#Mali : Plan d’investissement du Mali financé par les Fonds d’investissement climatiques : Une lueur d’espoir pour les énergies renouvelables

Comme la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, le Mali est fortement tributaire des combustibles fossiles pour sa production énergétique, mais dispose d’un important potentiel en énergie solaire et éolienne

Publié mardi 14 mai 2024 à 16:36
#Mali : Plan d’investissement du Mali financé par les Fonds d’investissement climatiques : Une lueur d’espoir pour les énergies renouvelables

Les objectifs clés comprennent une capacité solaire supplémentaire de 399 MW d’ici 2025 et de 977 MW d’ici 2030

 

La stratégie du pays est orientée vers le développement des énergies renouvelables qui restent marginales à l’exception de l’hydroélectricité. En 2020, le Mali a adopté la Feuille de route nationale «Desert to Power» quantifiant ses objectifs au niveau national, identifiant les actions prioritaires nécessaires pour atteindre les objectifs et ciblant un premier ensemble d’activités prioritaires. Les objectifs clés comprennent une capacité solaire supplémentaire de 399 MW d’ici 2025 et de 977 MW d’ici 2030.

En mars 2021, les Fonds d’investissement climatiques (le lien est externe) ont dévoilé le Programme d’intégration des énergies renouvelables (REI, sigle en anglais pour Renewable Energy Integration Program), conçu pour surmonter les obstacles qui entravent l’intégration des énergies renouvelables dans le système énergétique. Ce programme CIF-REI, premier du genre, envisage de soutenir les pays à revenu faible et intermédiaire qui transforment leurs systèmes énergétiques pour absorber des niveaux toujours plus élevés de production d’énergie renouvelable variable..

Le Mali a soumis sa proposition en 2021 et a été sélectionné en octobre de la même année, avec le Brésil, la Colombie, le Fidji, le Kenya et l’Ukraine pour participer au programme. Ces pays ont été invités à préparer un plan d’investissement soutenant l’accélération de la transition énergétique en améliorant la fonctionnalité et la flexibilité des systèmes énergétiques afin d’augmenter la pénétration des sources d’énergie renouvelable dans leurs réseaux électriques. Avec la promesse d’une allocation pouvant aller jusqu’à 70 millions de dollars pour les investissements et un don de 500.000 dollars pour préparer le plan d’investissement, le Mali a relevé le défi.

En collaboration avec des banques multilatérales de développement, dont la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et la Société financière internationale – entité de la Banque mondiale pour le secteur privé -, le gouvernement malien a entamé le processus de préparation d’un plan d’investissement avec une mission de cadrage en ligne qui a réuni des entités nationales des secteurs public et privé et des organisations de la société civile autour d’un objectif commun.

Le Plan d’investissement du Mali (le lien est externe) a été approuvé en novembre 2023 sur une approche modulaire avec une première allocation initiale de 32,6 millions de dollars à partager entre la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, et une deuxième allocation de 20 millions de dollars assujetti à la disponibilité des fonds supplémentaires, portant ainsi l’allocation totale du REI à 52,6 millions de dollars.

Hamathe Mane, chargé principal des énergies renouvelables à la Banque africaine de développement, explique que « dans le secteur des énergies renouvelables au Mali, nous avons actuellement un taux de pénétration couvrant 3% de la demande, ce qui est relativement faible. Grâce à ce Plan, nous souhaitons atteindre un taux de pénétration solaire de 15 % à l’horizon 2030. Le financement concessionnel des CIF est crucial, car il permet non seulement de catalyser le financement du secteur privé, mais également d’attirer des financements d’autres partenaires techniques et financiers. Pour ce programme, le financement des CIF est indispensable. Ce plan d’investissement (le lien est externe) permettra de mobiliser des fonds supplémentaires pour mettre en œuvre un programme d’un montant total de 670 millions de dollars, est extrêmement important pour le pays.»

Le Mali avait été sélectionné comme pays pilote en juillet 2010 pour le Programme d’expansion des énergies renouvelables (SREP, acronyme en anglais pour Scaling Up Renewable Energy Program) des CIF, au regard de ses défis climatiques, environnementaux et énergétiques. Grâce à une coordination stratégique et à l’expérience du SREP, le Mali, à travers son ministère de l’Énergie et de l’Eau, a préparé son Plan d’investissement CIF-REI, aligné sur les politiques nationales de développement du secteur énergétique, afin de stimuler les investissements à grande échelle dans l’intégration des énergies renouvelables, faisant ainsi écho à l’engagement du pays en faveur d’un avenir durable.

Le Plan d’investissement du Mali (le lien est externe) a été salué par le sous-comité des programmes mondiaux d’action pour le climat (Gcap) des CIF pour la qualité et la richesse de son contenu. Il couvre trois composantes clés et quatorze activités qui vont de la stimulation des investissements dans des solutions flexibles à l’augmentation de la part des sources d’énergie renouvelable, y compris les systèmes de stockage, en passant par la construction de réseaux nationaux de transport d’électricité et d’interconnexions, et l’établissement de mini-réseaux verts avec les systèmes de stockage associés. Une assistance technique sera également fournie pour aider les gouvernements à mettre en place des politiques adaptées et un environnement propice au développement des énergies renouvelables.

Moussa Ombotimbe, conseiller technique chargé de l’énergie au ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau du Mali, déclare que «le plan comprend la création de centrales solaires, l’inclusion de lignes de transport, la mise en place de mini-réseaux et le renforcement des capacités, ce qui en fait un plan complet». Il servira de cadre d’orientation stratégique pour les politiques et les priorités du gouvernement du Mali dans ses efforts vers la zéro émission nette et des voies de développement inclusives et résilientes au climat.

L’élaboration du Plan d’investissement du Mali a coïncidé avec l’achèvement de l’étude REI financée par la Banque africaine de développement par le biais de sa Facilité d’appui à la transition, complétant le programme REI. Il analyse ses aspects techniques et économiques, y compris l’impact financier de l’intégration d’une part croissante d’énergies renouvelables intermittentes dans le système électrique du Mali.

L’étude a identifié un potentiel de 1.400 MW de capacité solaire à installer d’ici 2035 sur le réseau électrique malien, nécessitant un investissement de 1,146 milliard d’euros pour le système de production, 259 millions d’euros pour le système de stockage, et 102 millions d’euros pour le développement et le renforcement des réseaux électriques. Un atelier de validation pour diffuser les résultats de l’étude auprès du public malien sera organisé par la Banque en mai 2024.

Avec l’appui de la Banque africaine de développement et le financement des CIF, le gouvernement du Mali a organisé un lancement officiel du plan d’investissement lors de la troisième édition de la Semaine malienne des énergies renouvelables (SemR), qui s’est déroulée du 29 février au 2 mars 2024, afin d’informer le public de l’existence du plan et des opportunités qu’il offrirait.

Afdb.org

Rédaction Lessor

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

CAN-féminine : La compétition reportée au mois de juillet

C’était attendu, c’est désormais officiel. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé hier le report de la CAN-féminine qui était prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc. Le tournoi aura finalement lieu du 25 juillet au 16 août 2026, toujours dans le Royaume chérifien..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:19

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner