Spécial 22 septembre 2025, Secteur minier : L’État maximise ses revenus

Les réformes initiées ces dernières années ont permis à l’État malien de renforcer sa présence et ses revenus dans ce secteur névralgique du développement économique de notre pays. Ainsi, la participation de l’État dans les capitales des sociétés minières a augmenté de 20% habituel à 30% pour et 5% pour les privés nationaux, soit un total de 35% pour le pays

Publié vendredi 19 septembre 2025 à 21:44
Spécial 22 septembre 2025, Secteur minier : L’État maximise ses revenus

La mine de lithium de Goulamina (Région de Bougouni) a inaugurée le 15 décembre 2024 par le Président Goïta

La réforme du code minier de 2022 a permis d’équilibrer les rapports entre l’État du Mali et les investisseurs. Du démarrage de l’activité minière jusque à cette réforme, les différentes études avaient montré que le partage de la rente minière était très déséquilibré. C’est partant de ce constat que les autorités du pays ont jugé nécessaire de revoir notre législation minière, en y mettant des dispositions permettant d’établir un équilibre entre toutes les parties prenantes. Pour en savoir davantage sur les innovations, notre équipe de reportage a rencontré Lassana Guindo, conseiller technique chargé de l’exploitation minière au ministère des Mines.

«C’est un code qui permettra que l’activité minière s’exerce au profit de toutes les parties prenantes. L’État va gagner sa part, l’investisseur aussi. Et sans que cela ne nuise à l’exécution normale du projet», explique notre interlocuteur. Selon ce dernier, des innovations ont été apportées pendant la relecture du code minier de 2022. L’une de ses innovations est ce que le législateur appelle « code de développement», qui permet d’abord la pleine implication de l’État dans le secteur minier. En effet, la politique minière limitait le rôle de l’État à la mise en place des informations fondamentales et à la régulation du secteur.

Le rôle de l’État dans l’activité minière, nouveau code minier, va au-delà d’une simple régulation. « Rien ne peut se passer aujourd’hui dans le secteur minier sans l’accord de l’État. Le droit de préemption de l’État qui a été très renforcé. C’est une forte innovation. De plus, nous avons mis dans ce code la notion de substances stratégiques. L’or et le lithium sont classés dans notre législation comme des substances stratégiques», développe le conseiller technique, précisant que ces types de substances ont une taxation différente des autres substances. Également, ajoute Lassana Guindo, cinq fonds miniers ont été créés par le nouveau code minier. Il s’agit des fonds miniers de développement local abondé sur le chiffre d’affaires des sociétés minières, d’infrastructures énergétiques, hydrauliques et routières (ce qui n’a jamais existé), celui de renforcement des capacités des agents de l’administration minière et le fonds dédié à la recherche.

Et compte tenu du niveau aujourd’hui de l’activité artisanale, notamment l’orpaillage, un fonds pour prendre en charge les méfaits, c’est-à-dire les écarts environnementaux qui sont causés, a été créé . Mieux, les niveaux de taxes ont été revus à la hausse, conformément à la législation de la sous-région. «Nous avons vu qu’on pouvait rehausser le niveau de taxation, sans que cela ne nuise à l’activité», souligne notre interlocuteur.

Parlant des acquis du nouveau code minier, Lassana Guindo  indique que les sociétés minières participaient déjà à des actions de développement communautaire de façon volontariste. Chaque société dans le cadre de ses activités a des plans de développement communautaire. Il s’agit des constructions d’infrastructures routières, scolaires et sanitaires. «La réforme opérée dans le secteur minier permettra de maximiser les revenus de l’État. La participation de l’État dans les capitales des sociétés a augmenté. Nous avons évolué de 20% habituel à 30% pour l’État et 5% pour les privés nationaux, soit un total de 35% pour le pays», soutient Lassana Guindo. De son analyse, pour des projets bien rentables, l’État pourra engager davantage de revenus et mieux contrôler également les sociétés. Un grand avantage pour l’État, selon le technicien qui assure que des mesures sont prises pour une meilleure gouvernance du secteur minier.

Babba COULIBALY

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