres producteurs à cultiver le gombo cette année d’où l’abondance sur le marché», souligne le producteur de 48 ans, précisant qu’il a lui-même décidé d’exploiter 7 hectares cette année contre 2 hectares l’année précédente. Pendant l’hivernage, cite-il, le sac du gombo coûte 4.000 Fcfa contre au minimum 10.000 Fcfa pendant les autres saisons. Moriba Ballo peut gagner 2 à 3 millions de Fcfa de bénéfices. 

Youssouf Dembélé a décidé cette saison de cultiver un demi-hectare de gombo. L’année dernière, il possédait un quart d’hectare qui lui a permis d’acheter deux autres terrains. Il soutient que la grande quantité de gombo sur le marché est due au fait que la culture de ce légume est très avantageuse en termes de rendements et est très apprécié par les ménagères comme assaisonnement de leurs repas. À l’en croire, leur choix a été inspiré par le commerce fructueux du gombo l’an dernier. Youssouf Dembélé a vendu le sac de gombo long entre 2.500 Fcfa et 3.000 Fcfa et la variété courte à 7.500 Fcfa.

 

DES PROPRIÉTÉS DIGESTIVES- Le chef de division promotion des filières agricoles à la Direction nationale de l’agriculture (DNA) soutient qu’il y a une abondance de gombo cette année contrairement à l’année dernière qui a été marquée par une maladie qui a affecté le gombo et le coton. Tiémoko Lanfia Touré affirme que ce constat est général dans tous les bassins de production de gombo. «On avait trouvé une solution d’urgence avec l’utilisation d’un insecticide», assure-t-il, avant de justifier que l’abondance de cette année peut s’expliquer probablement par le fait que l’incidence de cette maladie ne s’est pas fait tellement remarquer. Le chef de division promotion des filières agricoles explique que les statistiques des quatre dernières années indiquent que la production nationale du gombo est estimée de façon générale à environ 700.000 tonnes pour une superficie de 60.000 hectares avec des rendements de 12 tonnes à l'hectare en moyenne.

Du point de vue nutritionnel, le gombo est une véritable mine d’or pour la santé. La nutritionniste Suma Alexia Dakono indique que ce légume est riche en fibres, ce qui est excellent pour la digestion et aide à réguler le transit de la nourriture. En plus de cela, poursuit-elle, il contient des vitamines importantes, notamment la vitamine C, qui renforce les défenses immunitaires, et la vitamine K, essentielle pour la coagulation sanguine. «Le gombo est également une bonne source d’acide folique, un nutriment clé, surtout pour les femmes enceintes», souligne la spécialiste en nutrition avant d’ajouter que c’est un aliment de choix pour ceux qui cherchent à garder la ligne. Suma Alexia Dakono insiste également sur son rôle clé dans la réduction de l’inflammation et la protection contre certaines maladies chroniques.

«Pour maximiser les bienfaits du gombo, il est préférable de le consommer frais et de le cuire juste ce qu’il faut pour conserver ses nutriments», enseigne-t-elle. Et de clarifier que le gombo peut aussi être sauté à feu vif avec un peu d’huile d’olive et des épices pour en faire un accompagnement savoureux et nutritif. Pour profiter pleinement des fibres de gombo, elle conseille de le consommer cru, dans une salade. Une autre recette, cite la nutritionniste, consiste à utiliser les graines de gombo pour préparer des infusions aux propriétés digestives intéressantes.

Jecolia DAKOUO



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QUELQUES VERTUS

 

 

Notre société accorde beaucoup d’importance au gombo. Certaines communautés accusent de sorciers ceux qui détestent cet ingrédient.

Le traditionaliste et tradi-thérapeute, Nouhoum Cissé, affirme que c’est une affirmation vraisemblable. Si une personne mâche au début de l’année un gombo frais, elle sera protégée durant toute cette période contre les mauvais esprits notamment les sorciers, argumente-t-il.

Ce légume a plusieurs autres vertus. Il explique que la consommation d’une cuillerée de poudre de gombo chaque matin permet d’éliminer certaines infections cutanées comme les boutons et le pityriasis versicolor (en bambara zanfala) sur la peau et la rend lisse. Le traditionnaliste estime que cette poudre délivre de la parasitose.

Mohamed  D. DIAWARA

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