La période de fraicheur oblige un changement de port
vestimentaire. à Sikasso, le froid est encore plus accentué compte tenu de
l’humidité de la zone. La population a de plus en plus besoin de porter
des habits chauds afin de se protéger. Cette année, de nombreux commerçants se
plaignent de la non-affluence sur leur marché. Pour plus de précisions, notre équipe de
reportage à fait un tour chez des commerçants de la ville.
«Yougou yougou beye !», «Yougou yougou beye !»,
«client na mba dadia ila» en langue française «venez acheter de la
friperie, venez, ma cliente, je vous ferai des remises», ainsi s’écrie la
commerçante de la friperie Mme Sidibé Aminata Diakité à l’endroit des passants.
Cette commerçante est installée au grand marché juste derrière le Centre
de santé de référence (CSRef). Celle qui vend de la friperie notamment les
blousons et pull-overs des enfants depuis plus de 20 ans estime que le marché
actuel n’est pas affluent. «Malgré la fraîcheur, il n’y a pas de client car il
y a trop d’amateurs dans notre métier en cette période. Chacun veut avoir
quelque chose dans ce métier, c’est cela qui détruit notre commerce»,
affirme-t-elle.
Elle souligne que les amateurs de leur commerce bradent les
prix des habits n’importe comment et à longueur de la journée. Auparavant,
pendant le froid elle pouvait vendre trois balles de friperie (blousons et
pull-overs pour enfants) chaque jour mais actuellement elle peine à écouler
trois balles dans la semaine. «J’achète la balle entre 75.000 Fcfa et 85.000
Fcfa. Je cède l’unité des blousons et pull-overs entre 400 Fcfa et 1.250 Fcfa»,
s’exprime-t-elle, argumentant que ce n’est pas à chaque fois qu’on arrive à
tirer son épingle du jeu. En outre, Mme Sidibé invite les commerçants amateurs à
revoir la situation sinon leur pratique complique le commerce de la friperie.
Pour sa part, Drissa Coulibaly évolue dans le commerce de la
friperie depuis plus de 5 ans. Son point de vente se trouve au grand marché près
d’une banque de la place. M. Coulibaly cède différents types d’habits. Il
s’agit des habits pour homme, femme et enfant. Le commerce de cette période est
basé sur les habits chauds des enfants notamment les blousons. Drissa ouvre la
balle de friperie tous les deux jours. Il vend les échantillons à ses clients
fidèles et écoule le reste dans les marchés des villages de Zégoua et Kadiolo. «Actuellement,
j’achète la balle entre 65.000 Fcfa et 70.000 Fcfa. Je cède l’unité entre 1.500
Fcfa et 2.000 Fcfa», explique-t-il, révélant qu’il ne s’en sort pas mal car il
subvient à toutes ses dépenses.
Par ailleurs, Drissa Coulibaly regrette le commerce précoce
des habits chauds. «Bien avant le froid, certains commerçants avaient commencé à
vendre ces habits. Depuis cette période, de nombreux clients se sont
approvisionnés et c’est cela qui joue sur notre commerce», révèle-t-il. Non
loin de la place de Drissa se trouve étalés les blousons et les ensembles de
survêtements de Mme Aminata Berthé. Elle aussi ne cesse de se plaindre de la même
situation : la multiplication des commerçants de friperie. «C’est cela le
problème des Sikassois. Quand c’est la période d’un produit, chacun se met à
vendre cet article. Si tout le monde devient commerçant, qui sera le client ?»,
se lamente-t-elle.
Si les précédents interlocuteurs se plaignent tous du nombre
pléthorique des commerçants, tel n’est
pas le cas de Lamine et de Mamadou Diabaté. Ceux qui vendent des chaussettes,
des gants et des chapeaux près du marché de légumes estiment que la faible
affluence de leurs articles est due à la cherté de la vie.
Selon le commerçant grossiste de friperie du grand marché, Bréhima Konaté la situation de la faible affluence est générale dans la ville. Selon lui, la campagne a trop tôt commencé et s’est déjà arrêtée. à cet effet, M. Konaté soutient qu’en pareil cas, le marché s’arrête au tout début de la saison froide. «Auparavant, je pouvais écouler plus d’une vingtaine de balles d’habits chauds par jour mais à présent je me limite seulement à deux balles», confie-t-il, soulignant que les commerçants détaillants ne veulent plus des habits chauds car les clients se sont déjà approvisionnés. Au final, la situation n’est pas facile, que ce soit pour les commerçants permanents ou occasionnels, chacun voulant tirer son épingle du jeu.
Mariam F. DIABATÉ
Amap-Sikasso
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
Les participants au Forum panafricain des médias (FOPAME 2026), tenu du 3 au 6 juin à Bamako sous le thème « Unir les voix, renforcer les liens entre les médias d'Afrique », ont adopté le samedi 6 juin 2026 l'« Appel de Bamako », un document stratégique plaidant pour une souveraineté narr.
Dans le cadre des travaux de la quatrième journée du Forum panafricain des médias (FOPAME), un panel consacré au thème « Médias et leadership féminin » a réuni, ce samedi 6 juin 2026, les professionnels des médias..
Les acteurs des médias et de la publicité africains ont appelé à une transformation profonde du modèle économique de la presse afin de faire face aux mutations technologiques, à la baisse des revenus publicitaires et aux difficultés structurelles du secteur..
Le développement de nouveaux formats audiovisuels, l’adoption de narratifs centrés sur les réalités africaines et le renforcement des capacités de vérification de l’information constituent des leviers essentiels pour construire une souveraineté informationnelle africaine, a déclaré jeud.
La formation des journalistes africains doit être renforcée et adaptée aux nouveaux défis de la guerre informationnelle afin de permettre au continent de produire ses propres récits et de réduire sa dépendance aux narratifs extérieurs, a déclaré jeudi Dr Fatoumata Fofana, Maître de confé.
Le journaliste Martin Faye, a appelé mercredi dans sa leçon inaugurale du FOPAME au CICB de Bamako à une transformation profonde du modèle économique et éditorial des médias africains, insistant sur la nécessité de renforcer leur souveraineté numérique..