Conférence sociale : Explication de textes sur la création et l’organisation des syndicats

Au cours des débats en atelier hier, le directeur national du travail, Dr Fassoun Coulibaly, a donné des précisions sur les conditions de mise en place et de fonctionnement des organisations syndicales. Il a insisté sur le droit des travailleurs à s’organiser pour défendre leurs intérêts matériels et moraux

Publié mercredi 19 octobre 2022 à 05:35
Conférence sociale : Explication de textes sur la création et l’organisation des syndicats

 La ministre en charge du Dialogue social et le directeur du Bureau pays de l’OIT participent aux travaux

 

Démarrés lundi dernier, les travaux de la Conférence sociale se poursuivent au Centre international de conférences de Bamako. Les débats d’hier portaient sur les trois thématiques de la rencontre, à savoir le dialogue social, la gestion des carrières et la politique de rémunération, ainsi que la liberté syndicale. Les participants ont été répartis en trois groupes pour échanger sur ces thématiques.


Cela, à la faveur des ateliers animés par les experts ayant répondu à l’invitation. Notre équipe de reportage s’est intéressée à la question portant sur la création et l’organisation des syndicats, l’un des sous thèmes de la thématique : la liberté syndicale.

Ce thème a été présenté par le directeur national du travail, Dr Fassoun Coulibaly à l’endroit du groupe I composé de syndicalistes, d’administrateurs des services publics et des promoteurs d’entreprise.

Le directeur national  du travail a abordé les points liés à la régulation de la création des organisations syndicales des travailleurs, l’organisation des structures syndicales au niveau hiérarchique et leur représentativité.

Les travailleurs d’une entreprise, a-t-il précisé, doivent être au nombre de onze personnes pour avoir la possibilité de créer un comité syndical. à défaut, le personnel peut s’organiser pour poser les revendications auprès de l’employeur.

Dans son intervention, la spécialiste principale des activités pour les travailleurs au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), Kattia Paredes Moreno, a indiqué que le syndicalisme doit être celui de propositions de solutions aux préoccupations des travailleurs et de revendications des droits. Elle a aussi indiqué que la représentativité qualitative des syndicats est fondamentale pour le bon fonctionnement du dialogue social.

L’experte de l’OIT a déploré la création abondante des syndicats qui divise la voix des travailleurs et compromet l’unité d’action dont un syndicat a besoin. Elle a invité les organisations syndicales à donner la voix  aux travailleurs de l’économie informelle.

Les participants à cet atelier ont relevé plusieurs préoccupations telles que l’ingérence des employeurs dans la mise en place des comités syndicaux à travers les licenciements, les conditions de la retenue sur le salaire et le droit de tous les travailleurs d’appartenir à un syndicat. Parmi celles-ci, le retard dans la tenue des élections professionnelles, la nuance entre les statuts particulier et autonome.

En réponse à ces questions, le directeur national du travail a expliqué que le statut autonome trouve sa source dans la constitution qui attribue un statut au corps militaire et à la justice. Selon lui, les statuts particuliers sont des dispositions qui complètent le statut général. C’est sur la base des pressions syndicales, a-t-il argumenté, qu’il y a eu d’autres statuts autonomes en dehors de ce que la législation prévoit.

Pour Dr Fassoun Coulibaly, les employeurs ne doivent pas s’ingérer dans la création d’un syndicat. Cette dérive résulte, selon lui, de la méconnaissance des textes. Pour y remédier, il a proposé la formation des employeurs sur les textes.

Par ailleurs, le directeur national du travail a estimé que le retard de l’organisation des élections professionnelles est dû à des problèmes liés au seuil de représentativité syndicale. Il a rassuré les participants que les recommandations de cet atelier permettront de mettre fin au désordre dans le monde du travail.

Notre pays compte quatre centrales syndicales à savoir l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) créée en 1963, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) en 1997, la Confédération malienne du travail (CMT) en 2006, la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) en 2014. En plus de ces centrales, il existe aussi 25 syndicats non affiliés.


Mohamed DIAWARA

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