Crises humanitaire et sécuritaire : La résilience des femmes et des filles passe par la disponibilité des services de santé sexuelle et reproductive

Un projet financé par l’Agence coréenne de coopération vient d’être lancé à cet effet au profit des Régions de Ségou et Mopti. D’un coût estimé à plus 2 milliards de Fcfa, il durera 3 ans

Publié dimanche 10 novembre 2024 à 20:52
Crises humanitaire et sécuritaire : La résilience des femmes et des filles passe par la disponibilité des services de santé sexuelle et reproductive

Photo de famille des participants après la cérémonie de lancement du projet


Le Mali fait face à une crise humanitaire complexe provoquée essentiellement par les conflits armes, les déplacements massifs des populations et les catastrophes naturelles. Ces fléaux affectent profondément nos compatriotes notamment les femmes et les jeunes qui méritent une attention particulière afin de les aider à y faire face.

Dans ce contexte difficile, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, ainsi que la prévention et la réponse aux Violences basées sur le genre (VBG) sont nécessaires pour le développement et le bien-être de tous. Pour répondre à ces enjeux, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), en partenariat avec le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et le département en charge de la Santé, a lancé, jeudi dernier, le projet dénommé : «Sauver des vies, promouvoir la résilience : fourniture des services intégrés de santé sexuelle et reproductive, de prévention et réponse de la violence basée sur le genre dans les contextes humanitaires». Le projet est financé par l’Agence coréenne de coopération, en anglais Korea International Cooperation Agency (Koica), à hauteur d’un peu plus de plus 2 milliards de Fcfa pour le Mali sur un budget régional estimé à plus de 14 milliards de Fcfa. D’une durée de 3 ans, le projet intervient dans les régions de Ségou et Mopti.

La cérémonie officielle de lancement de ce programme était présidée par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Dr Coulibaly Mariam Maïga, en présence du représentant résident de l’UNFPA, Mohamed Lemine Mohamed Beiba, du directeur de l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR), Dr Ben Moulaye Idriss Haïdara. Le directeur de Koica, Kyungmoo Jun, a participé virtuellement à la rencontre.

L’objectif principal est d’accroitre la disponibilité de services de santé sexuelle et reproductive (SSR), lutter contre les VBG. Mais aussi d’améliorer l’accès aux services de SSR vitaux, y compris la planification familiale, les soins de santé maternelle et le traitement contre le virus du Sida et les autres infections sexuellement transmissibles (IST). Il s’agit également de renforcer les capacités des établissements de santé et des points de prestation de services communautaires ciblés. Cela afin de fournir des services de SSR intégrés de qualité.

Le représentant résident de l’UNFPA a expliqué qu’en 2024, le plan de réponse humanitaire a estimé à 7,1 millions le nombre de personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire au Mali dont 23% de femmes et 54% d’enfants. Face à ces besoins immenses, ajoutera Mohamed Lemine Mohamed Beiba, la communauté humanitaire concentre ses efforts pour sauver des vies, alléger les souffrances causées par les chocs récurrents, notamment les conflits, les urgences sanitaires, les sécheresses et les inondations.

L’objectif, selon lui, étant d’améliorer l’accès équitable et sécurisé aux services essentiels. Pour lui, la réponse humanitaire ne suffit pas pour combler tous les besoins. Il est également essentiel de renforcer les structures locales, de développer les capacités du personnel et d’appuyer les réseaux communautaires de base, a-t-il suggéré. De son côté, la ministre chargée de la Promotion de la Femme a rappelé que dans le monde, il est prouvé que les conséquences des conflits frappent les communautés dans leur ensemble.

Mais, elles affectent plus particulièrement les femmes et les filles du fait de leur statut social et de leur sexe, a relevé la ministre Maïga. Selon elle, il s’agit principalement de l’insécurité physique et économique, des risques accrus de violences, de blessures et de la séparation des familles, etc. Elle a rappelé que son département accompagne les femmes et les filles et est à pied d’œuvre pour la mise en œuvre de la Politique nationale genre.

Le directeur de Koica a remercié les initiateurs du projet pour le bien-être des personnes vulnérables. Celui de l’ONASR d’ajouter que ce projet est venu à point nommé pour compléter les actions de l’État dans le domaine humanitaire.

Amsatou Oumou TRAORE

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