En prélude à la remise des clés de cette base onusienne, la dernière se
trouvant dans notre pays, le ministre des Affaires étrangères et de la
Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a eu, hier, une séance de travail
dans son département avec l’équipe de liquidation de la Minusma conduite par le
secrétaire général adjoint à l’appui opérationnel, Atul Khare.
À
l’entame de ses propos, le chef de la diplomatie malienne a fait savoir que le
calendrier qui a été fixé par le Conseil de sécurité des Nations-unies à
travers la résolution 2690 était assez contraignant. Mais les deux parties,
a-t-il rappelé, se sont mises ensemble
pour définir un plan et un chronogramme afin de gérer ce processus de
retrait de façon consensuelle. «Nous avons mis en place les équipes nécessaires
pour nous appuyer dans le processus de retrait qui était à la fois long et
complexe», a-t-il rappelé, ajoutant que l’environnement sécuritaire était
marqué aussi par des menaces asymétriques compliquées.
Notre
succès ne peut être que collectif, a insisté Abdoulaye Diop, soulignant qu’il
ne s’agissait pas pour l’État de gagner sur les Nations-unies ou inversement.
«Mais notre succès était de pouvoir exécuter ce plan en respectant le délai, à
la satisfaction générale et de faire en sorte que notre pays puisse tourner cette
page pour se consacrer à la réponse à donner aux besoins des Maliens», a-t-il
déclaré.
De l’avis du patron de la diplomatie malienne, ces besoins sont, entre autres,
la sécurité, le développement et l’assistance humanitaire. Il a rappelé
également que des sacrifices importants ont été consentis au cours des 10
dernières années tant par la Minusma que par le Mali.
Pour le ministre Diop, notre pays a changé de paradigme pour atteindre des objectifs nécessaires afin qu’il puisse prendre en main son destin. Le processus de retrait a été exécuté avec des difficultés, des ratés, mais l’objectif à ce niveau a été atteint, a-t-il dit.
Ensuite,
a poursuivi le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
internationale, «nous nous sommes embarqués dans le processus de liquidation
qui s’est passé dans les meilleures conditions que le processus de retrait». Il
a remercié les deux parties d’avoir raccourci cette phase de liquidation qui
était initialement prévue pour 18 mois. «Nous avons ramené à 1 an et que dans
cette année-là, nous serons en mesure demain de prendre possession du camp de
Bamako un mois avant la fin de ce délai», s’en est félicité Abdoulaye Diop.
Pour
sa part, le secrétaire général adjoint à l’appui opérationnel a jugé que la
liquidation est dans une bonne phase. Atul
Khare a affirmé que l’opération a débuté le 1er janvier dernier en pensant qu’elle durera jusqu’à la
fin du mois de juin 2025.
«Mais
avec la coopération et la détermination des Nations-unies et du gouvernement de
la Transition, demain nous rétrocèderons le dernier camp de la Minusma au
Mali», a souligné le diplomate onusien, tout en indiquant que cette emprise est
en état opérationnel pour d’éventuelles utilisations en faveur du peuple
malien. Selon lui, il y aura 53 personnes
qui resteront au sein de l’équipe pays dans la maison des Nations-unies
jusqu’au 15 décembre prochain. Atul Khare a fait savoir que la liquidation sur
place sera terminée avec le départ de
cette petite équipe restante de civils au plus tard le 31 décembre 2024.
Pour
lui, le mandat de la Minusma a pris fin déjà depuis le 30 juin 2023. «Minusma
n’est plus en exercice depuis cette date. Le Conseil de sécurité a donné six
mois pour le retrait des contingents», a précisé le diplomate onusien. C’est un
résultat, a-t-il salué, dont le gouvernement et les Nations-unies doivent être
fiers. Puisque c’est un succès partagé qui a été achevé par la coordination des
actions de coopération, s’est réjoui le chef de la délégation onusienne.
Ce dernier a indiqué que le Mali est membre des Nations-unies depuis son indépendance. «Nous étions engagés avec le Mali avant la Minusma à travers des agences, des fonds et des programmes», a fait remarquer Atul Khare, avant d’ajouter que «le nouveau cadre de coopération opérationnel entre le Mali et les Nations-unies soit défini le plus tôt possible». «Nous essayerons d’obtenir des financements pour des actions prioritaires de la Transition. Notre devoir, c’est de marcher pas à pas dans la direction, la vision et les priorités qui seront fixées par les autorités maliennes», a-t-il souligné.
Namory KOUYATE
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