Abba Ibrahim (d) a mis fin à quatre ans de règne de Kadri Abdou dit Issaka Issaka
Environ 15.000 spectateurs ont
effectué le déplacement pour être témoin du choc entre deux géants de la lutte
traditionnelle nigérienne : Kadri Abdou «Issaka Issaka» de Dosso et Abba
Ibrahim de Niamey. Dans la loge officielle, il
y avait plusieurs personnalités, dont le Premier ministre, le Général de
division Abdoulaye Maïga et ses homologues du Niger Ali Mahaman Lamine Zeine et
du Burkina Faso Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Le local Kadri Abdou «Issaka
Issaka était le grand favori de cette 45è édition de Sabre national kokowa et
les supporters de Dosso n’avaient d’yeux que pour lui.
Tous ou presque étaient
convaincus que leur protégé allait gagner et offrir le trophée aux invités de
marque, mais c’était compter sans l’engagement du gladiateur Abba Ibrahim venu
de Niamey qui a créé la sensation, en terrassant son adversaire, plongeant
ainsi le public local dans un silence de mort. Personne n’attendait Abba
Ibrahim à pareille fête, surtout que ce dernier n’avait, jusque-là jamais
réussi à atteindre la finale, à fortiori soulever le prestigieux trophée.
Jusque-là, le haut fait d’armes du lutteur de Niamey, était le trophée de la
Coupe de la Radio et télévision du Niger (RTN), qu’il a remportée cette année,
alors que «Issaka Issaka», a été sacré à six fois Roi des arènes dont trois
titres consécutifs (2015, 2016, 2019, 2021, 2022, 2023).
Mais ce dimanche, Abba
Ibrahim, 28 ans, 1,55m pour 86kg est apparu trop fort pour son aîné (34 ans,
1,87 pour 109kg) à qui il a infligé la première défaite de sa carrière. Les
deux lutteurs ont fait leur apparition dans l’arène sous les ovations nourries
des spectateurs. Portant des gris-gris sur presque tout le corps, les deux
lutteurs passent de longues minutes à s’observer sur fond d’intimidation et des
cris du public. Le combat proprement dit ne dura que 3’28’’, Abba Ibrahim
terrasse son adversaire qui visait une quatrième couronne. Alors que les
supporters du nouveau champion exultent, certains s’effondrent dans le camp
adverse et se font évacuer par la protection civile.
«En sport, tout est
possible. Il faut s’attendre à tout. Abba Ibrahim a utilisé la technique dite
de poussette. Il sait qu’Issaka Issaka est physiquement plus fort que lui. Il
l’a donc pris par ses deux bras et a mis un genou au sol pour le pousser avec
les deux bras», explique l’entraîneur national de lutte traditionnelle du
Niger, Mamane Ibrahim, avant de rapeller qu’Abba Ibrahim est champion d’Afrique
en titre et champion de la Cedeao de la catégorie des 86kg. Comme récompense,
le gladiateur de Niamey reçoit une enveloppe de 12 millions de Fcfa, un sabre
et un cheval, contre 7 millions de Fcfa pour son adversaire. La finale a été
suivie en direct à la télévision par tout le Niger et diffusée par l’ORTM 1. Le
3è de la compétition, Idi Maty Yello et le 4è Adamou Abdou ont reçu,
respectivement 3 millions de Fcfa et 1.500.000 Fcfa.
Dans son discours de
clôture, le ministre de la Jeunesse, de la Culture, des Arts et des Sports du
Niger, le colonel-major Abdourahamane Amadou a salué la présence à l’événement
des Premiers ministres du Mali et du Burkina Faso, ajoutant que les valeurs de
solidarité, de cohésion, de paix et d’amour de la patrie ont guidé les
comportements des lutteurs pendant toute la durée de la compétition. «Ces
comportements sont des sources d’inspiration pour l’ensemble de la population
nigérienne», a conclu le colonel-major Abdourahamane Amadou, qui a présidé la
commission d’organisation.
En marge de de l’évènement
l’équipe A’ de football du Niger qui s’est qualifiée pour le CHAN 2024 face au
Togo (le match retour de la sélection nigérienne s’est disputé au stade du 26
Mars, ndlr) a été présentée au public de l’Arène Salma Dan Rani de Dosso. Le
Sabre national kokowa, faut-il le rappeler, a été lancé en 1975 et se dispute
chaque année. La prochaine édition aura lieu en 2025 à Tahoua, capitale de
l'Ader situé à la frontière du Mali.
Envoyé spécial
Ladji Madiheri DIABY
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