Des jeunes mendiants vagabondant sur une voie publique
La mendicité est un phénomène qui a acquis droit de cité dans notre pays depuis des lustres. Il ne concernait que les talibés pour lesquels, il représentait une forme d’éducation à l’humilité, un moyen de subsistance, avant d’être complètement dévoyé de son essence initiale. C’était pareil pour les plus nécessiteux, notamment les personnes dans un état d’extrême pauvreté, qui tendaient la sébile pour avoir de quoi se nourrir.
Aujourd’hui, le phénomène a pris des formes diverses et malheureusement beaucoup de personnes sont en train d’ériger la pratique en une profession. Les mendiants sont légion dans notre pays. Il suffit pour s’en convaincre de se promener sur les grandes artères, au niveau des carrefours ou des feux tricolores où ils apostrophent et agacent certains usagers de la voie publique.
On les retrouve aussi devant les grandes surfaces, restaurants et pâtisseries, marchés, mosquées et églises, voire les cimetières. Certains d’entre eux abusent de cette charité humaine à l’endroit des plus nécessiteux. En tout cas, c’est devenu une sorte de «commerce» qui prospère et génère argent et autres dons en nature pour ceux qui en pratiquent, c’est-à-dire les mendiants. C’est le cas de ce mendiant de nationalité guinéenne qui officie au niveau de la Grande mosquée de Bamako. Ce lieu de culte ne désemplit pas du fait de sa position géographique; surtout sa proximité avec une zone commerciale.
Le jeune mendiant a expliqué avoir commencé à mendier dans son pays au compte d’un maître coranique, avant de se retrouver à Bamako, il y a 5 ans. «à 15 ans, j’ai décidé de tenter l’aventure et de voler de mes propres ailes. J’ai vécu des expériences difficiles et étais ainsi contraint de continuer à faire la manche pour survivre. La pratique rapporte plus facilement à Bamako. Il m’arrive souvent de me retrouver avec une recette journalière de 10.000 Fcfa», confie-t-il.
RECONVERTI MENDIANT- Un autre mendiant, ressortissant nigérien dans notre pays, au niveau des feux tricolores de Quinzambougou, en Commune II du District de Bamako, sollicite la charité des usagers. Le mendiant explique à qui veut l’entendre travailler au compte d’un particulier qui aurait même fait fortune dans l’exploitation des mendiants. Celui qui a posé sa valise à Bamako depuis 4 ans maintenant reçoit une part du gâteau parce qu’il a un salaire mensuel. Il espérait trouver un travail digne de ce nom à son arrivée dans notre capitale, rester un peu de temps et retourner au bercail avec une petite fortune. Malheureusement pour lui, les choses ne se passent pas comme il le souhaite. Il s’est finalement reconverti mendiant après avoir eu contact avec ce réseau de mendiants au service d’un «homme véreux».
«Je n’avais aucune attache familiale à Bamako. Comme je n’avais aucun job, j’ai commencé à tendre la sébile pour avoir la charité des âmes sensibles afin d’avoir ma pitance. Et un jour, j’ai entendu parler d’un homme qui recrutait des gens pour mendier et suis tombé dans le panneau», affirme le ressortissant nigérien sous anonymat, avant d’ajouter que son employeur lui paye une rémunération mensuelle de 50.000 Fcfa ainsi qu’à bien d’autres employés. «C’était le triple de ce que je pouvais gagner par mois. Il m’a posé des conditions et j’ai accepté sans calcul. Ainsi, je suis entré dans ce réseau de mendicité», détaille le mendiant. Il explique aussi qu’à la fin de la journée, un compte rendu est fait au patron tout comme un versement journalier. Cette forme de mendicité s’apparente à une industrie. Elle est plus ou moins appréciée de certains.
Issa Diarra, un citoyen lambda, rejette cette forme de mendicité. Celui qui est domicilié à Faladiè, en Commune VI du Dstrict de Bamako, trouve humiliant cette pratique. Pour lui, au regard du nombre de mendiants qui accroît, la capitale fait face à une menace réelle. Ce qui explique en partie, selon lui, la résurgence de la délinquance et de l’escroquerie. Notre interlocuteur dit même ne pas considérer ces mendiants comme des vrais. Il estime qu’un mendiant comme tel n’a aucun moyen de subsistance et a donc forcément besoin de la charité, de la solidarité des autres. Or, les mendiants que nous avons rencontrés aujourd’hui peuvent bien exercer des métiers comme la mécanique, la menuiserie et à défaut être des techniciens ou techniciennes de surface.
Seydou Keïta, coordonnateur de l’Assurance B au Mali (un service qui s’occupe des situations mère-enfant) partage ce point de vue. En les encourageant dans ce sens, cela entraînera un retard de développement du pays et de l’émigration des personnes. Le muezzin d’une mosquée de Niamana, Ali Camara, trouve anormal que certains fassent de la mendicité un métier. Et d’évoquer que ce n’est pas normal qu’une créature de Dieu profite des autres pour gagner sa vie. Les auteurs recevront, affirme le religieux, une punition divine parce qu’Allah, Le Clément Miséricordieux, reste Maître du Jugement dernier.
Au regard de la gravité de la situation, les autorités compétentes, sur orientations des religieux devaient prendre des mesures pour réguler la pratique de la mendicité. En termes clairs, de nombreux compatriotes pensent qu’il faut prohiber le phénomène au niveau de certaines artères, feux tricolores et devant les restaurants et pâtisseries qui trouble la quiétude des usagers et des clients. Mais ils restent conscients qu’on ne peut bannir la mendicité.
Tiabwa Christine DEMBÉLÉ
Rédaction Lessor
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