Son métier consiste à moudre diverses céréales essentielles à notre alimentation quotidienne. Aminata Famanta qui réside dans la 4è région administrative du pays (Ségou) a réalisé son rêve avec succès en surmontant les stéréotypes souvent associés à cette profession.
Autrefois
réservé aux hommes, le métier de meunier à l’instar des autres est de plus en
plus investi par les femmes qui s’y distinguent désormais autant que leurs
homologues masculins. Mariée et mère de deux enfants, Aminata Famanta exerce
avec dévouement le métier de meunière depuis 2007.
Mercredi
8 mai, au quartier Sécoura. En cet après-midi ensoleillé, Aminata Famanta
s’installe devant sa machine prête à transformer une multitude de céréales en
farine : maïs, mil, sorgho, riz... L’atmosphère est embaumée par le doux parfum
des céréales. Les clients eux continuent d’affluer, apportant avec eux des bols
remplis de graines à faire moudre.
Aminata
Famanta plus connue sous le nom de «Mâ» se distingue par son audace, son
savoir-faire et sa détermination, suscitant l’admiration de tous ceux qui
croisent son chemin. Les passants ne peuvent s’empêcher de ralentir, voire de
s’arrêter, pour l’observer à l’œuvre, avant de lui adresser des mots
d’encouragement. Avec un sourire radieux, elle raconte ses premiers pas dans
l’univers de la meunerie, une vocation embrassée avec passion.
Sa
relation avec le moulin remonte à son enfance, passée dans l’atelier de son
mentor, Ichaka Bello, qui est aussi meunier. Alors qu’elle était encore élève
en classe de 7ème année, Aminata Famanta, de retour de l’école, se rendait chez
son patron, pour y accomplir les tâches de nettoyage quotidiennes. Un jour,
devant l’afflux de travail, ce dernier lui laissa l’opportunité de moudre
quelques céréales.
Ce
moment marqua un tournant décisif dans sa vie, éveillant en elle un amour
profond pour ce métier. «Depuis lors, j’ai décidé de mettre de côté les études
pour me consacrer pleinement à ma passion. Nonobstant les tentatives des
enseignants pour me dissuader et me ramener sur le chemin de l’école, je suis
restée ferme dans ma décision», confie-t-elle.
Il
arrive parfois à notre meunière de travailler jusqu’au soir, en raison des
coupures d’électricité. Pourtant, Aminata Famanta parvient à concilier avec
succès sa vie professionnelle et familiale. «Au réveil, je prends le temps de
préparer le petit-déjeuner pour mes enfants avant de me rendre sur mon lieu de
travail», fait-t-elle savoir. Aminata Famanta est fière de son travail qui lui
permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.
«Grâce à cette
activité, j’ai pu ouvrir une boutique d’alimentation où je propose une variété
de produits tels que du pain, du sucre, du lait, des œufs, de l’huile, et bien
d’autres encore à la clientèle», s’est-elle réjouie, avant d’encourager les femmes à ne jamais baisser
les bras dans la réalisation de leurs rêves. «Il n’y a pas de sot métier, il
n’y a que de sottes gens.
Je
recommande aux femmes qui hésitent encore à se lancer dans une activité de leur
choix de le faire. Il n’y a pas de métier réservé aux hommes ou aux femmes»,
insiste-t-elle. Aminata Famanta souhaite un soutien en équipements afin de
faire face aux pannes fréquentes et répondre à la demande croissante de la
clientèle.
Ichaka Bello, son patron, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de sa collaboratrice. Selon lui, Aminata Famanta est exceptionnelle, assidue et capable de surpasser ses collègues masculins. «Les clients l’apprécient beaucoup et notre collaboration est fondée sur une compréhension mutuelle. C’est une femme battante», témoigne-t-il. Comme difficultés, notre interlocuteur déplore les coupures intempestives d’électricité qui ont réduit comme peau de chagrin les recettes. Il espère une amélioration de la situation.
Amap-Ségou
Mamadou SY
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