Saison froide à Sikasso : La friperie a du mal à trouver preneur

Un jeune client à la recherche d’un habit dans le tas

Publié lundi 07 février 2022 à 07:24
Saison froide à Sikasso : La friperie a du mal à trouver preneur

La période de fraicheur oblige un changement de port vestimentaire. à Sikasso, le froid est encore plus accentué compte tenu de l’humidité de la zone. La population a de plus en plus besoin de porter des habits chauds afin de se protéger. Cette année, de nombreux commerçants se plaignent de la non-affluence sur leur marché. Pour plus de précisions, notre équipe de reportage à fait un tour chez des commerçants de la ville.

«Yougou yougou beye !», «Yougou yougou beye !», «client na mba dadia ila» en langue française «venez acheter de la friperie, venez, ma cliente, je vous ferai des remises», ainsi s’écrie la commerçante de la friperie Mme Sidibé Aminata Diakité à l’endroit des passants. Cette commerçante est installée au grand marché juste derrière le Centre de santé de référence (CSRef). Celle qui vend de la friperie notamment les blousons et pull-overs des enfants depuis plus de 20 ans estime que le marché actuel n’est pas affluent. «Malgré la fraîcheur, il n’y a pas de client car il y a trop d’amateurs dans notre métier en cette période. Chacun veut avoir quelque chose dans ce métier, c’est cela qui détruit notre commerce», affirme-t-elle.

Elle souligne que les amateurs de leur commerce bradent les prix des habits n’importe comment et à longueur de la journée. Auparavant, pendant le froid elle pouvait vendre trois balles de friperie (blousons et pull-overs pour enfants) chaque jour mais actuellement elle peine à écouler trois balles dans la semaine. «J’achète la balle entre 75.000 Fcfa et 85.000 Fcfa. Je cède l’unité des blousons et pull-overs entre 400 Fcfa et 1.250 Fcfa», s’exprime-t-elle, argumentant que ce n’est pas à chaque fois qu’on arrive à tirer son épingle du jeu. En outre, Mme Sidibé invite les commerçants amateurs à revoir la situation sinon leur pratique complique le commerce de la friperie.

Pour sa part, Drissa Coulibaly évolue dans le commerce de la friperie depuis plus de 5 ans. Son point de vente se trouve au grand marché près d’une banque de la place. M. Coulibaly cède différents types d’habits. Il s’agit des habits pour homme, femme et enfant. Le commerce de cette période est basé sur les habits chauds des enfants notamment les blousons. Drissa ouvre la balle de friperie tous les deux jours. Il vend les échantillons à ses clients fidèles et écoule le reste dans les marchés des villages de Zégoua et Kadiolo. «Actuellement, j’achète la balle entre 65.000 Fcfa et 70.000 Fcfa. Je cède l’unité entre 1.500 Fcfa et 2.000 Fcfa», explique-t-il, révélant qu’il ne s’en sort pas mal car il subvient à toutes ses dépenses.

Par ailleurs, Drissa Coulibaly regrette le commerce précoce des habits chauds. «Bien avant le froid, certains commerçants avaient commencé à vendre ces habits. Depuis cette période, de nombreux clients se sont approvisionnés et c’est cela qui joue sur notre commerce», révèle-t-il. Non loin de la place de Drissa se trouve étalés les blousons et les ensembles de survêtements de Mme Aminata Berthé. Elle aussi ne cesse de se plaindre de la même situation : la multiplication des commerçants de friperie. «C’est cela le problème des Sikassois. Quand c’est la période d’un produit, chacun se met à vendre cet article. Si tout le monde devient commerçant, qui sera le client ?», se lamente-t-elle.

Si les précédents interlocuteurs se plaignent tous du nombre pléthorique    des commerçants, tel n’est pas le cas de Lamine et de Mamadou Diabaté. Ceux qui vendent des chaussettes, des gants et des chapeaux près du marché de légumes estiment que la faible affluence de leurs articles est due à la cherté de la vie.

Selon le commerçant grossiste de friperie du grand marché, Bréhima Konaté la situation de la faible affluence est générale dans la ville. Selon lui, la campagne a trop tôt commencé et s’est déjà arrêtée. à cet effet, M. Konaté soutient qu’en pareil cas, le marché s’arrête au tout début de la saison froide. «Auparavant, je pouvais écouler plus d’une vingtaine de balles d’habits chauds par jour mais à présent je me limite seulement à deux balles», confie-t-il, soulignant que les commerçants détaillants ne veulent plus des habits chauds car les clients se sont déjà approvisionnés. Au final, la situation n’est pas facile, que ce soit pour les commerçants permanents ou occasionnels, chacun voulant tirer son épingle du jeu.

 

Mariam F. DIABATÉ
Amap-Sikasso

 

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

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