Recensement général de la population : Les Maliens, combien sommes-nous ?

Au total, 26.327 agents recenseurs, 4.504 chefs d’équipes et 866 contrôleurs TIC sont engagés sur le terrain pour trouver une réponse précise à cette question. Les équipes demanderont des informations relatives à l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat

Publié jeudi 16 juin 2022 à 05:36
Recensement général de la population : Les Maliens, combien sommes-nous ?

Combien de Maliens sommes-nous au total en réalité : 19, 20, 21 ou 22 millions ? Ces chiffres distillés ça et là sont des estimations qui varient selon les sources ou les méthodes de calculs utilisés.

Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) est la seule opération de collecte qui fournit des informations exhaustives et fiables sur l’état et la dynamique de la population aux niveaux de l’ensemble du pays, des régions, des cercles, des communes et des villages/fractions/quartiers au Mali.

Le dernier qui remonte à 2009 estimait la population malienne à 14,5 millions d’habitants, dont 50,4% de femmes et plus de 70% vivant en milieu rural, selon l’Institut national de la statistique (INSAT).


Les travaux de terrain du cinquième Recensement général qui ont été lancés dans cette optique depuis plusieurs mois à travers le ministère de l’Économie et des Finances, ont officiellement démarré hier 15 juin 2022 à travers tout le pays «préalablement découpé en zones de dénombrements». L’opinion nationale et internationale en a été informée la veille (mardi) à travers un message du patron de l’hôtel des Finances, Alousséni Sanou.

Durant les trois prochaines semaines, les agents recenseurs et les chefs d’équipes qui sont chargés de collecter des informations sur les caractéristiques socioéconomiques, démographiques et culturelles de la population passeront à cet effet dans nos familles respectives, prévient le ministre en charge desdites opérations.

Selon lui, au total 26.327 agents recenseurs, 4.504 chefs d’équipes et 866 contrôleurs TIC seront engagés sur le terrain auprès des ménages. «Ces équipes seront encadrées par les cadres et responsables de l’Institut national de la statistique, des autres structures du Système statistique national, des directions régionales et des services locaux de la planification, de la statistique et de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population», explique-t-il.

Aux populations (Maliens et ressortissants d’autres pays vivant sur notre territoire) ils demanderont des informations relatives à plusieurs aspects de la vie notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat.

À l’effet de compter le nombre d’habitants, de mesurer la fertilité, la mortalité et les déplacements, de dégager des tendances démographiques et même de contribuer à détecter des inégalités en matière d’emploi, d’éducation et de richesse, comme l’explique le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) sur son site Internet, à propos du recensement.

 

L’AVENIR DE NOS ENFANTS- L’agence directrice des Nations unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive rappelle que ces informations générées par les recensements de la population et de l’habitat (nombre d’habitants, répartition, conditions de vie et autres données clés) sont essentielles pour l’élaboration des politiques de développement.

Car, alerte-t-elle, en l’absence de données précises, les responsables politiques ne sont pas en mesure de déterminer les infrastructures nécessitant des investissements (écoles, hôpitaux, routes) et les populations les plus démunies ne sont pas répertoriées.

Donc de la réussite de cette opération, dépend le devenir de notre pays et l’avenir de nos enfants. Le ministre en charge de l’Économie a, à cet égard, sollicité «l’engagement des chefs de quartier dans nos villes et les chefs de village et de fraction, en vue d’une meilleure orientation des agents recenseurs déployés dans leurs localités ; le dévouement des autorités administratives et municipales (gouverneurs, préfets, sous-préfet, maires), pour la coordination des opérations dans leurs circonscriptions ; l’accompagnement habituel des Forces de défense et de sécurité en vue de la protection et de la sécurisation de cette opération».

En réponse à cette sollicitation, le gouverneur du District de Bamako, Abdoulaye Coulibaly a procédé au lancement du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat pour le District.

C’était hier chez le chef de quartier de Ouolofobougou, Bourama Ciré Fadiga, en présence du directeur national adjoint de l’INSAT, Dr Issa Bouaré. Il a été organisé par l’INSAT en collaboration avec la direction régionale de la planification, de la statistique, de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population du District de Bamako.

Prenant la parole, le gouverneur du District de Bamako a levé toute équivoque. «Ce recensement a un but purement statistique et vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement pour la fourniture des données sociodémographiques pertinentes, fiables et à jour», a précisé Abdoulaye Coulibaly.

La maire de la Commune III a exprimé sa satisfaction d’avoir participé à cette activité combien importante pour notre pays. «La population est galopante. Les quartiers s’agrandissent de jour en jour, avec toujours de nouveaux venus en ville. Nous avons donc, régulièrement, besoin d’éléments statistiques pour savoir où aller et prévoir le développement de la Commune et la construction du pays», a souligné Mme Djiré Mariame Diallo.

Tous les intervenants ont invité les populations à coopérer avec les agents de recensement. Ils ont exhorté les responsables administratifs, élus locaux, acteurs de la société civile, femmes, hommes et jeunes à contribuer à la réussite de cette opération dont les résultats «nous serviront ainsi que les générations futures». 

Oumar SANKARE

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