circulation à compter de ce 29 janvier. Dans cette interview, le colonel Mamadou Sougouna, conseiller technique au ministère de la Sécurité et de la Protection civile apporte des éclairages utiles sur le sujet et appelle les populations à la sérénité
L’Essor :
Pourquoi exactement la date du 29 janvier pour la disponibilité des passeports
AES ?
Colonel Mamadou Sougouna : Quand nos Chefs d'État ont décidé de sortir de la Cedeao, c’était sans délai. À partir de cette date, nous étions prêts à mettre à disposition les passeports AES. Mais la Cedeao, dans sa réaction, a mis en avant les dispositions du traité l’instituant, qui impose à un État membre désireux de quitter l’organisation, d’observer un délai d’un an. C’est pourquoi, nous n’avons pas mis les passeports automatiquement en circulation. Tout juste pour ne pas créer d’amalgame, nous avons décidé d’attendre le 29 janvier, considéré par la Cedeao elle-même comme la date de sortie officielle des États de l’AES.
L’Essor :
Quelles sont les conditions d’acquisition des passeports AES ?
Colonel Mamadou Sougouna : À ce niveau, les conditions ne changent pas. Il s’agit des mêmes conditions à satisfaire pour l’obtention des passeports précédents. C'est-à-dire, exactement les mêmes pièces à fournir, au même endroit (Police des frontières), dans les conditions habituelles, aux mêmes coûts et avec les mêmes délais de livraison.
L'Essor :
Est-il possible pour un ressortissant de l’AES d’utiliser les deux passeports à
la fois ?
Colonel Mamadou Sougouna : Il y a des dispositions réglementaires qui encadrent la délivrance du passeport. Selon ces orientations, un citoyen ne peut détenir deux passeports en même temps sauf dispositions exceptionnelles. Donc, lorsque vous demandez un passeport AES, vous renoncez à votre passeport Cedeao qui sera annulé au profit de celui de la Confédération, conformément à la réglementation et au protocole en la matière. D’ailleurs, le Président de la Confédération, le Général d’armée Assimi Goïta, l’a rappelé dans son communiqué du 23 janvier, relatif à la mise en circulation des nouveaux documents de voyage.
L’Essor :
Y a-t-il des demandes déjà enregistrées pour le passeport AES à ce jour ?
Colonel Mamadou Sougouna : C’est à partir du mercredi 29 janvier (aujourd’hui, NDLR) que les enregistrements seront ouverts pour les demandeurs du passeport AES. Donc pour l’instant, il n’y a pas de demandes enregistrées. Mais les dispositions nécessaires sont prises à cet effet.
L’Essor :
De façon concrète, quels peuvent être les avantages de ce retrait sur la vie
des populations de l’AES; surtout dans le cadre de la libre circulation des
personnes et des biens ?
Colonel Mamadou Sougouna : Au-delà de l’aspect communautaire, le passeport AES est d’abord un document national. Lorsqu’un État émet un passeport, il y a des conditions à remplir. Les différents pays de la Confédération ont déjà rempli toutes ces formalités. Que cela soit au niveau de l’Organisation internationale de l'aviation civile (OACI), comme celui des pays tiers notamment les missions diplomatiques et consulaires accréditées auprès des pays membres de l’AES. Idem pour les représentations diplomatiques de nos pays à l’étranger. Donc, toutes les formalités ont été accomplies pour certifier la validité du passeport AES. Donc, il n’y a pas d’inquiétude à ce niveau.
L'Essor :
Quel message d’assurance avez-vous à l’endroit des populations de l’AES dont
certaines affichent des inquiétudes face aux impacts négatifs éventuels de ce
divorce d’avec la Cedeao ?
Colonel Mamadou Sougouna : À ce propos, j’invite nos compatriotes à la sérénité en ajoutant ma voix à celle du Président de la Confédération qui, dans son communiqué, a rassuré que toutes les dispositions sont prises pour assurer la libre circulation des personnes et des biens, dans l’espace communautaire. Nous demandons aux usagers de garder leur calme et de se souvenir qu’avant tout, chaque pays a le droit de changer son passeport quand il le souhaite. C’est ainsi qu’en 2016, le Mali est passé du passeport non biométrique au passeport biométrique sans encombre.
De la même
façon, chaque pays peut souverainement décider pour une raison ou une autre, de
changer son passeport, tout en restant conforme aux réglementations internationales.
C'est bien le cas pour le passeport AES dans les trois pays.
C’est dans
cette dynamique que le collège des Chefs d’État de l’organisation, à travers un
communiqué en date du 15 décembre 2024, a annoncé que l’AES n’imposera pas de
visa ou d’autres restrictions particulières aux ressortissants de la Cedeao
désirant se rendre dans notre espace. Ainsi, ces derniers peuvent vaquer à
leurs occupations, circuler librement dans notre espace, y résider et même
s’établir sans autre forme de formalité. Nous espérons que ce serait le cas
inversement pour les citoyens de l’AES.
Il est vrai que nous ne pouvons pas décider à la place des autres. Mais nous pensons que les peuples sont plus anciens que les États. Donc, pour la libre circulation des populations et de leurs biens, rien ne vaut l’apaisement et les dispositions consensuelles. S’il devait en être autrement, les autorités de l’AES tireront les enseignements et prendront les mesures qui s’imposent réciproquement.
Propos recueillis par
Aboubacar TRAORE
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