Place de la Confédération des États du Sahel : La forte symbolique

En inaugurant cet espace public, vendredi dernier, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rendu hommage à d’illustres figures de notre histoire. Il a aussi rappelé que le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, s’est engagé à redonner à nos compatriotes leur fierté et leur dignité d’antan

Publié jeudi 26 décembre 2024 à 07:26
Place de la Confédération des États du Sahel : La forte symbolique


À Kalaban coura, en Commune VI du District de Bamako, se dresse fièrement les bustes coulés dans du marbre des présidents de la Confédération des États du Sahel (Confédération AES), à savoir le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, le Général d’armée Assimi Goïta du Mali et le Général de brigade Abdourahamane Tiani du Niger.

 La Place précédemment appelée du Sommet Afrique-France a été rebaptisée Place de la Confédération AES. Elle a été inaugurée, vendredi dernier, par le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de division Abdoulaye Maïga. C’était en présence des membres du gouvernement dont le ministre chargé de la Culture, Mamou Daffé, des représentants des ambassades du Burkina et du Niger et des légitimités traditionnelles.

Dans son discours, le Chef du gouvernement rappelé le sentiment de fierté nationale et de responsabilité historique qu’il l’animait. «Cet événement incarne une volonté ferme et résolue de réhabiliter notre histoire, de magnifier nos héros et héroïnes, et de renforcer notre identité nationale. La République du Mali, berceau de vastes et puissants empires et royaumes, est l’héritière d’une civilisation millénaire riche et rayonnante.


Notre histoire est jalonnée d’actes d’héroïsme et de bravoure incarnés par des rois, empereurs, guerriers, soldats, ainsi que des figures emblématiques de la politique, de la culture, des sciences, des arts et des lettres», a dit le Général Maïga. Et de renchérir : «cependant, cette brillante histoire a souvent été éclipsée par les manœuvres d’effacement de la mémoire des peuples colonisés, entreprises par le colonisateur».

Le Chef du gouvernement a souligné qu’il y avait donc la nécessité de corriger le tir. Les symboles, tout comme les noms, portent une charge mémorielle puissante. Or, de nombreuses voies et édifices publics de notre capitale ont longtemps glorifié des personnages et événements de la période coloniale, au détriment de nos héros nationaux, a dit le locataire de la Primature.  Pour Abdoulaye Maïga, «des avenues et rues telles que l’Avenue de l’Artois, l’Avenue de la Marne, ou encore la Rue Archinard, perpétuent des noms qui ne trouvent aucun écho dans la mémoire collective des Maliens.»

Face à ce constat, nos aînés ont, dès les premières heures de l’indépendance, engagé des actions de restauration de notre histoire. Sous leur impulsion, des monuments et institutions coloniales ont été rebaptisés, à l’image du Lycée Terrasson de Fougères devenu «lycée Askia Mohamed», ou encore du Stade Bouvier, renommé «Stade Mamadou Konaté». Ces initiatives honorent des figures telles que Kankou Moussa, Aoua Keïta, Siramory Diabaté et tant d’autres, qui continuent d’inspirer notre peuple, a rappelé le Premier ministre.

 

REDONNER AU MALIEN SA FIERTÉ-Cependant, a relevé le Général Maïga, force est de reconnaître que d’innombrables figures illustres demeurent encore enfouies dans les méandres de notre mémoire collective. Les questions mémorielles jouent un rôle crucial dans la formation citoyenne, car une nation qui oublie ses héros se prive de repères essentiels pour se construire et se développer.

C’est pourquoi, dira le Premier ministre, le «président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, s’est engagé à redonner au Malien sa fierté, son honneur et sa dignité». Les Assises nationales de la Refondation (ANR), tenues en décembre 2021, ont également réaffirmé cette ambition en recommandant la réhabilitation de nos héros nationaux.

L’initiative s’inscrit dans cette dynamique. Le Décret n°2024-0722/PT-RM du 13 décembre 2024 portant dénomination de voies, places et établissements publics dans le District de Bamako les attribue des noms de personnalités et références nationales, africaines, panafricaines voire universelles ayant marqué notre histoire par leurs exploits, leurs savoirs et leur engagement au service de la nation malienne et au service de l’humanité.

Ce processus a été conduit avec une approche inclusive et participative, apprécie le chef du gouvernement. Il a félicité le ministère en charge de la Culture, qui a dirigé avec diligence et expertise ce processus à travers la Commission nationale de baptême des lieux publics. Cette commission, appuyée par des historiens, chercheurs, représentants de la société civile, familles fondatrices de Bamako et communicateurs traditionnels, a veillé à ce que chaque dénomination reflète l’héritage culturel, politique et scientifique de notre pays.

Dans un souci de justice et d’impartialité, aucune figure vivante n’a été retenue pour ce premier décret. Cette démarche vise à éviter toute tentation de culte de la personnalité et à garantir une reconnaissance historique fondée sur des faits avérés. Le décret concerne une première liste de vingt-huit (28) personnalités physiques et sept (07) personnalités morales emblématiques. Parmi elles, des noms résonnant comme des symboles de courage, de patriotisme et d’excellence. Cette initiative ouvre la voie à d’autres étapes, avec des listes onomastiques élargies à d’autres localités du Mali.

Il est impératif pour notre nation de préserver et valoriser notre patrimoine mémorial. En attribuant ces noms, nous ne faisons pas que rendre hommage aux illustres figures de notre passé, nous construisons un socle pour les générations futures. Ces noms doivent être des sources d’inspiration et des références éducatives pour nos enfants et nos jeunes.

Ensemble, réapproprions-nous notre histoire, glorifions nos héros et transmettons aux générations futures une mémoire nationale digne de notre grandeur, a conclu le Premier ministre.

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L’avenue Cedeao  devenue avenue AES

 

Avec la nouvelle dénomination des voies, places et établissements publics dans le District de Bamako, l’Avenue Cedeao qui part du pont Fahd à l’aéroport international Président Modibo Keïta Sénou, porte désormais le nom de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Pour rappel, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont signé, le 16 septembre 2023 à Bamako, la Charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des États du Sahel (AES), avec pour objectif de renforcer la sécurité régionale en mutualisant les efforts militaires et en partageant les renseignements pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.

Réunis en session inaugurale, le samedi 6 juillet dernier à Niamey au Niger, les chefs d’État des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont  approuvé et paraphé le traité concrétisant la création d’une Confédération entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le Général d’Armée Assimi Goïta du Mali en est devenu le premier président.

Youssouf DOUMBIA

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