Semaine nationale de la réconciliation : Occasion d’appropriation du processus de paix par les communautés

La célébration de cette période a pour objet de promouvoir la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble. Les organisateurs de la première édition promettent de corriger les insuffisances constatées pour un meilleur raffermissement des relations sociales

Publié mardi 04 octobre 2022 à 05:40
Semaine nationale de la réconciliation : Occasion d’appropriation du processus de paix par les communautés

La Semaine participe d’un esprit de promotion des valeurs fondatrices de notre société

 

«C’est une très bonne initiative, car elle peut être un facteur d’appropriation du processus de paix par les communautés». Ces propos viennent de Marcelin Guenguéré, membre de l’association Gina Dogon. Comme lui, nombreux sont nos compatriotes qui ont apprécié l’initiative de la Senare, dont l’objectif général est de restaurer la paix, de renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble.

Cette Semaine arrive à un moment où notre pays, depuis 2012, est confronté à une crise multidimensionnelle qui a sérieusement affecté le tissu social et bouleversé la cohabitation pacifique séculaire. Ainsi, les valeurs cardinales telles que le cousinage, le pardon mutuel et le vivre ensemble qui étaient des vertus cèdent peu à peu place à la méfiance et au mépris.

Cependant, face à cette situation de nature à compromettre la cohésion sociale, les pouvoirs publics ont initié de nombreux mécanismes de résolution des crises d’où l’institution de la Senare, demandée par les Maliens lors de la Conférence d’entente nationale, tenue il y a quelques années. Cette volonté a été traduite par les dispositions de la Loi d’entente nationale à partir de laquelle l’arrêté n°2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 fixant la période allant du 15 au 21 septembre de chaque année comme Senare a été pris.

Cette Semaine participe d’un esprit de promotion des valeurs fondatrices de notre vie sociale, notamment la solidarité, l’humilité et le pardon. En instituant la Senare, les autorités de la Transition donnent sans doute un écho favorable à une volonté du peuple, dont la finalité est de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux.

La Semaine constitue ainsi une aubaine pour «chasser les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement, facteur d’épanouissement collectif». Elle offre également une opportunité de mobiliser tout le peuple malien de l’intérieur comme de l’extérieur autour du vivre ensemble et de la stabilité du pays. Moment de communion, d’échanges, d’évaluation et de prospection, la Senare pourra, à travers les activités programmées et les thèmes débattus, jouer en outre un rôle de système d’alerte pour prévenir et atténuer toutes formes de chocs susceptibles de fissurer le tissu social.

En promouvant le dialogue sincère, facteur du pardon et de cohésion, «nous ne faisons que revenir aux valeurs fondamentales que nous ont léguées nos aïeux». Cela est d’autant plus important que les différentes initiatives prises par les autorités de la Transition s’inscrivent dans la droite ligne de la préservation des fondements de notre Nation, mise à rude épreuve par les réalités du moment.

Face à la flambée de la violence sur fond d’actions malsaines orchestrées par des aventuriers décidés à compromettre, par la discorde, la stabilité de notre pays, il est nécessaire d’envisager des solutions innovantes, à même d’obtenir l’adhésion des communautés, le plus souvent «instrumentalisées» dans des conflits, dont elles ignorent les vraies raisons. Mais aussi à poursuivre avec abnégation les actions prévues dans la Stratégie nationale de la réconciliation et son schéma directeur a préconisé le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta lors du lancement de la 1ère édition de la Semaine.

 

AMÉLIORER LES PROCHAINES ÉDITIONS-Toutefois, Marcelin Guenguéré pense que l’initiative de la Semaine doit être améliorée dans les prochaines éditions. Appuyant ses propos, l’ancien député pointe du doigt le «manque d’implication des communautés à la base». «Il y a eu plus de communication au niveau national que local», regrette-t-il. Toutefois, ajoute le responsable de Gina Dogon, il est clair que «si la Semaine est bien organisée, la paix et la réconciliation seront une réalité».

De son côté, le président de l’association Tabital Pulaaku remercie les autorités pour cette initiative. D’après Abou Sow, aujourd’hui, notre pays a besoin de la réconciliation des esprits, des cœurs et de tous les Maliens. Pour lui, le Mali est une nation : un pays dont les habitants forment une seule entité sociale. De chaque coin du pays à l’autre, les populations se connaissent et ont entre elles des liens historiques et socio-culturels. D’après le premier responsable de Tabital Pulaaku, quelle que soit la gravité de la crise, ces liens finissent par prédominer. Dans le prolongement de la 1ère édition de la Semaine, Abou Sow dira que l’association organisera, le 23 octobre prochain, un meeting dont l’objectif est la réconciliation, la refondation et la stabilisation de notre pays.

«Quand il y a crise, il faut d’abord se parler. Le fait d’avoir organisé cette Semaine, ça a été un déclic. Les gens se parlent et vont continuer à se parler. Du coup, le syndrome de méfiance va être progressivement entamé au point de disparaître. Et finalement, nous allons parvenir aux résultats escomptés, à savoir la réconciliation», se félicite Abou Sow. Pour lui, la réconciliation est un ensemble de comportements : il faut s’abstenir de tenir des propos diffamatoires et inflammatoires, de poser certains actes et savoir pardonner et oublier. 

Pour sa part, le président de la commission d’organisation, par ailleurs secrétaire général du département en charge de la Réconciliation, Sidy Camara affirme que la 1ère édition de la Senare s’est bien déroulée. Reconnaissant qu’il y a des choses à parfaire pour les prochaines rencontres, il soutient, néanmoins, que dans l’essentiel, cette édition a été une réussite. D’après lui, sur les 24 activités prévues, ce sont seulement deux qui n’ont pu être réalisées, soit un taux de réalisation de plus de 90%.


Ces activités sont, notamment celles sportives et les actions de solidarité (don de sang, don de céréales et de kits aux déplacés internes). S’y ajoutent les activités religieuses. «Nous avons été impressionnés par la force des messages que les religieux ont passés auprès de l’opinion pour prouver que le Mali n’est qu’un et qu’on n’a pas d’autres intérêts que la paix. Ils ont également fait savoir que notre ennemi est la fissure du tissu social», raconte le président de la commission d’organisation. Annonçant qu’à la rentrée scolaire, une activité de sensibilisation sur des questions de paix, de cohésion sociale et de réconciliation est prévue dans les écoles. 

Sidy Camara souligne, par ailleurs, que les communautés de base ont été associées à ces activités. «Ce qu’on peut regretter, c’est la non implication des autorités communales. Cela n’est pas forcément de leur faute ou responsabilités. Je crois que cette situation fait partie des points à améliorer dans les Semaines prochaines.


Sinon, nous avons associé les communautés de base et les parties à conflits», explique-t-il. Étayant ses propos, le président de la commission d’organisation informe qu’ils ont réussi à mettre ensemble les Khassonkés, les Soninkés, les Touaregs, les Arabes, les Bobos, les Peuls et les Dogons dans une seule entité au niveau du Palais des sports. «Ils se sont tous mobilisés et ont même élu des quartiers généraux au cours de cette rencontre pour que l’on sente la diversité dans la salle», se réjouit Sidy Camara. Il garde bon espoir pour la réconciliation des Maliens.

Toutefois, précise-t-il, il faut se garder de juger le niveau de réconciliation des Maliens à la suite de la 1ère édition. Pour lui, la Semaine est un cadre de rappel et de sensibilisation pour que nos compatriotes sachent qu’il y a encore des difficultés en matière de vivre ensemble. Et ce, afin d’y trouver des solutions idoines.



Conduite de la Transition : Le soutien assuré de GPS

L’association Générations et peuples solidaires (GPS-Kéyéréyé) réaffirme son soutien total aux autorités de la Transition pour la réussite du processus. L’annonce a été faite, dimanche dernier, par les responsables de l’organisation lors de l’inauguration de leur siège national, sis à Sokorodji en Commune VI du District de Bamako. L’événement a été présidé par le président de GPS, Cheickna Keïta en présence des représentants des partis politiques ainsi que des leaders religieux et coutumiers.

Cette rencontre intervient dans un contexte où notre pays fait face à une pression internationale du fait de son choix stratégique dans la lutte contre le terrorisme et de la réaffirmation de sa souveraineté. À ce propos, le président de GPS s’est dit persuadé que «nous pouvons relever le défi de la renaissance et de la restauration de la dignité du peuple dont le processus est dignement porté par les autorités de la Transition».


Pour Cheickna Keïta, cela passe incontestablement par la désignation de dirigeants crédibles et honnêtes, choisis à la suite d’élections libres, justes, crédibles, transparentes et ouvertes à tous. Ainsi, il a exhorté les autorités de la Transition, qui ont déjà lancé le processus, à œuvrer davantage dans ce sens.

 «Le GPS mettra tout en œuvre afin d’entretenir cet élan de redressement entamé par cette Transition pour la renaissance du Mali en vue de pérenniser les acquis pour plus de souveraineté nationale», a exprimé Cheickna Keïta. Avant d’inviter l’ensemble des forces patriotiques dans notre pays à se retrouver et se rassembler afin de construire les voies appropriées pour le renouveau et le développement de notre pays.


Il a, par ailleurs, annoncé que l’association participera, de façon directe ou indirecte, aux futures échéances électorales. Créé en août dernier, le GPS existe dans une trentaine de localités du Mali et une vingtaine de pays, selon ses responsables. L’objectif général de cette organisation est de contribuer à la renaissance du Mali à travers le rassemblement sans exclusive.

Bembablin DOUMBIA

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