Les sanctions que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a imposé à notre pays aura inévitablement des effets importants sur l'économie de plusieurs pays de cette organisation sous régionale à savoir le Burkina Faso, le Sénégal la Côte d'Ivoire et le Benin.
Des chercheurs du Centre universitaires de recherches économiques et sociales (Cures), un centre rattaché à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg) l'ont démontré à travers une étude publiée le 25 janvier dernier, sous le thème intitulé : « Effets des sanctions de la Cedeao sur le commerce extérieur du Mali ».
Pour la réalisation de ce document d’une quinzaine de pages, les auteurs ont utilisé les données commerciales entre le Mali et ces pays de 2011 à 2021. À l’aide d’analyses descriptives, indique cette étude, il ressort que la rupture commerciale ne profiterait à aucun pays de la Cedeao et par conséquent ne contribuerait qu’à fragiliser les efforts d’intégration réalisés jusqu’ici.
Selon les analyses, en cas de rupture commerciale totale, le Sénégal réaliserait une perte de plus d’un 1, 3 milliards de Fcfa par jour, suivi de la Côte d’Ivoire avec plus de 612 millions de Fcfa puis vient en troisième position le Bénin avec un peu plus de 151 millions de Fcfa par jour.
La plus grande perte en termes de recettes d’exportations du Mali, explique les chercheurs, s’observe avec la Côte d’Ivoire avec un montant d’environ 170 millions de Fcfa suivi du Burkina Faso et du Sénégal où le Mali réaliserait des pertes journalières respectives de 141 912 741 Fcfa et 127 065 417 Fcfa.
L'étude prévient que ces pertes se réaliseront si notre pays ne parvenait pas à trouver des issues pour éviter les ruptures de stocks et, au cas où les pays de la Cedeao n’arrivaient pas à trouver d’autres pays pour substituer les produits en provenance du Mali. En tout état de cause, signalent les universitaires, tous les pays de la Cedeao perdraient les activités économiques liées aux importations et exportations avec le Mali.
Les auteurs recommandent aux autorités de la Transition de rester ouvertes au dialogue, trouver des solutions de court terme visant à éviter les ruptures de stocks via les autres pays frontaliers, envisager des solutions de long terme visant à ouvrir de grands axes de réflexions et d’investissements, et, à être moins dépendant d’un nombre restreint de pays côtiers.
Cette étude a été réalisée par qautre auteurs à savoir le Pr Issoufou Soumaïla Mouleye, maître de conférences agrégé Cames en Sciences économiques, Dr Amadou Bamba, maître-assistant du Cames en Sciences économiques, Dr Abdoulaye Maïga, chercheur associé au Cures, Dr Moussa Bathily, chercheur associé au Cures.
Mohamed DIAWARA
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