#Mali : #Élevage : Une stratégie pour stabiliser et sécuriser le bétail

Ce plan, s’il est validé, s’étalera sur une période de 10 ans. Il instaurera les meilleures conditions pour un élevage performant, industrialisé en connexion avec la commercialisation et la consommation intérieure et extérieure du Mali

Publié lundi 22 juillet 2024 à 14:51
#Mali : #Élevage : Une stratégie pour stabiliser et sécuriser le bétail

Cette vision est étayée par quatre axes stratégiques


L’année dernière, 327.427 bovins, 192.340 petits ruminants et 4.311 asins du Mali ont traversé la frontière pour la Guinée, 9.000 bovins et 1.890 petits ruminants ont transhumé en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Ces chiffres ont été révélés vendredi dernier par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de l’atelier de validation de la Stratégie nationale pour la stabilisation et la sécurisation du bétail malien. Quatre autres membres du gouvernement et le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Sanoussi Bouya Sylla, ont pris part à cet événement organisé dans un hôtel de la place.


L’élevage est un pilier important de l’économie nationale. Le bétail est le troisième produit d’exportation après l’or et le coton. Le sous-secteur de l’élevage a connu une croissance de 4,1% en 2023 contre 3,8% en 2022. Il contribue à près de 40% au produit intérieur brut (PIB).
Selon le ministre Youba Ba, il existe trois systèmes d’élevage au Mali, à savoir les systèmes pastoral, agropastoral et semi-intensif. Ces systèmes d’élevage se caractérisent par la mobilité du bétail et l’interdépendance entre le Sahel et les pays côtiers. À cause du déficit croissant des ressources pastorales dans la zone sahélienne, la mobilité transfrontalière apparaissait comme une nécessité pour permettre aux animaux de poursuivre leur cycle de croissance en allant périodiquement pâturer dans les pays côtiers qui recèlent d’importantes ressources fourragères herbacées et ligneuses.


La pratique de la transhumance séculaire permet d’exploiter les complémentarités écologiques entre les zones semi-arides du Nord et les régions humides situées au sud. Mais aussi de tirer profit des opportunités de valorisation commerciale du bétail sur des marchés caractérisés par une forte demande. Cependant, a déploré le ministre Youba Ba, cette mobilité pastorale est confrontée au cours de ces dernières années à des facteurs de vulnérabilité, notamment le changement climatique, l’augmentation de la pression foncière, le processus de privatisation des ressources communes et l’insécurité récurrente. Face à cette situation préoccupante, le président de la Transition a instruit le département de l’Élevage et de la Pêche de prendre des mesures diligentes pour lever cette contrainte majeure du sous-secteur élevage.


Pour Youba Ba, la vision à travers le plan stratégique qui s’inscrit dans le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (Credd) et celui Stratégique de refondation de l’État (CSRE) est qu’à l’horizon 2033, le cheptel transhumant malien soit stabilisé et sécurisé sur des espaces aménagés avec une production optimale. Cette vision est étayée par quatre axes stratégiques qui concernent l’aménagement et la gestion des ressources pastorales, la promotion des cultures fourragères, l’amélioration de la contribution du bétail à la création de richesses et d’emplois et le renforcement des mécanismes de suivi et des mesures d’accompagnement. Youba Ba a précisé que le Plan stratégique de stabilisation et de sécurisation du bétail malien s’étalera sur une période de 10 ans.


Il instaurera les meilleures conditions pour un élevage performant, industrialisé en connexion avec la commercialisation et la consommation intérieure et extérieure du Mali.
Sanoussi Bouya Sylla ajoutera qu’il s’agit de stabiliser et de sécuriser le bétail dans nos frontières. «C’est un changement de paradigme qu’on doit faire, parce que depuis la nuit des temps, on a des bétails transhumants qui se déplacent pour aller brouter dans les pays frontaliers.
 Aujourd’hui, il faut travailler à ce que l’herbe et l’eau soient disponibles partout au Mali», a déclaré le président de l’Apcam. Et de préciser qu’il s’agit d’une vision globale qui prend également en compte la transformation de viande, du lait, la culture fourragère et la création d’emplois pour les jeunes et les femmes. «Si cette stratégie réussit, nous aurons un bétail qui va augmenter sa production et sa part dans le PIB», a-t-il conclu.

NFamoro KEITA

Lire aussi : Kayes : La DRCC, la sentinelle qui veille sur les affaires

La direction régionale du commerce, de la consommation et de la concurrence s’est investie pour assurer un approvisionnement régulier de la Cité des rails en produits de grande consommation; notamment les hydrocarbures. Elle a permis aux opérateurs économiques de renforcer leur résilience.

Lire aussi : Économie numérique : Le filet de sécurité des entreprises face aux crises

Dans un contexte marqué par les crises sécuritaire, énergétique et économique, le numérique offre aux entreprises maliennes de nouvelles capacités d’adaptation pour maintenir leurs activités et préparer l’avenir.

Lire aussi : Engrais subventionnés : Le pari de la productivité

Produire sans électricité stable, acheminer les marchandises sur des axes à risques et sécuriser des approvisionnements fragilisés par les aléas climatiques. Pour les entreprises maliennes, la résilience n’est plus un choix. C’est une bataille quotidienne pour rester debout.

Lire aussi : Énergie, sécurité, climat : Le triptyque qui met le privé à rude épreuve

Produire sans électricité stable, acheminer les marchandises sur des axes à risques et sécuriser des approvisionnements fragilisés par les aléas climatiques. Pour les entreprises maliennes, la résilience n’est plus un choix. C’est une bataille quotidienne pour rester debout.

Lire aussi : Sécurité alimentaire : Le Commissariat à la sécurité alimentaire consolide ses réponses face aux crises

En cinq ans, le Commissariat à la sécurité alimentaire a distribué plus de 135.000 tonnes de céréales et développé des actions de résilience. Son défi : renforcer les stocks et réduire durablement la vulnérabilité des populations.

Lire aussi : Entreprises maliennes : La bataille de la résilience

Face aux crises à répétition, les entreprises maliennes doivent constamment se réinventer pour préserver leur activité et leur compétitivité. Maîtrise des charges, diversification, innovation et accès au financement deviennent ainsi les clés de leur résilience.

Les articles de l'auteur

Fertilisation des terres agricoles : 1.000 tonnes d’espoir pour les producteurs

Le Royaume du Maroc a offert une importante quantité d’engrais DAP au Mali pour soutenir les paysans et renforcer la fertilité des sols. Un geste de solidarité qui vient appuyer les efforts du gouvernement en faveur de la sécurité alimentaire.

Par NFamoro KEITA


Publié jeudi 03 septembre 2026 à 08:49

Semaine du numérique : L’AES à la conquête de sa souveraineté numérique

Maîtriser ses données, contrôler ses infrastructures, choisir ses technologies : pour les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la souveraineté numérique apparaît désormais comme un enjeu de puissance, d’indépendance et de sécurité. C’est autour de cette problématique que s’est tenu, hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le premier Keynote de la 4è édition de la Semaine du numérique.

Par NFamoro KEITA


Publié mercredi 29 juillet 2026 à 08:33

Semaine du numérique : L’AES à la conquête de sa souveraineté numérique

Maîtriser ses données, contrôler ses infrastructures, choisir ses technologies : pour les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la souveraineté numérique apparaît désormais comme un enjeu de puissance, d’indépendance et de sécurité. C’est autour de cette problématique que s’est tenu, ce mardi 28 juillet 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le premier Keynote de la 4è édition de la Semaine du numérique.

Par NFamoro KEITA


Publié mardi 28 juillet 2026 à 20:08

Emploi et formation : L’Onef engrange des résultats reluisants

L’Observatoire national de l’emploi et de la formation (Onef) a tenu, hier dans ses locaux, la 20è session ordinaire de son conseil d’administration. L’ouverture des travaux a été présidée par la ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck. C’était en présence du directeur général de l’Onef, Boubacar Diallo..

Par NFamoro KEITA


Publié vendredi 24 juillet 2026 à 12:10

Diaspora malienne : La CCIM crée une commission pour susciter l’investissement

Permettre à la diaspora d’investir au pays afin de créer des emplois et contribuer au développement des communautés. C’est le but de la « Commission pour la promotion des investissements des Maliens établis à l’Extérieur », créée par la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM)..

Par NFamoro KEITA


Publié lundi 20 juillet 2026 à 09:28

Approvisionnement en aliments bétail : Le quotidien des fourragers

Chaque jour, ils parcourent plusieurs dizaines de kilomètres pour approvisionner Bamako en fourrages destinés au bétail. Malgré les risques du métier, les fourragers se battent chaque jour pour assurer la pitance pour leurs familles et contribuer à la chaîne de valeur de l’élevage.

Par NFamoro KEITA


Publié jeudi 16 juillet 2026 à 09:07

ORTM : Le pari de la relance

L'Office de radio et télévision du Mali (ORTM) amorce une nouvelle étape de son redressement. Réunis hier en retraite dans un hôtel de la place, les responsables de l'Office ont élaboré une feuille de route destinée à impulser une transformation durable de l'entreprise publique..

Par NFamoro KEITA


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:40

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner