Une scène représentant la période de l'âge d'or au Mali
Cette exposition, constituée d’œuvres et d’objets d’art de plusieurs périodes du Mali est une véritable merveille qui montre que notre pays est une terre bénie aux multiples richesses. Cet événement se poursuivra jusqu’en fin février prochain. Elle suscite un grand engouement en témoigne la présence d’une dizaine de membres du gouvernement dont le ministre chargé de la Culture, Mamou Daffé, au vernissage et les nombreux visiteurs anonymes.
L’or du Bourré, le sel de gemme de Taoudéni et de Bourem, le coton, le beurre de karité du Mandé et les produits de cueillette qu’on retrouve presque partout au Mali constituent de la matière pour l’artiste. Pour Abdou l’âge d’or, c’est l’histoire, le savoir-faire du Mali. «Ce n’est pas de l’or, mais quand on parle de l’âge d’or d’un pays c’est le moment où il a atteint une certaine apogée en termes de richesses et de prestige. Pendant cette période faste de notre pays, les autres nous ont envié et nous les avons attirés comme des mouches et des abeilles», explique l’artiste Pour Abdou ouloguem, le Mali c’est le Ghana, le Mandé, le Songhaï. Et d’exprimer sa volonté de montrer ce pays de savants, de grands hommes politiques, notamment l’empereur Kankou Moussa qui a transporté beaucoup d’ors à la Mecque pour son pèlerinage.
«Il y a trente ans, j’ai fait une exposition sur l’épopée mandingue dont les toiles sont faites de bogolan. J’ai jalousement gardé les œuvres en refusant de les vendre». Après avoir reçu une proposition d’exposition de la part du ministère chargé de la Culture, l’artiste a ressorti ces œuvres pour les exposer».
Ainsi donc cette exposition est un véritable patchwork d’œuvres sur l’histoire du Mali, des œuvres inspirées par l’âge d’or, mais aussi des objets issus de sa collection comme des poteries datant de plusieurs siècles. L’une des véritables attractions de cette exposition est le trône doré de Kankou Moussa. Il attire les visiteurs qui tiennent à se faire photographier sur ce siège royal. Des photos tirées en petit format, tout comme les billets de banque de plusieurs nationalités constituent différents «murs» ou des cimaises. Le constat de l’artiste est que l’argent change de couleur en fonction des pays d’origine. Mais, la couleur de sa principale référence qu’est l’or ne varie pas. Une référence est faite au travail de l’historien et anthropologue malien Youssouf Tata Cissé. Ce dernier a révélé les idéogrammes de la société secrète bambara, notamment le Komo. Ces idéogrammes permettent à l’homme de s’exprimer totalement ses idées et pensées ? Ils représentent notre écriture qui est plus vieille que l’alphabet arabe ou romain.
Selon Ismaël Diadié Haïdara, chercheur malien installé en Espagne, qui a produit le texte introductif de l’exposition, si Soujdata Keïta est fondateur du Mali et lui a donné la Charte du Kurukanfuga, reconnue par l’Unesco en 2009 comme la première Constitution du continent africain et l’une des premières au monde, Kankou Moussa par l’or, l’encre des savants et la pierre de ses architectes donna au Mali son plus grand rayonnement international. Il ressort de ses explications que c’est sous son règne que naquit la littérature écrite malienne au XIVᵉ siècle. À la même époque Pétrarque vivait en Italie, Geoffrey Chaucer connu pour les Contes de Canterbury en Angleterre, et Hafiz en terre perse. Et c’est encore par lui que les premiers manuscrits arabes commencèrent à circuler le long de la boucle du Niger.
Avec l’or, Kankou Moussa donna un essor nouveau au commerce transsaharien en ouvrant le Mali aux espaces économiques de l’Orient et de l’Occident musulmans. Ses largesses en or firent que la valeur de l’or s’échangea à 2 dhirhams pour 1 mithqal. La route de l’or en son temps se joignait à la route de l’argent européen qui passait par Séville, les routes germaines et Gênes pour rejoindre la route asiatique de la soie. La révolution urbaine prend son essor avec la construction des palais et des mosquées, de Gao et Tombouctou à Niani. En fait, après son pèlerinage, Mansa Moussa voulut amener avec lui des hommes doués dans les lettres et l’architecture afin de donner un nouveau visage à son empire. C’est ainsi qu’il revint de la Mecque avec le plus grand poète de langue arabe d’Andalousie, Abu Ishaq Es-Sahili (Granada 1290-Tombouctou 15 octobre 1346). Par cette volonté de renouveau, Kankou Moussa changera le visage des villes en les dotant de mosquées et de palais et par là même d’une représentation administrative qui permettra une gestion décentralisée de son vaste empire. Le chercheur malien insiste sur le fait que Kankou Moussa maintint des relations diplomatiques avec l’Orient et l’Occident. Il fut la plus grande de l’Afrique au XIVᵉ siècle.
Une exposition qui appelle aussi à des questionnements. Pour l’artiste, notre pays a connu des heures de gloire avec des richesses matérielles comme l’or, le sel gemme, et les produits de cueillette, mais aussi intellectuelles. Comment notre génération n’arrive pas à exploiter ces richesses ? Pourquoi nous ne profitons pas suffisamment de ce passé ? Quelles capacités devons-nous mettre en place pour nous réinventer afin d’assurer notre souveraineté ? Et de faire siens les propos d’un ancien président de la République qui aimait rappeler que «Nous fûmes quand beaucoup n’étaient pas».
Youssouf DOUMBIA
En reconnaissance de l’importance du rôle des légitimés traditionnelles dans la société et dans le souci de leur doter d’un espace dédié à la tenue de leurs activités, le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta a decidé d’offrir à chacune des régions adm.
Marquée par une série d’échanges entre les photographes, la journée a été un véritable champ de diagnostic et de propositions de relance du secteur.
Si certains photographes de première génération ont connu le succès sur le plan international, d’autres ont passé toute leur vie sans pour autant connaître le show-biz de l’art contemporain. C’est le cas de notre compatriote feu Souleymane Sarr, qui a consacré sa vie au service de la ph.
Profondément passionné par son art visuel, il y a déjà consacré des années pour l’illustration des articles de presse du Quotidien national (L’Essor) qui est un produit phare de l’Amap et à la préservation de la mémoire nationale.
On pourrait penser que rien ne prédestinait Seydou Camara à la photographie surtout avec son cursus scolaire, mais c’est s’y méprendre parce que ce natif de Ségou, la 4è région du Mali, avait la passion de la photographie chevillée au corps et depuis sa tendre enfance..
Dans le cadre de la Journée mondiale de la photographie que consacre le 19 août de chaque année, le directeur artistique de l’Association Yamarou photo a accordé une interview à L’Essor. Dans les lignes qui suivent, Seydou Camara traite de plusieurs aspects de la photographie contemporaine.