#Mali : Débats télévisés : Très faible représentativité des personnes en situation de handicap

Malheureusement leur faible participation aux débats publics sur les chaînes de télévision est un constat partagé. Les arguments apportés pour justifier cette situation varient en fonction des uns et des autres. Une chose est sûre : ces intellectuels, souvent de haut vol, peuvent apporter de la qualité aux discussions sur les plateaux

Publié lundi 05 février 2024 à 07:47
#Mali :  Débats télévisés : Très faible représentativité des personnes en situation de handicap

Il faut assurer le plaidoyer perpétuel pour inverser la tendance


Certains observateurs de l’actualité malienne affirment, sans prendre de gants, que les médias ne s’intéressent pas aux personnes atteintes de handicap pour leurs expertises dans le débat public. Les journalistes et animateurs n’ont recours à elles très souvent que pour parler de handicap, de leur ressenti par rapport au regard des autres et de leurs difficultés, notamment en termes de stigmatisation, voire de discrimination.

Rarement, ces personnes (nombre d’entre elles) sont consultées, elles ont pourtant une expertise avérée dans bien de domaines où elles écrasent le débat du haut de leur éloquence verbale, de leur élégance d’esprit et de la solidité de leurs argumentaires. En tout cas, ces personnes ont peu de place dans les colonnes des journaux et encore moins sur les plateaux de télévision dans les débats sur l’actualité brulante et sur des préoccupations de la nation. 

Sur la question, le rapport du monitoring sur l’inclusion des personnes handicapées dans les programmes de dix chaînes de télévision de notre pays de la Haute autorité de la communication (Hac), présenté en décembre dernier, est plus parlant. Selon ce document de 17 pages, l’inclusion de ces citoyens dans les programmes des médias représente seulement 0,5% des personnes intervenues. Le rapport précise que la personne handicapée est mise à l’écart, avec seulement 0% d’intervention sur les questions liées au processus électoral et 0,1% sur les autres sujets d’actualité dans les médias monitorés.

Le président de l’Union malienne des aveugles (Umav) affirme que cette faible participation montre à quel degré le handicap n’est pas bien compris par nos compatriotes, y compris intellectuels et analphabètes. «On a l’impression que le handicap est synonyme de sanction. On sous-estime les personnes vivant avec le handicap», explique avec une pointe d’amertume Hadji Barry. Il se rappelle avoir participé à trois débats dont deux organisés par Studio Tamani sur des thématiques portant sur les personnes handicapées de manière générale et l’éducation et un autre sur une chaîne de télévision privée.

Il explique avoir reproché à un journaliste atteint de handicap aussi de ne pas faire de plaidoyer pro domo et d’en finir avec cette marginalisation des personnes atteintes de handicap. Pour lui, il est temps de porter un autre regard sur les personnes handicapées qui peuvent verser des avis intéressants dans le débat public et proposer des solutions. «Chaque fois qu’on a des opportunités, nous devons donner notre avis sur les préoccupations de la nation», explique clairement celui qui est aussi membre du Conseil national de Transition (CNT). Selon lui, il faut assurer le plaidoyer perpétuel pour inverser la tendance.

Le directeur de la section télévision du groupe Africable partage le constat de l’absence des personnes handicapées sur les chaînes de télévision. Mais pas pour une quelconque discrimination encore moins un mépris. «Les personnes en situation de handicap qui sont passées dans mon émission se comptent sur les doigt d’une main.

Pourtant quand nous invitons une personne sur le plateau, on ne voit pas son handicap parce que personne n’est à l’abri d’un handicap. On peut être bien portant aujourd’hui et demain vivre avec un handicap», explique Sékou Tangara. Et de préciser que le premier critère, c’est de voir si la personne invitée peut enrichir le débat quel que soit son statut physique. L’un de nos invités réguliers à l’émission «Débat du dimanche» était une personne en situation de handicap. «Nous voyons en lui un intellectuel qui apportait de la qualité à nos débats», argumente-t-il. Mais le hic, c’est que les personnes qui osent venir sur les plateaux de télévision sont rares.

 SE DÉCOMPLEXER- Sékou Tangara pense que cette faible prise en compte des personnes vivant avec un handicap peut être due au fait que les présentateurs vont de moins en moins sur le terrain à la rencontre de débatteurs de qualité. Ce qui fait qu’ils ratent souvent des personnes atteintes de handicap très éloquentes, intelligentes et capables de faire des prestations de qualité dans les débats télévisés», relève le directeur de la section télévision du groupe Africable. Notre confrère affirme que les téléspectateurs apprécient leurs interventions. Et d’en appeler à plus d’inclusion des personnes en situation de handicap dans les débats sur les chaînes de télévision. Cependant, Sékou Tangara évoque un aspect qui n’est pas très souvent pris en compte dans les studios de télévision qui ne sont pas forcément construits en tenant compte des facilités d’accès au bâtiment pour les personnes handicapées.

 Pour lui, il faut construire les chaines de télévision avec des rampes pour faciliter l’accès des personnes vivant avec le handicap. «Il y a une de nos personnes ressources qui était confrontée à cette situation inconfortable chaque fois qu’elle était invitée à participer à une émission. Nous étions obligés de l’aider à gravir les escaliers», raconte Sékou Tangara. Et de dire que sa chaine a décidé d’entreprendre des initiatives visant à aider ses animateurs et journalistes à recevoir ces personnes sur le plateau pour être à l’abri des reproches en la matière. Le présentateur du «Débat du dimanche» se dit convaincu que cette année, les personnes en situation de handicap seront de plus en plus présentes sur leur plateau de télévision.

La cheffe de la section enquête et débats de l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM), Sira Bathily, relève que les personnes handicapées sont souvent présentes sur leur antenne pour débattre de leurs préoccupations en vue d’encourager d’autres à se décomplexer. «Durant l’édition 2023 du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, nous avons donné la parole à un non voyant. Il était vraiment dans son élément et était parfaitement à l’aise sur le plateau», explique-t-elle. Pour elle, si on parle de faible inclusion des personnes handicapées dans les débats, cela se justifie par le fait qu’elles ne sont pas tellement actives dans la vie politique ou au devant de la scène.

Notre consœur de la télévision nationale regrette que la population lie le handicap à la qualité de la personne. Elle affirme qu’il y a de grands intellectuels vivant avec un handicap qui peuvent bien apporter des idées potables dans le débat. La cheffe de la section enquêtes et débats les invite à s’affirmer pour inverser la tendance en montrant à l’opinion nationale qu’elles ont des potentiels et des initiatives. Sira Bathily pousse son explication plus loin. Leur participation aux débats permet de découvrir leur talent et de s’imposer dans la société.

Elle propose aux médias d’habituer le public à voir les personnes vivant avec un handicap dans les débats inclusifs. Y compris à adapter les conditions d’accès des services à ces personnes. Selon elle, cette situation les exclut d’emblée à avoir accès au studio d’enregistrement. Selon les statistiques, indique la Hac, le pourcentage de la population touchée par un handicap est de 1,3 milliard, soit 16% de la population mondiale. Dans le même ordre d’idée, poursuit-elle, le nombre de personnes vivant avec un handicap au Mali est de 2.247.000, soit 15,5% de notre population.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : Mali: Lourdes pertes des groupes terroristes à Konna et Somadougou

Une tentative d'attaque à Konna et Somadougou a échoué ce samedi 4 juillet 2026 grâce aux Forces armées maliennes (FAMa) en collaboration avec leur partenaire stratégique d'Africa Corps..

Lire aussi : Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme au Mali : Sous le signe de l'union sacrée entre les victimes de cette maladie

La Coalition des organisations des personnes atteintes d´albinisme ( Corpa ), en collaboration avec le Collectif pour la défense des militaires( CDM ), a organisé, ce samedi 4 juin 2026 au Palais des pionniers, des activités commémoratives de la Journée internationale de sensibilisation à l.

Lire aussi : Securité: Attentants terroristes repoussés par les FAMa

Dans un communiqué publié, l'État-Major Général des Armées a informé qu'en référence au communiqué flash de la DIRPA de ce 04 juillet 2026 faisant état de tentatives d'attaques terroristes sur les positions FAMa de Aguel-Hoc, Anéfis, Gao, Sévaré et Kénioroba, la situation est totaleme.

Lire aussi : Livre «La geste des Diawara» : Une contribution de taille à la connaissance de l’histoire de Dama Guile et de ses descendants

Un nouveau chapitre s’ouvre dans la connaissance de l’histoire des Diawara depuis la parution en juin dernier du livre intitulé : «La geste des Diawara De Daaman Gille au Mémorial-Musée Dama Guilé Diawara- Tome 1»..

Lire aussi : Carnaval Kurukanfuga : Sur les traces de l’histoire

C’est parti pour la première édition du Carnaval Kurukanfuga. Ce rendez-vous culturel qui se poursuivra jusqu’au 12 juillet prochain à Bamako a été lancé, mercredi dernier dans la salle de reunion du gouvernorat du District de Bamako, sous la présidence du directeur de cabinet du gouverne.

Lire aussi : 2è édition du Café des Planificateurs : La vision Mali 2063 en ligne de mire

Comment faire passer la Vision Mali 2063 du stade des ambitions à celui des réalisations concrètes ? C’est autour de cette question centrale que se tiendra la deuxième édition du Café des Planificateurs ce samedi..

Les articles de l'auteur

Mali: Lourdes pertes des groupes terroristes à Konna et Somadougou

Une tentative d'attaque à Konna et Somadougou a échoué ce samedi 4 juillet 2026 grâce aux Forces armées maliennes (FAMa) en collaboration avec leur partenaire stratégique d'Africa Corps..

Par Mohamed DIAWARA


Publié samedi 04 juillet 2026 à 19:39

Livre «La geste des Diawara» : Une contribution de taille à la connaissance de l’histoire de Dama Guile et de ses descendants

Un nouveau chapitre s’ouvre dans la connaissance de l’histoire des Diawara depuis la parution en juin dernier du livre intitulé : «La geste des Diawara De Daaman Gille au Mémorial-Musée Dama Guilé Diawara- Tome 1»..

Par Mohamed DIAWARA


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 09:00

Mali : L'armée escorte à bon port 940 camions civils

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont conduit du 23 au 29 juin 2026, une vaste opération d'escorte et de sécurisation sur l'axe Kayes - Sandaré - Diéma - Bamako, au profit des usagers de la route. Elle a permis de sécuriser l'arrivée de 940 camions civils et leurs occupants à Bamako sans incident. L'information a été rendue publique ce mardi 30 juin à travers un communiqué..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 30 juin 2026 à 16:28

Hôpital Nianankoro Fomba de Ségou : Dans la tourmente

L'Hôpital Nianankoro Fomba de Ségou traverse une période très difficile. Cet établissement hospitalier est aujourd’hui assailli par une multitude de problèmes, notamment un manque général d'oxygène occasionnant l'arrêt des activités chirurgicales, à l’exception de certaines urgences obstétricales et un déficit de prise en charge des urgences pédiatriques..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 25 juin 2026 à 16:22

Allergologie et immunologie: LE PR YACOUBA TOLOBA HONORÉ POUR SES TRAVAUX

Dans le domaine de l’allergologie et l'immunologie, notre pays apporte une contribution importante en matière de recherche à la communauté scientique. Le Congrès euro-africain d’allergologie et d’immunologie clinique tenu du 18 au 20 juin en Algérie, l'a reconnu en décernant une distinction scientifique au Pr Yacouba Toloba, à Alger, en reconnaissance de l’excellence de ses travaux et de son engagement dans le domaine de l’allergologie et de l’immunologie clinique..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 23 juin 2026 à 08:19

Examen de baccalauréat 2026 : 146.206 candidats affrontent les épreuves

Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a lancé, ce lundi 22 juin 2026 au Lycée Ba Aminata Diallo, les épreuves de l'examen du baccalauréat session de juin 2026. Plusieurs ministres étaient présents pour encourager et prodiguer des conseils à ces lycéens terminalistes..

Par Mohamed DIAWARA


Publié lundi 22 juin 2026 à 09:58

Résultats du DEF 2026: UN TAUX NATIONAL D’ADMISSION DE 65,40%

Les candidats étaient au nombre de 330.336 repartis entre l’option Arabe qui a enregistré un taux de réussite de 61,85% contre 66,01% de l’option classique..

Par Mohamed DIAWARA


Publié samedi 20 juin 2026 à 10:40

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner