Période de chaleur : Les appareils de climatisation et de ventilation à rude épreuve

C’est très difficile de se passer des ventilateurs, des climatiseurs, des humidificateurs en période de canicule. Les réparateurs de ces appareils électroménagers sont très sollicités. Même si les rapports avec les clients sont souvent très tendus pour diverses raisons

Publié mercredi 24 mai 2023 à 05:29
Période de chaleur : Les appareils de climatisation et de ventilation à rude épreuve

Beydi Diallo, diplômé en électricité et en froid, dans son atelier situé à Bolibana, en Commune III du District de Bamako

 

 

Lassana Camara, technicien en froid, est à la tâche dans son atelier à Kalaban-coro. Il remet en place, avec dextérité, les pièces d’un humidificateur qu’il a dû démonter pour situer et corriger le problème l’empêchant de fonctionner correctement.


Le propriétaire de l’appareil suit avec attention les gestes du technicien, espérant qu’il est tombé cette fois-ci sur le bon. « Il y a une semaine, j’avais amené ce même refroidisseur chez un soi-disant réparateur qui m’a fait dépenser pour rien. énervé, j’ai tenu à son endroit des propos discourtois et on avait failli en venir aux mains», dit-t-il.

Devant l’atelier de Lassana Camara, des dizaines d’autres humidificateurs attendent d’être réparés. Il doit, en plus, se déplacer fréquemment pour des besoins de réglage, de dépannage ou de maintenance de climatiseur aux domiciles de ses clients. Comme lui,  bon nombre de réparateurs d’appareils de climatisation sont débordés en cette période où la chaleur est suffocante à Bamako. Impossible en effet de rester entre quatre murs sans avoir de quoi atténuer la forte température.

Les ventilateurs, climatiseurs, humidificateurs et autres appareils du genre sont ainsi d’un grand secours. Sauf que leur usage réserve parfois des surprises désagréables. Et le stress thermique aidant, les échanges entre les techniciens spécialisés dans la réparation de ces machines et leurs clients peuvent facilement prendre des tournures déconcertantes.


Les seconds pointent du doigt le manque de professionnalisme des premiers. «Beaucoup d’entre eux font du tâtonnement. Et ceux qui se débrouillent bien respectent rarement les délais», tance l’instituteur Amadou Traoré.

 

MÉTIER NON MAÎTRISÉ- Fadima Cissé s’est fait gruger, plusieurs fois, par des «techniciens incompétents». Récemment, cette résidente d’un quartier de la rive droite de Bamako a sollicité, en l’espace de dix jours, deux réparateurs de système de climatisation. On lui avait particulièrement vanté les «qualités du premier». Mais à l’épreuve, il a échoué.


«Il m’a dit que le problème était lié à la destruction de la carte et de l’interrupteur du climatiseur. Il a changé ces pièces, mais le même problème est réapparu une semaine après», confie notre interlocutrice qui était alors obligée de contacter un autre électricien. Celui-ci a lavé les filtres et mis du gaz pour un montant de 12.500 Fcfa. «Attendons de voir pendant combien de jours, la machine va tenir», soupire-t-elle.

Selon Fadima Cissé, tous les réparateurs n’ont pas la maîtrise de leur métier. Ainsi, elle est obligé de recourir, à chaque dysfonctionnement de son appareil, à 2 voire 3 réparateurs pour trouver une solution. Et pour chaque réparation, surtout en cette période, il faut débourser une petite fortune.

Awa Soumaoro utilise un humidificateur depuis trois ans. La résidente de Sébénikoro n’est jamais à l’abri des réparations pendant la canicule. Il y a deux semaines, elle a sollicité les services d’une entreprise spécialisée pour que son humidificateur retrouve son rythme normal de fonctionnement. «Un technicien a changé certaines pièces.

La réparation m’a coûté 7.500 Fcfa. Heureusement, ça a marché», affirme-t-elle. Ce que la sexagénaire trouve surtout de séduisant en cette entreprise, c’est que le «client peut l’interpeller s’il n’est pas satisfait de la prestation». Elle prodigue aussi toujours de conseils utiles pour la bonne tenue des appareils.

Hamidou Traoré, technicien en froid et climatisation, concède le déficit de réparateurs qualifiés. Mais, se presse-t-il de charger les utilisateurs qui «disent souvent que les réparateurs ne connaissent rien alors que ce sont eux-mêmes qui ne savent pas manipuler leurs appareils». Pour preuve, le diplômé de l’Institut supérieur de technique de gestion (ISTG) raconte :«Je viens tout de suite de régler un climatiseur que j’avais réparé, il y a une semaine.


Le prioritaire était sur les nerfs quand il m’informait de ce qu’il croyait être une nouvelle panne. Alors que le problème était dû à la mauvaise manipulation de la commande par les enfants. Après mon intervention, j’ai véhément exprimé mon mécontentement».

Hamidou Traoré venait donc de subir «injustement», pour la énième fois, le courroux d’un client. Sans compter la perte de temps causée par cette intervention à domicile. «En cette période, le temps est précieux pour nous», dit-il, révélant qu’il répare 4 à 5 appareils par jour. En moyenne, il gagne 15.000 Fcfa le jour. Le technicien conseille aux clients d’acheter un humidificateur en fonction de la dimension de la pièce où il doit être installé et de ne surtout pas le laisser à la portée des enfants.


Contrairement à Hamidou, Seydou Konaré a appris le métier sur le tas. Démontant un ventilateur dans son atelier à Bamako-Coura, il nous explique comment il est devenu réparateur : «Pendant les vacances, je partais dans des ateliers pour gagner de l’argent. J’ai fini par aimer ce travail passionnant.

Cela fait 15 ans maintenant que j’évolue dans ce domaine.» Et d’affirmer qu’il n’a jamais eu de problème avec les clients, même durant les périodes de canicule où le volume du travail devient très important. « Nous pouvons réparer plus de 4 machines humidificateurs par jour. Le marché est vraiment rentable en ce moment», se réjouit-il.

 

COUPURES D’ÉLECTRICITÉ- De son côté, Beydi Diallo, diplômé en électricité et en froid, évoque la rareté de pièces de rechange de bonne qualité sur le marché. Et avec la crise économique qui n’épargne aucun pays, les prix des pièces de qualité (mèches, pompes, multimètres, filtres déshydrateur…) qu’on trouve au marché Dabanani ou dans les quincailleries ont connu une augmentation de 500 à 1.000 Fcfa. C’est pourquoi, les réparateurs utilisent très souvent à la demande des clients, des pièces moins chères, donc peu résistantes.

Beydi quitte rarement son atelier, situé à Bolibana où il répare des ventilateurs, des groupes électrogènes, des frigos, fours et repasseurs. «De mars à mai, je reçois plus de clients», dit-il, ajoutant que ceux-ci sont généralement satisfaits de la qualité de ses prestations. «Mais dans tous les métiers, il peut y avoir des erreurs.


Les clients sont libres de ramener les machines si leurs attentes ne sont pas comblées et la réparation est reprise gratuitement», affirme Beydi Diallo qui note, au passage, les dommages causés aux appareils par les coupures intempestives d’électricité. Il recommande l’usage des stabilisateurs pour éviter aux appareils de subir directement les coupures et la baisse de tension.

L’entreprise Niaré Froid est très connue pour ses services d’entretien et de maintenance. Selon son directeur technique, il est important de faire le suivi et la maintenance curative et préventive des appareils. Mohamed Touré invite les clients à faire l’entretien de leurs matériels tous les 3 ou 6 mois et de se référer, en cas de panne, à une entité ayant des compétences reconnues.

Fatoumata Mory SIDIBE

Lire aussi : Koulikoro : le Premier ministre inaugure le vestibule des autorités et légitimités traditionnelles

Le mercredi 15 janvier 2025, le Président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, avait posé la première pierre du Vestibule des légitimités traditionnelles et coutumières de Koulikoro..

Lire aussi : Polyclinique militaire de Kati : Bientôt un laboratoire de dépistage des drogués

Le chef d’état-major général des Armées, le Général de division Oumar Diarra, a procédé, hier à la Polyclinique des Armées de Kati, à la pose de la première pièrre du laboratoire de dépistage de drogues pour les Forces de défense et de sécurité..

Lire aussi : Kayes : L’État apporte son soutien aux confessions religieuses et aux couches vulnérables

Le mois de Ramadan se déroule bien dans la Cité des rails et surtout dans un esprit de solidarité. Cette vertu cardinale de notre société a été encore concrétisée à Kayes dans le cadre de la 3è édition de l’opération «Sunkalo solidarité» du gouvernement à travers une remise de viv.

Lire aussi : Gao : Le site archéologique de Gao-Saneye fait l’objet de spéculation foncière

Le site archéologique de Gao-Saneye se situe à 8 km de la ville actuelle sur un ancien bras du fleuve Niger (vallée morte de Tilemsi). Il fut décrit au IXè siècle par les chroniqueurs arabes comme un important centre commercial où convergèrent beaucoup de routes commerciales..

Lire aussi : Koulikoro : C’est parti pour les activités de Sunkalo solidarité

Le gouverneur de la Région de Koulikoro, le Colonel Lamine Kapory Sanogo, a procédé, mardi dernier à la grande Mosquée de Koulikoroba, au lancement des activités de «Sunkalo solidarité» à travers une rupture collective de jeûne sous le thème: «Solidarité agissante des plus hautes auto.

Lire aussi : Rupture collective de jeûne : le Ministre Sy Savané dans la bonne tradition

La 3è édition de «Sunkalo Solidarité» se poursuit toujours. C’est dans cet esprit que le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a sacrifié à la tradition de rupture collective de jeûne avec les populations de la Commune I, mercredi dernier à Sotuba-village, en Commune.

Les articles de l'auteur

Uemoa : Ouverture de la 11ème session de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires

La 11ème session de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) au Mali se tient depuis hier dans un hôtel de Bamako..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié jeudi 26 février 2026 à 08:42

Pafeem : Des formateurs formés aux nouvelles techniques

La session de formation des formateurs consacrée aux techniques de facilitation de l’apprentissage organisée par le Projet de promotion de l’accès au financement, de l’entreprenariat et de l’emploi au Mali (Pafeem), sous l’égide du ministère de l’Économie et des Finances et en partenariat avec la Société financière internationale (SFI), a été clôturée, lundi dernier, dans les locaux du projet..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié vendredi 20 février 2026 à 08:38

Information géospatiale : Les acteurs se concertent sur le plan d’actions

Le Forum national d’appropriation du plan d’actions national pour une gestion intégrée de l’information géospatiale (Plan GIIG) se tient, depuis hier, dans un hôtel de Bamako. Objectif : renforcer l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes (administration, secteur privé et société civile) au document..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:48

Vocation d’enseigner : À l’épreuve des défis

Pour transmettre le goût d’enseigner, il est nécessaire de s’appesantir sur la formation rigoureuse des pédagogues et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Mais la reprise en main par l’État de la souveraineté éducative est aussi une exigence.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:44

Billets de banque neufs : Un marché au rythme des cérémonies

Dans ce business, les cambistes n’ont pas d’état d’âme. Les commissions prélevées dans les échanges de vieux billets en précieux «craquants» peuvent aller de 10 à 20 %. Par exemple pour échanger 100.000 Fcfa, le client peut perdre jusqu’à 20.000 Fcfa.

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mercredi 31 décembre 2025 à 08:52

Secteur semencier : L’Assema lance un plan pour fédérer les énergies

L’Association semencière du Mali (Assema) a officiellement lancé, hier à la Maison de la femme (rive droite), son Plan stratégique de plaidoyer 2026-2030. L’événement a rassemblé les parties prenantes pour favoriser le réseautage et les informer sur cette stratégie afin qu’elles s’en approprient..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié mardi 23 décembre 2025 à 08:20

Transformation agroalimentaire : Le CDA mise sur l’innovation et la formation pour 2026

Le Centre pour le développement du secteur agroalimentaire (CDA) a tenu, hier au ministère de l’Industrie et du Commerce, la 7è session ordinaire de son conseil d’administration. La réunion a été présidée par le chef de cabinet de ce département, Bréhima Féfé Koné, en présence du directeur général du CDA, Youssoufi Cissé..

Par Fatoumata Mory SIDIBE


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:03

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner