Projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale : La commission de rédaction dresse son bilan à mi-parcours

La Commission de rédaction du projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale, à un mois de la fin de sa mission, a fait hier le bilan de ses travaux.

Publié jeudi 15 mai 2025 à 07:36
Projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale : La commission de rédaction dresse son bilan à mi-parcours

Zeïni Moulaye, président de la sous-commission réconciliation, cohésion sociale et vivre ensemble

 

 L’ancien ministre des Affaires étrangères, Zeïni Moulaye, président de la sous-commission réconciliation, cohésion sociale et vivre ensemble a fait la genèse de la création de la Commission. Avant de faire le point du travail abattu après avoir expliqué le bien-fondé du projet de Charte qui, une fois élaboré, sera le document de référence pour toutes initiatives, actions et activités qui concourent à la sécurité, la paix, la réconciliation nationale, la cohésion sociale et le vivre ensemble.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que la Charte est pratiquement à sa finition au niveau de la Commission, a affirmé Zeïni Moulaye, précisant qu’il y a déjà quelques mois que le Président de la Transition leur a confié cette mission. «Nous avons travaillé dans un premier temps, l’année dernière, entre le mois de février et le mois de mai, sur l’avant-projet de Charte», a souligné le président de la sous-commission réconciliation, cohésion sociale et vivre ensemble. Il dira que le document a été soumis au mois de mai, au Chef de l’État qui l’a fait examiner et le leur a rapporté. La Commission l’a finalisé et l’a déposé définitivement le 18 octobre 2024.

Deux mois plus tard, le Chef de l’État a estimé que la Commission doit pouvoir faire un projet final, qui est la suite logique de l’avant-projet déposé. Il a donc signé, a fait savoir Zeïni Moulaye, un décret instituant une Commission de rédaction du projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale. C’est cette équipe qui travaille depuis le mois de janvier dernier et qui, aujourd’hui, a pratiquement terminé son travail, a-t-il expliqué.

 Pour lui, les experts sont en train de finaliser le travail. Et le président de la Commission, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga remettra son rapport final au Chef de l’État. «Nous avons été amenés à la réflexion, à ajouter d’autres thématiques portant notamment sur le développement économique, l’environnement, le chômage et surtout l’emploi des jeunes», a souligné Zeini Moulaye. Outre les grandes thématiques, a révélé l’ancien ministre des Affaires étrangères, la Commission a ajouté les valeurs partagées dans les grands déserts socioculturels du Mali.

Ce faisant, il a noté que le Mali est un grand pays issu de royaumes et d’empires qui ont marqué l’histoire de l’Afrique et de l’humanité de façon générale. Toute chose qui témoigne que notre pays est une vieille civilisation qui repose sur des valeurs comme l’honneur, l’amour du travail, la conscience professionnelle, la redevabilité, l’humanité, la dignité et la vérité. D’après l’ancien chef de la diplomatie malienne, notre jeunesse a besoin aujourd’hui de repères sur le plan moral, éthique et déontologique.


Il dira qu’en étudiant la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble et surtout la réconciliation nationale, ils se sont rendu compte qu’en réalité, ces dernières années, nous sommes partis toujours chercher les solutions à nos problèmes à l’extérieur ou avec l’appui de ‘extérieur. Ce qui, pour Zeïni Moulaye, n’était pas nécessaire puisque «si nous jetons un regard sur le rétroviseur de notre histoire, on se rend compte que ce pays regorge des mécanismes endogènes locaux de prévention, de gestion et de règlement des conflits».

À son avis, ces outils permettaient par le passé de réguler la vie en société et aussi de régler les conflits allant des petits conflits de famille jusqu’à la guerre. «Si demain, une rébellion ou une crise éclatait, nous avons la possibilité d’aller à la Charte, de nous référer à l’un de ces mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits…», a signalé Zeïni Moulaye.

Se prononçant sur l’ancrage juridique du document, le conférencier a rappelé que le 25 janvier 2024, le gouvernement a déclaré caduc l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. D’après lui, notre pays ne pouvait laisser le terrain libre et il fallait trouver une solution à la crise au Nord qui s’est implantée au Centre et qui est en train de gagner parfois le Sud et même l’Ouest du Mali.

 C’est ainsi que le Président de la Transition avait initié le Dialogue inter-Maliens pour réfléchir sur tous les problèmes que nous avons notamment la crise multidimensionnelle et les différents conflits. Au cours des débats, il est ressorti un certain nombre de résolutions et de recommandations, parmi lesquelles, la rédaction d’une Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui prendra évidemment la place de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, a expliqué Zeïni Moulaye. 

Namory KOUYATE

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