Au Mali, le code pénal prévoit et punit la tentative
d’assassinat dans ses articles 3, 199 al. 2, 22 et 207. Les auteurs de cette
infraction criminelle s’exposent à une peine du même type. C’est le cas d’ Andy
Sunday dit « Abou Clinic » qui a comparu la semaine dernière devant
les juges de la Cour d’assises à Bamako. Ce sexagénaire est accusé d’avoir
tenté de mettre fin à la vie de dame R. Sangaré et de ses trois enfants, en les
brûlant vifs. Cette sordide histoire s’est passée courant 2019 à Sokorodji, en
Commune VI du District de Bamako.
L’échec d’un plan machiavélique
C’était dans la nuit du 8 Juillet, « Abou
Clinic » s’est discrètement
introduit dans la chambre de sa future victime. Pour accomplir sa sale
besogne, il s’était doté d’un récipient rempli d’essence. Pendant ce temps, la
dame et ses trois enfants dormaient profondément. Lorsqu’il les a vus dans cet
état, « Abou Clinic » les a tout simplement aspergé d’essence.
Puis,
il est immédiatement retourné pour aller chercher du feu pour les brûler vifs.
Entre temps, les colocataires ont alerté la victime. Le sinistre plan de
l’assassin venait d’échouer. Ne voyant plus d’autres alternatives, il a pris la
fuite. Malheureusement, sa fuite sera de courte durée. La dame en avait profité
pour déposer une plante contre lui. Quelques temps après, l’assassin a été localisé, coincé puis interpellé par la
police. D’où son inculpation pour tentative d’assassinat. =
À l’information de son dossier, « Abou
Clinic » a, sans ambages, reconnu les accusations dont il faisait l’objet.
Il en fut ainsi aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le magistrat
instructeur. Sans crainte aucune, il a déclaré avoir délibérément préparé son
acte. Il a rappelé les circonstances dans lesquelles il l’a préparé. Ainsi,
l’accusé dit s’être procuré 4 litres d’essence pour la circonstance.
Il a par
la suite rallié la maison de sa victime où, une fois arrivé sur place, il a
attentivement observé tous les mouvements de sa future victime et de ses
progénitures dans leur chambre à coucher. Lorsqu’il s’est rendu compte que ces
derniers dormaient, il les a aspergés du liquide inflammable avec la ferme
volonté d’y mettre le feu. Mais le projet a échoué à cause du fait que les
colocataires de dame R. Sangaré se sont réveillés pour lancer l’alerte.
Constance dans les déclarations
Dans son mea-culpa, à la barre, assisté d’un
interprète, le ressortissant nigérian a mis son agissement sur le compte d’un
traumatisme, sans autres précisions. « J’étais traumatisé, j’avais trop de
choses dans la tête. J’ai même tenté de me suicider, mais cela n’a pas
marché.», a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.
Le parquet a, dans sa réquisition, laissé entendre
que l’accusé a agi en connaissance de cause. Pour le magistrat, cet acte est
purement et simplement prémédité. « Il a préparé un stratagème pour
attenter à la vie entre 4 h et 5 h du matin. Quelle cruauté ? C’était à
l’aide d’un briquet qui n’a malheureusement pas donné du feu après plusieurs
tentatives ». Auparavant, le défenseur des citoyens était revenu sur les
faits, comme ils sont ressortis de l’arrêt de renvoi.
Ensuite, il a requis la
cour d’entrer en voie de condamnation contre l’accusé sans le faire bénéficier
de circonstances atténuantes. Le conseil de l’accusé n’était pas de cet avis.
Il a surtout mis l’accent sur la santé mentale de son client. « Il
souffrait d’une psychose hallucinatoire chronique. Donc, il ne pouvait
discerner le mal du bien », a soutenu l’avocat qui a plaidé une peine
légère pour que l’accusé puisse rejoindre les siens. Finalement, la cour a
reconnu le nigérian coupable et l’a condamné à 10 ans de réclusion
criminelle.
Tiedié DOUMBIA
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