#Mali : Aminata Famanta : Un amour profond pour le métier de meunier

Exceptionnelle, assidue et capable de surpasser ses collègues masculins… Les qualificatifs ne manquent pas pour cette jeune dame qui parvient à concilier avec succès sa vie professionnelle et familiale

Publié mardi 14 mai 2024 à 16:30
#Mali : Aminata Famanta : Un amour profond pour le métier de meunier

Son métier consiste à moudre diverses céréales essentielles à notre alimentation quotidienne. Aminata Famanta qui réside dans la 4è région administrative du pays (Ségou) a réalisé son rêve avec succès en surmontant les stéréotypes souvent associés à cette profession.

Autrefois réservé aux hommes, le métier de meunier à l’instar des autres est de plus en plus investi par les femmes qui s’y distinguent désormais autant que leurs homologues masculins. Mariée et mère de deux enfants, Aminata Famanta exerce avec dévouement le métier de meunière depuis 2007.

Mercredi 8 mai, au quartier Sécoura. En cet après-midi ensoleillé, Aminata Famanta s’installe devant sa machine prête à transformer une multitude de céréales en farine : maïs, mil, sorgho, riz... L’atmosphère est embaumée par le doux parfum des céréales. Les clients eux continuent d’affluer, apportant avec eux des bols remplis de graines à faire moudre.

Aminata Famanta plus connue sous le nom de «Mâ» se distingue par son audace, son savoir-faire et sa détermination, suscitant l’admiration de tous ceux qui croisent son chemin. Les passants ne peuvent s’empêcher de ralentir, voire de s’arrêter, pour l’observer à l’œuvre, avant de lui adresser des mots d’encouragement. Avec un sourire radieux, elle raconte ses premiers pas dans l’univers de la meunerie, une vocation embrassée avec passion.

Sa relation avec le moulin remonte à son enfance, passée dans l’atelier de son mentor, Ichaka Bello, qui est aussi meunier. Alors qu’elle était encore élève en classe de 7ème année, Aminata Famanta, de retour de l’école, se rendait chez son patron, pour y accomplir les tâches de nettoyage quotidiennes. Un jour, devant l’afflux de travail, ce dernier lui laissa l’opportunité de moudre quelques céréales.

Ce moment marqua un tournant décisif dans sa vie, éveillant en elle un amour profond pour ce métier. «Depuis lors, j’ai décidé de mettre de côté les études pour me consacrer pleinement à ma passion. Nonobstant les tentatives des enseignants pour me dissuader et me ramener sur le chemin de l’école, je suis restée ferme dans ma décision», confie-t-elle.

Il arrive parfois à notre meunière de travailler jusqu’au soir, en raison des coupures d’électricité. Pourtant, Aminata Famanta parvient à concilier avec succès sa vie professionnelle et familiale. «Au réveil, je prends le temps de préparer le petit-déjeuner pour mes enfants avant de me rendre sur mon lieu de travail», fait-t-elle savoir. Aminata Famanta est fière de son travail qui lui permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.

«Grâce à cette activité, j’ai pu ouvrir une boutique d’alimentation où je propose une variété de produits tels que du pain, du sucre, du lait, des œufs, de l’huile, et bien d’autres encore à la clientèle», s’est-elle réjouie, avant  d’encourager les femmes à ne jamais baisser les bras dans la réalisation de leurs rêves. «Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens.

Je recommande aux femmes qui hésitent encore à se lancer dans une activité de leur choix de le faire. Il n’y a pas de métier réservé aux hommes ou aux femmes», insiste-t-elle. Aminata Famanta souhaite un soutien en équipements afin de faire face aux pannes fréquentes et répondre à la demande croissante de la clientèle.

Ichaka Bello, son patron, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de sa collaboratrice. Selon lui, Aminata Famanta est exceptionnelle, assidue et capable de surpasser ses collègues masculins. «Les clients l’apprécient beaucoup et notre collaboration est fondée sur une compréhension mutuelle. C’est une femme battante», témoigne-t-il. Comme difficultés, notre interlocuteur déplore les coupures intempestives d’électricité qui ont réduit comme peau de chagrin les recettes. Il espère une amélioration de la situation.


Amap-Ségou

Mamadou SY

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