#Mali : Textile de Djenné et Bandiagara : Un art propre aux communautés peule et Dogon

Après deux ans d’intenses activités de recherche, de documentation et de sensibilisation, le projet de «Conservation, revitalisation et valorisation du textile au centre du Mali : cas des localités de Bandiagara et de Djenné» montre enfin ses résultats.

Publié dimanche 30 juin 2024 à 14:54
#Mali : Textile de Djenné et Bandiagara : Un art propre aux communautés peule et Dogon

 Les officiels  visitant les œuvres exposées au Musée national

 

C‘était lors d’une importante exposition dont le vernissage a eu lieu, vendredi dernier dans la salle polyvalente du Musée national.

Pour le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, présent à l’occasion, ce vernissage, aux allures singulières, met en lumière la beauté et la diversité du textile traditionnel des communautés dogon et peule et surtout un accent particulier sur le vivre ensemble. Les communautés de Bandiagara et de Djenné se sont rapprochées et appréciées, grâce à la réalisation des activités du projet, notamment l’organisation des festivités avec comme élément fédérateur le textile.

Le ministre Guindo a tenu à remercier le gouvernement américain à travers sa représentation à Bamako, mais aussi le peuple américain pour son soutien financier à travers le Fonds des ambassadeurs pour la préservation de la culture (AFCP). Un soutien de cette envergure mérite d’être salué à sa juste valeur. L’exposition intitulée : «Conservation, revitalisation et valorisation du textile au centre du Mali : cas des localités de Bandiagara et de Djenné» est destinée à faire voir le textile de ces différentes contrées, mais surtout à partager avec l’ensemble des communautés maliennes. 

Elle met l’accent sur les objets issus d’une série d’activités autour du textile traditionnel peulh et dogon comme le concours de tissage, de teinture «bogolan», de filage, d’identification des motifs sur le textile traditionnel et la typologie des tissus traditionnels dogons et peulhs.

Les perles, les bracelets, les colliers portés pendant les fêtes de réjouissance populaire montrent la richesse de la culture dogon et celle des peuls.

L’ambassadeur des états-Unis au Mali, Mme Rachna Korhonen estime que ce projet vise à «assurer la sauvegarde des traditions et pratiques liées aux textiles maliens», ainsi que le transfert de ces connaissances aux générations futures. Pour la diplomate américaine, ces traditionnels textiles maliens ont urgemment besoin d’être conservés, protégés et restaurés en vue d’éviter leur détérioration.

Les textiles traditionnels constituent un pont entre les civilisations et les peuples, favorisant le dialogue et l’échange. «Ils représentent un carrefour pertinent de dialogue interculturel», estime la  diplomate américaine. Elle ajoutera que la valorisation de ces textiles éclaire notre avenir commun. «Nous sommes donc fiers d’être ici ensemble, pour apporter notre contribution à cette œuvre utile.» Les textiles exposés appartiennent aux communautés peule et dogon. Il s’agit des pagnes teints à l’indigo avec des motifs riches et variés, tirés du terroir pour les dogons. Ceux de la communauté peule portent sur des pagnes et des tapis multicolores ayant un sens profond.

Il y a aussi dans cette exposition les tilibis, grands boubous de Djenné qui sont portés par les nobles pendant des cérémonies grandioses comme les mariages, les baptêmes, l’intronisation des chefs ou les jours de fête. Ces pagnes et tapis sont confectionnés par des tisserands dont les outils de travail ont été exposés. Il s’agit de la navette, de la bobine, du creux de la navette, de la broche, mais aussi du bobineur de canette, des enrouleurs, bobines et cônes, du porte-bobine, des pédales. Mais aussi du batteur, du métier à tisser, navette, chaîne du métier, trame des bandes de cotonnade, fils de tissage dur et tendre, quenouilles, cardes, coton égrainé et meules, etc.

Youssouf DOUMBIA

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