#Mali : Sikasso : Les déplacés sont les bienvenus

La ville accueille actuellement environ 1.500 déplacés internes qui vivent en parfaite communion avec la population locale

Publié dimanche 25 août 2024 à 18:32
#Mali : Sikasso : Les déplacés sont les bienvenus

Un groupe de déplacés causent chez Mme Konaté Mala Korobara, au quartier Médine

 

La crise multidimensionnelle que vit notre pays depuis 2012 a provoqué le déplacement de nombreuses populations. Ainsi, nombre de déplacés internes ont trouvé refuge dans la Cité verte du Kénédougou. Connus pour leur hospitalité légendaire, les Sikassois ont accueilli à bras ouverts ces compatriotes en situation de détresse.

Au nombre d’environ 1.500 personnes, ces déplacés internes (Peulhs, Dogons, Mossis, etc.) vivent en parfaite communion avec la population de la ville de Tiéba et Babemba Traoré. On les rencontre notamment dans le marché à bétail de Médine et dans les quartiers de Sirakoro, Médine, Attbougou, Lamine Bambala, Hamdallaye, Ziembougou et Babembabougou.

Ce mercredi 21 août, nous sommes dans l’un des fiefs des déplacés internes de Sikasso. Il s’agit du quartier Médine. La montre de la veuve, Mme Konaté Mala Korobara, affiche 15 h. Au beau milieu de sa cours, un groupe de personnes causent au tour du thé et profitent de la tranquillité. Ici, on sent tout simplement le bonheur du vivre ensemble.

Mala Korobara est la présidente de la Coordination des associations des victimes de Sikasso, Loulouni, Kadiolo et Zégoua. C’est également elle qui s’occupe volontairement de l’accueil d’un grand nombre de déplacés de la région. Quand les déplacés n’ont pas d’occupation, ils se retrouvent fréquemment chez elle pour discuter avec quelques voisins du quartier. 

Depuis près de 5 ans, Mala Korobara reçoit et accompagne les déplacés avec l’appui des autorités régionales. «En 2019, j’ai reçu 85 déplacés de Bankass et de Wankoro (Bandiagara).Très paniqués et visiblement désemparés, nombres d’entre eux ne possédaient que les habits qu’ils portaient. Des enfants à moitié nus…», rappelle-t-elle. Elle souligne l’appui multiforme, l’hospitalité et l’esprit du vivre ensemble des Sikassois.

Mala Korobara salue aussi les efforts de l’ensemble des autorités régionales ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG) opérant dans l’humanitaire pour leur soutien. «Grâce à leur engagement, l’éducation des enfants des personnes déplacées est assurée», confie-t-elle. De nos jours, elle s’occupe de près de 120 déplacés internes à Sikasso.  «Nous vivons en parfaite harmonie avec les Sikassois.

De notre arrivée à nos jours, la population ne nous a jamais marginalisés. Nous nous sommes bien intégrés», confie Bintou Konaté, visiblement satisfaite. Elle vient de Wankoro (Bandiagara). Adama Konaté est également venu de Bandiagara. Il partage le point de vue de Bintou. «À Sikasso, nous sommes chez nous», dit-il. Néanmoins, il sollicite l’appui des autorités pour trouver de l’emploi pour les jeunes déplacés internes et prolonger le délai de leur prise en charge sanitaire

 

INTÉGRATION SOCIO-ÉCONOMIQUE- En attendant, les autorités régionales multiplient les initiatives visant à créer des activités génératrices de revenus au profit de ces compatriotes rendus vulnérables. «Les déplacés sont des Maliens à part entière. Ils ont tout simplement changé de résidence par contrainte. Ils ne peuvent pas habiter là où ils veulent compte tenu de certaines circonstances.


Le Mali est vaste, les déplacés internes sont les bienvenus partout où ils vont», explique le secrétaire général de la mairie de la Commune urbaine de Sikasso, Koué Dioma.

Selon lui, à l’arrivée des déplacés internes, la mairie, à travers un appui de 400 millions de Fcfa de la Coopération suisse, a assuré les besoins urgents des déplacés dont la nourriture et les soins de santé. Tout dernièrement, le même partenaire a offert 80 millions de Fcfa aux déplacés internes. Ainsi, chaque chef de ménage a reçu un transfert monétaire par cash. La mairie a non seulement cherché des pièces d’identités pour leurs enfants mais elle a aussi assuré leur prise en charge sanitaire au niveau des Centres de santé communautaires (Cscom) de Médine et de Bougoula Hameau.

En termes d’intégration socio-économique, Koué Dioma informe que la mairie procédera, ce lundi 26 août, à la formation de 150 déplacés internes à Sikasso. La répartition sera faite comme suit : 50 personnes seront formées sur l’embouche-bovine, 50 autres personnes sur l’élevage des petits ruminants et 50 femmes sur la transformation des oignons.


À la fin de la formation d’une semaine, chaque participant recevra des équipements. Les participants de la section embouche-bovine recevront chacun un bœuf et des équipements, ceux de l’élevage des petits ruminants recevront un animal ainsi que des équipements et ceux de la section transformation de l’oignons bénéficieront de matériels de transformation. Ces animaux et équipements constituent des fonds de démarrage non remboursables.

Le secrétaire général de la mairie de la Commune urbaine de Sikasso assure que sa structure poursuivra la recherche de financement pour assurer la bonne intégration économique et sociale des déplacés internes. Et de saisir l’occasion pour remercier la population de Sikasso pour son hospitalité et son humanité, avant de l’encourager à persévérer dans cette dynamique.

C’est le service local du développement social qui s’occupe de l’enregistrement des déplacés internes, évalue leurs besoins et fait remonter ces informations au niveau régional. «Les déplacés internes se sont bien intégrés à la population de Sikasso», affirme le chargé de l’économie solidaire du service local du développement social, Issa Traoré.

Le Mali est un et indivisible. Il demeure une terre d’hospitalité. C’est dire que le Malien se sent chez lui partout où il va sur l’ensemble du territoire.                                                    

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

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