Perspectives sahéliennes : L'uranium du Niger prêt à éclairer le Sahel et l'Afrique

Dans une interview accordée à une chaîne européenne, il y a quelques semaines, le Président brésilien, Lula da Silva, a été on ne peut plus clair dans son analyse de la marche du monde actuel : «Les gens doivent comprendre une chose très sérieuse : la géographie politique et économique de 2025 n’est plus la même que celle de 1945.

Publié mardi 08 juillet 2025 à 07:59
Perspectives sahéliennes : L'uranium du Niger prêt à éclairer le Sahel et l'Afrique

Le monde a changé. Il est normal que ce monde soit représenté politiquement. Aujourd’hui, les regroupements les plus importants c’est le G20 et les BRICS... Aujourd’hui, le sud global représente plus de la moitié de la population mondiale. Elle représente 40 pour cent du PIB mondial. Il faut que les gens prennent au sérieux ces changements dans le monde économique pour réorganiser les institutions multilatérales. Elles sont la garantie du renforcement de la paix.»

Il faut noter que ce sont là les propos du Chef d'État de la 9è économie du monde, pilier du G20 et des BRICS, l’un des meneurs de la bataille pour un monde multipolaire. Pour Lula, l’ONU, le G8, la Banque mondiale, le FMI, l’OCDE, l’OMC sont des organisations d’un monde révolu qui doivent être soit réformées, soit remplacées. Ces organisations ont inéluctablement contribué à construire un monde fait d’inégalités criardes, de déséquilibres profonds et d’injustice ambiante.

Ce combat pour un monde nouveau, tel que le décrit le Président Lula, se joue chez nous ici au Sahel. Sur le plan politique, l’AES s’impose comme la branche africaine de cette quête d’un monde multipolaire. Notre confédération a fait de la défense de nos souverainetés la trame de son existence. Cette souveraineté court sur tout : le politique, l’économique, le sécuritaire, le culturel, l’éducatif, l’environnemental, etc.

Pour le moment, ce sont les fronts politiques, sécuritaires, diplomatiques et économiques qui cristallisent les velléités à empêcher les transformations profondes auxquelles aspirent les populations sahéliennes, voire africaines. Les politiques diplomatiques et économiques de l’après-2è Guerre mondiale ont indubitablement étouffé les indépendances africaines, pour la plupart acquises sur fond d’accords léonins, notamment sur la souveraineté en matière de défense, d’économie et de gestion des ressources naturelles.

L’Afrique, surtout le Sahel, réservoir de matières premières destinées à être transformées pour garantir une prospérité aux populations, s’est vue reléguée dans le seul statut de pourvoyeuse de ces matières pour le monde occidental industrialisé. Désormais, dans l’AES, un nouvel ordre est établi : l’or, l’uranium, le lithium, le pétrole, le gaz, l’eau, les terres rares, les terres cultivables du Mali, du Burkina Faso et du Niger vont revenir aux États et à leurs populations. Elles vont être exploitées et transformées sur place, avec les acteurs étatiques et privés étrangers qui accepteront les conditions fixées de façon souveraine.


C’est cela que le Président Assimi Goïta a rappelé lors de sa visite en Fédération de Russie, sur invitation de son homologue russe. C’est cela que le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a rappelé la semaine dernière à Kigali, au Sommet sur l’innovation de l’énergie nucléaire pour l’Afrique (NEISA 2025) : «L’accès à l’énergie fiable est un défi majeur pour le développement de nos nations. Le Niger entend y apporter une vision singulière, décisive. Producteur d’uranium depuis plus de 50 ans, il maîtrise l’ensemble de la chaîne, que ce soit au niveau de l’extraction, du traitement et de l’exportation. Notre ambition c’est d’opérer la transformation localement. Nous avons toute l’expertise pour cela.

S
’agissant de la mine de la Somair, cette société d’uranium que le Président Tiani a décidé de nationaliser, le produit qui en sortira servira tout le continent. C’est une société qui est censée faire de l’exploitation jusqu’en 2044. Donc, il y a du potentiel... Il y a le gisement d’Imouraren, première mine sur le continent et 2è au monde, avec des réserves estimées à 200 mille tonnes. Cela garantit indubitablement un approvisionnement sur plusieurs décennies. Grâce à l’expertise dont dispose le Niger, qui a contribué efficacement à éclairer une grande partie de l’Europe de l’Ouest pendant plusieurs décennies, il est temps maintenant que nous consacrions cette énergie à éclairer l’Afrique. Aujourd’hui fort de cet acquis, le Niger veut prendre son destin énergétique en main».

Les deux autres pays de l’AES, avec la synergie confédérale, ont autant à offrir au reste du continent, avec leur potentiel en ressources naturelles. S'agissant de l’uranium au Mali, la zone de Faléa, Cercle de Keniéba, promet en gisement. En 2007, un groupe canadien avait reçu du gouvernement un permis d’exploration. Le Mali, selon plusieurs études, possède près de 1 million de km² de bassin sédimentaire, d’énormes gisements de gaz et d’uranium, plus de 2 milliards de tonnes de réserves en minerai de fer, des réserves de bauxite estimées à 1,2 milliard de tonnes et des réserves de manganèse de plus de 20 millions de tonnes.

Alassane Souleymane

Lire aussi : Perspectives sahéliennes : La citoyenneté sahélienne, par les jeunes, entre camps et brigades

Au moment où il répondait à l’invitation de son homologue malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, pour le lancement de la Brigade citoyenne au Mali le 20 août dernier, le Premier ministre burkinabè, Rintalba Jean Emmanuel Ouédraogo, laissait derrière lui, dans son pays, les derni.

Lire aussi : À l’heure du Mali : Dans la marche du monde, bas les mythes !

Elle a captivé l’attention du monde entier, le temps d’un éclair. Et deux mois après sa fin, qui s’en souvient encore ? Nous parlons de la désormais célèbre «guerre des 12 jours» entre l’Iran et Israël. Les conflits les plus brefs sont souvent le fruit d’une conclusion tacite sur .

Lire aussi : Perspectives sahéliennes : L’impératif d’un cadre humanitaire coordonné

Du 7 au 9 juillet dernier, la ministre malienne en charge du Développement social a eu la lumineuse initiative de réunir à Bamako les acteurs humanitaires de l’espace AES, ainsi que quelques pays amis, pour réfléchir à une problématique brûlante d’actualité : «Politiques humanitaires e.

Lire aussi : À l’heure du Mali : Les racines du Mali contre les sirènes de la France

Les obsèques de l’ancien ministre Tiébilé Dramé n’ont pas été seulement un moment de recueillement et de mémoire pour un homme politique qui aura été de toutes les luttes pour la démocratie et les libertés. Elles ont aussi marqué un moment de retrouvailles pour une certaine classe di.

Lire aussi : Perspectives sahéliennes : Salkadamna ou le début de la révolution industrielle au Sahel par le charbon

Il est des propositions qui tombent à point nommé, et pour étayer un proverbe : l’union fait la force. La proposition du Niger en fin de semaine dernière, invitant ses partenaires du Mali et du Burkina Faso à s’associer à l’exploitation de sa mine de charbon de Salkadamna, mérite une at.

Lire aussi : À l’heure du Mali : «Mali kura taasira», avec la torche de Sika Koné

Du 29 mai au 4 août, le décompte nous donne deux mois et six jours. Cet intervalle correspond à la période consacrée à la publication des comptes rendus des émissions du programme de communication gouvernementale intitulé «Mali kura taasira», qui en était à sa troisième édition, sous l.

Les articles de l'auteur

Perspectives sahéliennes : La citoyenneté sahélienne, par les jeunes, entre camps et brigades

Au moment où il répondait à l’invitation de son homologue malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, pour le lancement de la Brigade citoyenne au Mali le 20 août dernier, le Premier ministre burkinabè, Rintalba Jean Emmanuel Ouédraogo, laissait derrière lui, dans son pays, les dernières séquences d’une initiative citoyenne nationale dénommée Camp Vacances Faso Mêbo..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 26 août 2025 à 09:32

À l’heure du Mali : Dans la marche du monde, bas les mythes !

Elle a captivé l’attention du monde entier, le temps d’un éclair. Et deux mois après sa fin, qui s’en souvient encore ? Nous parlons de la désormais célèbre «guerre des 12 jours» entre l’Iran et Israël. Les conflits les plus brefs sont souvent le fruit d’une conclusion tacite sur le vainqueur ou d’un compromis autour des intérêts vitaux des puissants protagonistes..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 22 août 2025 à 08:17

Perspectives sahéliennes : L’impératif d’un cadre humanitaire coordonné

Du 7 au 9 juillet dernier, la ministre malienne en charge du Développement social a eu la lumineuse initiative de réunir à Bamako les acteurs humanitaires de l’espace AES, ainsi que quelques pays amis, pour réfléchir à une problématique brûlante d’actualité : «Politiques humanitaires et mécanismes de financement de l’action humanitaire dans l’espace AES : enjeux, défis et perspectives»..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 19 août 2025 à 08:09

À l’heure du Mali : Les racines du Mali contre les sirènes de la France

Les obsèques de l’ancien ministre Tiébilé Dramé n’ont pas été seulement un moment de recueillement et de mémoire pour un homme politique qui aura été de toutes les luttes pour la démocratie et les libertés. Elles ont aussi marqué un moment de retrouvailles pour une certaine classe dirigeante ayant régné sur le Mali durant une époque charnière que l’on peut appeler «l’ère démocratique»..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 18 août 2025 à 08:06

Perspectives sahéliennes : Salkadamna ou le début de la révolution industrielle au Sahel par le charbon

Il est des propositions qui tombent à point nommé, et pour étayer un proverbe : l’union fait la force. La proposition du Niger en fin de semaine dernière, invitant ses partenaires du Mali et du Burkina Faso à s’associer à l’exploitation de sa mine de charbon de Salkadamna, mérite une attention immédiate..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 12 août 2025 à 08:46

À l’heure du Mali : «Mali kura taasira», avec la torche de Sika Koné

Du 29 mai au 4 août, le décompte nous donne deux mois et six jours. Cet intervalle correspond à la période consacrée à la publication des comptes rendus des émissions du programme de communication gouvernementale intitulé «Mali kura taasira», qui en était à sa troisième édition, sous la férule du Centre d’Information Gouvernementale (CIGMA)..

Par Alassane Souleymane


Publié vendredi 08 août 2025 à 10:06

Perspectives sahéliennes : Une politique de l’arbre volontariste pour reverdir le Sahel

Elle est bien loin, cette époque où l’hivernage était attendu au Sahel uniquement pour les activités agricoles, la nature étant alors assez verte pour qu’on ne se préoccupe guère de la reboiser. Mais voilà : notre espace naturel et vital vire du vert au jaune, voire au rouge, à cause d’une déforestation abondante qui prépare le terrain à une désertification accélérée..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 05 août 2025 à 08:44

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner