Année de la culture : Le plasticien Boubacar Doumbia désigné parrain du mois de juillet

Un artiste plasticien à la une : ainsi peut on dire du parrain de l’année de la culture pour ce mois de juillet. Pur produit de l'Institut national des arts (INA) de Bamako, Boubacar Doumbia est à l’initiative géniale de la création d’une entreprise d'artisanat à Pélengana (Commune rurale de du cercle de Ségou) en 1990.

Publié vendredi 04 juillet 2025 à 07:46
Année de la culture : Le plasticien Boubacar Doumbia désigné parrain du mois de juillet

Aujourd’hui, pour le centre Ndomo dont il s’agit, Artisanat d’art, patrimoine et architecture, aucun de ces domaines n'a plus de secret. Ce lieu d’excellence travaille pour la sauvegarde et l’innovation des techniques traditionnelles de teinture naturelle des ethnies du Manding. Il adapte les valeurs culturelles traditionnelles au fonctionnement d’une entreprise à caractère social, afin de créer de l’emploi pour les jeunes, en mettant l’accent sur la formation et le suivi.

Sorti de l'INA en 1978, Boubacar Doumbia est membre du célébre groupe d'artistes plasticiens, Kasobané, qui révolutionna cet art dans notre pays. Ses autres membres sont Kandioura Coulibaly, Klétigui Dembélé, Souleymane Goro, Baba Kéïta, Boubacar Doumbia, et Néné Thiam. Ils ont joué un rôle de premier plan dans la vulgarisation du bogolan comme technique de peinture. Boubacar a adapté les techniques traditionnelles de production textile pour créer un système d’apprentissage destiné aux jeunes en vue de leur insertion professionnelle. Son système commence par une période de formation, alliant le travail collectif avec d’autres jeunes apprentis, la production indépendante et la prise de décision individuelle.

Dans son projet pilote, le plasticien a adapté le modèle traditionnel de production textile et de décoration au 21è siècle. Sa formation de deux ans traite non seulement des différents styles et produits textiles comme le bogolon, mais aussi des qualités pour le travail, notamment la gestion financière et l’épargne.

L’initiative de Boubacar s’appelle "Ndomo" parce qu’elle repose sur les habitudes de travail Ndomo, c’est-à-dire qu’il combine responsabilité collective et individuelle, tout en apportant une touche de modernité. Dans son projet pilote, il allie l’esthétique à l’enseignement de la production et d’autres qualités d’entreprise comme les stratégies d’économie et la microfinance. Les apprentis commencent à gérer leurs propres comptes bancaires dès qu’ils commencent.

Outre la formation technique, il a vocation à accompagner les jeunes dans la vie en facilitant leur socialisation et en leur inculquant des valeurs de responsabilité, d’engagement personnel, de travail, mais aussi de solidarité dans le strict respect des valeurs de la société malienne, peut-on lire sur son site Internet. Travaillant pour la sauvegarde et l’innovation des techniques traditionnelles de teinture, le Centre propose à la clientèle des designs contemporains en bogolan, un tissu chatoyant aux motifs géométriques et en Basilan. Depuis l’enfance, Boubacar Doumbia avait un penchant pour l’art. Son topographe de père faisait des tableaux d’art. D’où son désir ardent de devenir artiste designer.


Drapé dans un magnifique boubou, bonnet vissé sur la tête, barbichette bien rangée  une petite moustache et le sourire éclatant, le plasticien a le verbe précis et l’ambition de la valorisation du «Made in Mali», chevillée au corps. Il y a presque trente ans, il s’est installé à Ségou comme représentant du Kasobane avec un show room et un atelier. Ses produits se vendent comme de petits pains. Mais, il ressent un besoin de formation et d’emploi pour les jeunes dans la cité des Balanzans. Il a imaginé alors un lieu de formation et de travail pour ces nombreux jeunes. D’où l’idée de l'entrepreneuriat social et la création du centre Ndomo, en référence à la société initiatique des Bambaras.

Dans nos sociétés traditionnelles, le travail de teinture est généralement réservé aux femmes. À travers les dessins et symboles, elles transmettent des messages de paix et de cohésion au sein de la communauté. Selon notre interlocuteur, il existe environ 17 symboles avec des noms et significations. La ligne droite reflète le chemin droit. Le point en cercle désigne une chose précieuse comme la famille et la ligne brisée décrit le chemin emprunté par une personne qui refuse de payer ses dettes.

ébranlés par la crise de 2012, de nombreux ateliers d’artisanat ont fermé. Le centre Ndomo a tenu le coup, parce que la structure fonctionne différemment des entreprises classiques. Il y a une répartition équitable des bénéfices entre les travailleurs. Le Ndomo fonctionne comme un marché, où il y a des artisans qui sont installés. S’il y a des commandes, ils travaillent collectivement et la marge bénéficiaire est repartie entre eux.

Youssouf DOUMBIA

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