Promotion de la paix et de la stabilité : Le rôle crucial des médias

Globalement, les médias essayent de répondre efficacement aux besoins d’information de nos compatriotes.

Publié jeudi 31 juillet 2025 à 08:54
Promotion de la paix et de la stabilité : Le rôle crucial des médias

Journalistes et reporters d’images lors d'une conférence de presse

S’il est difficile d’accomplir cette mission en période de crise, les médias ne doivent pas renoncer à apporter leur pierre dans la promotion et la consolidation de la paix et de la stabilité. Ils doivent aider à forger une opinion nationale et internationale favorable au pays, sans vouloir maquiller les choses, mais à les restituer avec le plus grand professionnalisme. Sur ce plan, la crédibilité des journalistes et autres communicateurs est essentielle. Les médias peuvent être des vecteurs de cohésion sociale en diffusant des informations fiables, en facilitant le dialogue entre les communautés et en promouvant les droits de l’Homme et l’état de droit. La presse malienne, à un moment donné de la crise, a été utilisée comme rempart contre de prétendues persécutions de communautés minoritaires pour mettre à mal notre vivre ensemble. Heureusement que le professionnalisme et la fibre patriotique des journalistes ont prévalu. Ceux-ci ont apporté leur pierre dans la déconstruction des narratifs de ces prophètes de malheur, à qui on avait trop longtemps laissé le boulevard libre dans la guerre communicationnelle. 

Les observateurs et analyses politiques s’accordent à admettre que les médias peuvent également aider à prévenir la désinformation et à renforcer la résilience de la société. Qu’ils soient traditionnels ou sociaux, ces canaux peuvent fournir des informations vérifiées et équilibrées sur l’actualité ou les évènements majeurs, aidant à contrer les rumeurs et à prévenir la propagation de la désinformation.

Dans le contexte de crise sécuritaire et socio-politique dans notre pays, certains médias adoptent des pratiques contraires à l’éthique et à la déontologie du journalisme. En diffusant des rumeurs et des informations non vérifiées, ils fragilisent davantage une cohésion sociale déjà mise à rude épreuve. Pour mieux comprendre le rôle et la responsabilité des médias dans la promotion de la paix, nous sommes allés à la rencontre de quelques professionnels du secteur. Regards croisés de spécialistes sur la question.

MESSAGES D’APAISEMENT- Bandiougou Danté, président de la Maison de la presse, pense que la promotion de la paix est une responsabilité collective. Compte tenu de leur influence et de leur place dans la société, les médias jouent un rôle clé. «Par leur travail, ils favorisent l’information, la sensibilisation et le vivre-ensemble entre les communautés, tout en encourageant la tolérance», explique le président de la faîtière de la presse. Selon lui, les journalistes doivent respecter strictement les principes fondamentaux du journalisme, en sélectionnant des sujets et des formats pertinents pour répondre aux préoccupations des populations. Cela passe par des articles équilibrés, porteurs de dialogue et d’échanges intercommunautaires. Salif Sanogo, ancien directeur général de l’ORTM, insiste sur l’importance de l’objectivité et de l’impartialité dans le traitement de l’information. «Notre credo doit être l’équilibre, la neutralité, la fiabilité des sources et leur protection», précise-t-il. Il met en garde contre le choix des mots, dont l’impact peut varier, selon les contextes géographiques et culturels. «Les mots doivent être choisis avec soin, car ils peuvent devenir des maux», a-t-il dit, ajoutant qu’un traitement biaisé de l’information, qui attiserait les tensions sociales ou propagerait des préjugés, doit être évité à tout prix. Pour Salif Sanogo, chaque étape du processus journalistique, de l’attribution des reportages à la rédaction des titres, en passant par le montage ou la gestion des rédactions, doit refléter exactitude, impartialité et responsabilité.

Abdoulaye Guindo, coordonnateur national de la plateforme de blogueurs Benbéré, soutient que les journalistes doivent non seulement relater les faits, mais aussi contribuer à consolider la paix, la cohésion et la réconciliation. Cela implique de transmettre des messages d’apaisement et de donner la parole à toutes les parties concernées. «L’éthique journalistique inclut un rôle de médiateur, orienté vers la réconciliation», explique Abdoulaye Guindo, Avant de demander : «Si un journaliste, par sa plume, provoque des conflits et ou l’instabilité, où pourrait-il exercer son métier ?». Pour lui, le comportement quotidien des journalistes est essentiel pour promouvoir la paix.

changement de perspective- Maciré Diop, rédacteur en chef du Journal du Mali, s’inscrit dans la même vision. Ce journaliste aussi considère les médias comme des acteurs clés dans la promotion de la paix, particulièrement dans un pays confronté à des tensions multiples. Leur responsabilité, selon lui, est de fournir une information fiable, équilibrée et responsable, tout en combattant les fausses informations et en favorisant le dialogue intercommunautaire. «Les médias doivent valoriser les initiatives locales de réconciliation et amplifier les voix des victimes ou des artisans de la paix», souligne-t-il. S’adapter au contexte de paix exige de changer de perspective sans renoncer à l’esprit critique. «Le journaliste doit expliquer les conflits avec rigueur, sans alimenter la peur ou la haine, en choisissant des mots apaisants et en mettant en avant des récits positifs», ajoute Maciré Diop. Cela nécessite, d’après lui, sensibilité, formation et parfois, un repositionnement éditorial.

Pour le rédacteur en chef du Journal du Mali, promouvoir la paix n’implique pas de sacrifier la vérité ou d’abandonner les règles du journalisme. Au contraire, cela demande encore plus de rigueur. D’après lui, la vérification des faits, le croisement des sources et le pluralisme des opinions sont essentiels pour garantir la crédibilité de l’information. «Ce qui change, c’est l’intention du journaliste. Au lieu de se limiter à relater les tensions, il doit chercher à en comprendre les causes et proposer des clés pour apaiser», explique Maciré Diop. Ainsi, le journaliste reste fidèle à sa mission d’informer tout en assumant pleinement sa responsabilité sociale dans un contexte de fragilité.

Souleymane SIDIBE

Lire aussi : Opérationnalisation de la BCID-AES : De grandes avancées

La rencontre de Bamako va permettre de mettre en place les organes dirigeants de la BCID-AES, valider les textes fondateurs tout en veillant à la disponibilité des moyens techniques, financiers, juridiques et humains nécessaires à son développement.

Lire aussi : Koulouba : Le Président Goïta inaugure les Places de «Mali Tièbaw» et de «Mali Kèlèmasaw»

À la place des statues des explorateurs et des gouverneurs du Soudan français, se trouvent désormais celles des résistants à la pénétration coloniale et des figures emblématiques de notre Armée.

Lire aussi : À l’heure du Mali : Anciens et nouveaux médias, vent debout

Il est bien loin ce temps où Radio Mali et L’Essor mobilisaient seuls tous les sens des citoyens maliens et façonnaient l’opinion. Jusqu’en 1983, lorsqu’ils furent rejoints par la télévision nationale. La nouvelle venue ne faisait qu’agrandir la famille des «médias publics»..

Lire aussi : Bataille du vrai et du faux : Comprendre la désinformation et les armes du fact-checking

Dans un environnement informationnel en constante mutation, démêler le vrai du faux est devenu un enjeu majeur. Et ce combat contre la désinformation nécessite obligatoirement le respect des principes du journalisme..

Lire aussi : Numérique : terreau fertile à la désinformation

Les médias traditionnels ou classiques prennent le temps de recouper l’information avant de la diffuser. Tel n’est pas forcément le cas des nouveaux acteurs du métier appelés «vidéoman» qui, à la recherche de buzz et de sensation forte pour se faire plus d’audience, tombent facilement .

Lire aussi : Médias publics : Regards croisés sur l’héritage et les défis actuels de l’Essor et de l’Ortm

Dans les lignes qui suivent, nos deux interlocuteurs se sont prononcés sur les rôles de l’Essor et de l’ORTM dans l’ancrage institutionnel de notre pays, leur adaptation à l’évolution numérique, les défis et la contre-attaque dans le cadre de la guerre informationnelle.

Les articles de l'auteur

Télévision AES : Salif Sanogo désigné coordinateur

Le ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l'Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a proclamé ce samedi 13 décembre les résultats du recrutement lancé le 10 novembre 2025..

Par Souleymane SIDIBE


Publié samedi 13 décembre 2025 à 14:51

Bamako : Le Premier ministre nigérien quitte la capitale après une mission consacrée à la BCID-AES

Arrivé à Bamako ce jeudi 11 décembre 2025 à 9h10, le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, a quitté la capitale malienne en fin d'après-midi..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 21:59

AES : Niamey trace la voie d’une souveraineté énergétique et minière sahélienne

Niamey, capitale du Niger, a abrité le 10 décembre 2025 une importante réunion ministérielle de la Confederation des États du Sahel (AES), présidée par le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 17:43

Journées du poisson : Le Mali mise sur la pisciculture pour renforcer la résilience climatique

La 4ᵉ édition des Journées du poisson a été lancée ce jeudi 11 décembre au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ. Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a ouvert les travaux placés sous le thème de la valorisation de la production piscicole face aux impacts du changement climatique..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 16:15

BCID-AES : Le Premier ministre du Niger à Bamako

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a accueilli ce jeudi 11 décembre, à l’aéroport international Président Modibo Keita-Senou, son homologue nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 14:30

AES : Le Mali finalise les préparatifs de la 2è session du Collège des Chefs d’État

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a présidé ce jeudi 4 décembre à la Primature une réunion du Comité de pilotage chargé de préparer les prochaines échéances de la Confédération des États du Sahel (AES). Les travaux ont permis de faire le point sur l’organisation des rencontres prévues ce mois de décembre à Bamako..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 04 décembre 2025 à 14:52

Discours haineux : un nouveau comité annoncé pour protéger les leaders religieux

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a rencontré ce jeudi 4 décembre, à la Primature, les leaders religieux du pays afin de leur annoncer la mise en place prochaine d’un comité chargé de trouver des solutions aux propos haineux visant la religion et les guides religieux..

Par Souleymane SIDIBE


Publié jeudi 04 décembre 2025 à 14:06

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner