Le médiateur de la Cedeao à Bamako : des échanges en prélude au sommet d’Accra

Le médiateur de la Cedeao s’est adressé à la presse après l’audience avec le président de la Transition

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Publié jeudi 06 janvier 2022 à 08:01, mis à jour mardi 25 janvier 2022 à 11:01
Des navires de l’US Navy, de la marine chilienne, péruvienne, française et canadienne, lors d’un exercice dans l’océan Pacifique, en 2018.


L’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, a été reçu hier par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. Dans la perspective  de la conférence des chefs d’état prévue dimanche dans la capitale ghanéenne, il a eu des discussions avec les autorités maliennes

 

Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour le Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, était hier dans notre pays pour s’informer de l’évolution de la situation politique afin de rendre compte aux chefs d’État de l’Organisation. Il a été reçu en audience, dans l’après-midi au Palais de Koulouba, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.

Cette mission du médiateur avait été annoncée la semaine dernière, à la suite du voyage effectué par une délégation malienne au Ghana pour présenter les conclusions des Assises nationales de la refondation (ANR) au président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la Cedeao.

Ces Assises marquent un pas décisif, puisqu’elles auront permis aux Maliens de se prononcer sur la durée de la Transition et tracé les contours du «Mali Kura», le nouveau Mali.

Le médiateur de la Cedeao est venu écouter et échanger avec les autorités de la Transition pour mieux comprendre les décisions prises lors de ces Assises. Clairement, Goodluck Jonathan a déclaré face à la presse qu’il n’était pas «venu avec un message particulier». La rencontre que sa délégation a eue avec le chef de l’État s’inscrivait plutôt «dans le cadre d’un débriefing auprès des autorités de la Transition ».

 Il était «question de comprendre ce qui s’est passé et d’entendre leur version, ce qui nous permettra par la suite de faire un débriefing au niveau des chefs d’État de la Cedeao », a-t-il expliqué. À cet effet, un sommet se tiendra le dimanche prochain à Accra au Ghana et les dirigeants ouest-africains vont notamment décider s’il faut durcir ou non les sanctions à l’encontre de notre pays.


Jusque-là, l’Organisation commune reste inflexible sur la tenue des élections en février 2022. Elle a brandi la menace de sanctions économiques et financières censées faire fléchir les autorités de la Transition, alors que celles-ci entendent d’abord opérer les réformes nécessaires à la tenue d’élections crédibles. La volonté exprimée par le peuple sur la durée de la Transition et bien d’autres sujets a certainement été portée à la connaissance du médiateur et sa suite.

Plusieurs personnalités accompagnaient le médiateur dont le président de la Commission de la Cedeao, Jean-Claude Kassi Brou.

Côté malien, les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga et le président du Panel des hautes personnalités des ANR, Zeïni Moulaye ont pris part à la rencontre.

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Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a trouvé le ton juste et mesuré dans son adresse à la nation du 10 janvier 2022..

Son allocution, marquée du double sceau de l’apaisement et de l’ouverture, est adaptée à la situation ainsi qu’à sa très haute fonction. Il faut lui savoir gré d’avoir gardé la porte ouverte et de mettre en avant le dialogue à la place des anathèmes.

Comme tout pays, le nôtre, doit faire la diplomatie de sa géographie car on ne choisit pas ses voisins. Il nous faut trouver le juste milieu entre nos ambitions nationales et les exigences internationales. C’est que l.

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Les travaux du sommet d’Abuja.

Les actions entreprises par les autorités de la Transition pour être « comprises» et « accompagnées» n’ont pas l’heur de rencontrer une oreille attentive auprès des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Réunis dimanche en sommet ordinaire à Abuja, au Nigeria, ils ont brandi la menace de sanctions économiques et financières censées, en sus de la suspension de notre pays des instances de l’organisation et des sanctions ind.

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Très peu de citoyens maliens ont les bonnes grilles de lecture de la crise profonde que vit leur pays depuis 2012. C’est complexe au regard de ses implications internationales..