#Mali : Réduction du taux de chômage des jeunes : La grande contribution des centres de formation

Ces structures publiques ou privées sont aujourd’hui incontournables dans la formation professionnelle des jeunes

Publié mercredi 18 septembre 2024 à 17:31
#Mali : Réduction du taux de chômage des jeunes : La grande contribution des centres de formation

Des apprenants séance de démonstration lors de la 3è édition du Salon de l’ingénierie de l’apprentissage (Sita 2024)


L’inadéquation entre les compétences des jeunes et les exigences du marché du travail est souvent pointée du doigt comme l’une des principales causes du chômage dans nos pays. C’est un défi que les Centres de formation professionnelle (CFP) essaient de relever en proposant des formations adéquates aux jeunes dans l’objectif d’augmenter leurs chances d’accès à un emploi stable.

Abou Sidibé est l’un des modèles de réussite dans le domaine de la formation professionnelle. Aujourd’hui entrepreneur, ce jeune homme de 28 ans devra son succès à ses études en électricité, électromécanique et froid-climatisation.

«Après ma formation, j’ai eu la chance d’obtenir une bourse pour étudier à l’étranger. À mon retour, j’ai monté ma propre entreprise et je travaille dans plusieurs domaines, notamment les énergies renouvelables, les panneaux solaires, le froid-climatisation, l’électromécanique et les groupes électrogènes. J’offre également des formations à certaines personnes», dit-il.

Selon Abou Sidibé, les CFP jouent un rôle crucial dans la réduction du chômage des jeunes. «Un jeune bien formé représente l’avenir du pays», soutient le jeune entrepreneur, qui estime que le chômage est dû en partie à une mauvaise formation. Ce point de vue est partagé par Mahamane Cissé.


 Ce jeune diplômé, issu d’un CFP en électricité bâtiment, travaille lui aussi à son propre compte. Passionné d’électricité depuis son jeune âge et recalé du baccalauréat, Mahamane s’est spécialisé dans ce domaine après avoir obtenu son Certificat d’aptitude professionnelle (Cap) en dessin bâtiment au CFP. «Après trois ans de formation, en 2023, j’ai ouvert mon entreprise, il y a neuf mois. Grâce à mon travail, je m’en sors plutôt bien», confie-t-il, ajoutant que la quasi-totalité de sa promotion est actuellement active dans divers domaines. 

 

FORTE DEMANDE- L’Institut de formation Niaré Froid fait partie de ces centres qui répondent aux besoins du marché avec des formations dans des secteurs tels que froid-climatisation, l'électricité, l’électronique, l’électromécanique, la construction métallique, la maçonnerie, le dessin bâtiment. Son directeur général, Drissa Traoré, indique que la demande en diplômés est forte.

En 2022, par exemple, les 84 diplômés en électricité étaient loin de suffire aux besoins des recruteurs. «En plus du secteur privé, de nombreux diplômés sont recrutés dans la fonction publique et les services parapublics», a-t-il ajouté, ajoutant que l’Institut a élaboré un projet d’école quinquennal pour développer de nouvelles filières comme la mécanique automobile et le photovoltaïque.

Le Centre de formation professionnelle de Sénou (CFP-Sénou), construit avec l’appui de la Chine, partage cette mission d’amélioration de l’emploi des jeunes. Avec une capacité d’accueil de 350 apprenants par session, il propose des formations dans 11 filières prioritaires pour le développement du secteur du BTP au Mali, telles que la menuiserie bois, la chaudronnerie, l’électricité bâtiment, la maçonnerie, le staff-décoration, le froid-climatisation, la construction métallique, la plomberie sanitaire, le carrelage et la peinture bâtiment. Ces formations, d’une durée de 6 à 12 mois, sont sanctionnées par un Certificat de qualification professionnelle (CQP).

Depuis son ouverture, le CFP-Sénou a formé 750 apprenants, dont 12 femmes et sept personnes handicapées physiques. Selon son directeur général, Djibrilla Moussa, le taux d’insertion est estimé à 60%. Le Centre prévoit d’ici 2025, de renforcer la digitalisation de la formation, de former davantage de formateurs et de lancer des programmes de formation en entrepreneuriat. 

À l’occasion de l’ouverture de la 3è édition du Salon de l’ingénierie de l’apprentissage (Sita 2024), tenu le 4 juillet dernier, la ministre chargée de la Formation professionnelle, Mme Bagayogo Aminata Traoré, a déclaré que son département, en collaboration avec les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers, a initié la construction de 18 centres de formation professionnelle à travers le pays. L’objectif est de doter chaque cercle du Mali d’un Centre, conformément aux objectifs de la Politique nationale de formation professionnelle.

Amadou GUEGUERE

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