Un sketch de sensibilisation sur la promotion des langues nationales
La Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée d’ordinaire le
8 septembre de chaque année a été différée dans notre pays pour des raisons de
calendrier. Cette année le thème retenu par l’Organisation des Nations unies
pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) est intitulé :
«Transformer les espaces d’apprentissage et d’alphabétisation».
Mais le thème
national est : «Faire des espaces d’alphabétisation, des lieux
d’éducation, d’apprentissage et de formation du nouveau citoyen pour une
refondation réussie». La ministre de l’Éducation nationale, Mme Sidibé Dédéou Ousmane, a
présidé, hier au Centre international de conférences de Bamako, le lancement
officiel des activités commémoratives de la Journée.
Concours littéraires, conférences-débats, émissions radiophoniques ou
télévisées, projection de films documentaires sur l’alphabétisation, remise de
Ciwara à la ministre de l’Éducation nationale, mais aussi de diplômes de
reconnaissance à plusieurs de ses collaborateurs, productions en langues
nationales et l’exécution de l’hymne national en bamanankan ont été les
activités phares de la célébration de l’évènement.
La ministre de l’Éducation nationale a rappelé qu’outre son
département, les deux thèmes interpellent le ministère en charge de
l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle et
de celui de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du
Tourisme. Ils sont en lien direct avec les missions dédiées à ces départements
ministériels et incarnent les besoins de changement dans les actions en faveur
de l’éducation pour bâtir une société forte de citoyens patriotes.
C’est-à-dire
des hommes, des femmes et des jeunes ancrés dans leurs valeurs culturelles,
ouverts à l’universel et aptes à bâtir le Mali nouveau (Mali-Kura). Selon la
ministre, la refondation de l’État nous impose de nouvelles façons de faire et
plus d’implication des populations. Pour ce faire, il est impérieux de
dynamiser, voire de transformer nos structures d’alphabétisation non formelle
aux nouveaux enjeux sociopolitiques,
économiques, culturels et sécuritaires, a
rappelé la ministre. Et de révéler que 143 Centres d’alphabétisation
fonctionnelle (Caf) ont fonctionné avec plus de 3.700 auditeurs, y compris
2.896 femmes. La cheffe du ministre de l’Éducation nationale a aussi précisé
que les Centres d’apprentissage féminins (Café) ont formé 517 jeunes filles et
femmes non scolarisées et déscolarisées précoces. Mais aussi 87 jeunes femmes
dans de nombreuses filières, notamment agro-alimentaire, coupe-couture,
teinture et coiffure, au cours de la campagne d’alphabétisation et d’éducation
non formelle.
Mme Sidibé Dédéou Ousmane a reconnu que le faible niveau de financement
des AENEF, de traitement salarial, la faible qualification du personnel
d’encadrement tout comme la précarité de leurs emplois sont des défis à
relever. Elle a souhaité que le dialogue prime sur les considérations
personnelles pour le bonheur de l’école malienne. Pour le chef de bureau de l’UNESCO dans notre
pays, Edmond Moukala, la Journée est l’occasion d’évaluer les progrès
accomplis.
Il ajoutera que l’alphabétisation joue un rôle fondamental dans nos
sociétés et reste un droit essentiel. Seuls 68% de la population
mondiale savaient lire et écrire en 1979, a rappelé Edmond Moukala. En 2020, ce
chiffre était estimé à 86,7%. Malgré ces avancées, 771 millions de jeunes et
d’adultes dans le monde ne possédaient toujours pas les compétences
élémentaires en lecture et en écriture.
Parmi eux, il y a 60% de filles et de
femmes, a fait remarquer Edmond Moukala. Il a également soutenu que les
perturbations liées à la Covid-19 et les fermetures d’écoles ont entrainé des
retards d’apprentissage et des abandons scolaires.
Face à cette situation urgente, l’Unesco et ses États membres, dont le
Mali redoublent d’efforts pour faire en sorte que les progrès réalisés au cours
des dernières décennies ne soient pas réduits à néant. L’Unesco et ses
partenaires, a-t-il relevé, ont renouvelé leur engagement en faveur de
l’alphabétisation. Cela en adoptant cette année le cadre d’action de Marrakech
(Maroc) qui reconnait l’apprentissage et l’éducation des adultes comme un
moteur essentiel des Objectifs du développement durable (ODD).
Il est bon de préciser que nos 13 langues nationales sont prises en charge par 3 structures du ministère de l’Éducation nationale. Il s’agit de la direction nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales (DNEF-LN), du Centre national des ressources de l’éducation non formelle (CNR-ENF) et l’Académie malienne des langues (AMALAN). Parmi ces 13 langues nationales instrumentées, 12 sont enseignées.
Sidi WAGUE
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