
Ces basins proviennent de l’Autriche, de la République tchèque et de la Chine
Ce samedi 22 février 2025, vers 16h, Mama Tamboura et ses belles-sœurs, en partance pour un baptême dans une rue de Sébénicoro en Commune IV du District de Bamako, sont bien habillées en « basin chinois». Le petit groupe cause de tout et de rien. «Nous voici bien sapées, sans avoir à débourser beaucoup d’argent», lance l’une d’entre elles.
Interrogée, Mama Tamboura affirme qu’elle et ses belles-sœurs ont opté pour ces tissus pour la célébration d’un baptême. Et ce n’est pas une première. Il y a quelques semaines, elles avaient choisi la même qualité de basin à l’occasion d’un autre baptême. «Nous en achetons par trois pagnes à 3.000 Fcfa et nous les amenons directement à l’atelier de couture.
Si c’était d’autres types de basin, nous pourrions dépenser plus que ça. Par exemple, rien qu’avec la teinture traditionnelle «gala», chacune de nous aurait dépensé 40.000 à 45.000 Fcfa», explique-t-elle. Et de reconnaître que la qualité de ce « basin chinois », comparée à d’autres modèles, laisse à désirer.
Ces dernières années, le basin chinois a gagné du terrain. On en voit de toutes les couleurs dans les marchés de Bamako et sur les réseaux sociaux. L’implication de ce pays d’Asie dans le commerce du basin permet de le vendre à moindre coût, comparativement à ceux qui viennent d’Allemagne ou d’Autriche.
Sa teinture est réalisée sur place avant son importation au Mali. Son apparence et son prix séduisent de nombreux amateurs, majoritairement des femmes qui peuvent ainsi continuer à s’habiller avec élégance en cette période de vaches maigres. Aïssata Guindo est commerçante d’habits à Kalaban coura. Elle tient une grande boutique et vend aussi en ligne. Celle qui est connue sous le nom d’«Inna Shop» confie qu’elle se ravitaille en tissus chinois depuis deux ans.
Elle en propose deux modèles. Trois mètres du premier choix coûtent 5.000 Fcfa. Cette qualité est importée de la Chine avec teinture. Et le deuxième choix, teinté ici au Mali, est vendu à 10.000 Fcfa (trois mètres). La vendeuse reçoit des commandes de l’extérieur et les cérémonies sociales sont des occasions pour elle de faire plus de profits. «Nos basins ordinaires, teints à la main, sont 100% coton, alors que les autres sont des tissus synthétiques qui sont accessibles pour tous en raison de leur prix», dit-elle. Avec plus de 143.000 abonnés sur TikTok, Aissata Guindo assure qu’on peut réaliser tous les modèles de couture avec le basin chinois, tout comme le basin ordinaire.
Fatoumata Coulibaly que nous avons rencontrée chez «Inna Shop», vient d’acheter 15 mètres à 10.500 Fcfa. «Il y a un mariage dans ma famille. L’uniforme en basin riche teinté coûte 40.000 Fcfa. Nous avons donc décidé d’acheter du basin chinois pour les enfants, même couleur que l’uniforme des adultes afin de réduire les dépenses», raconte la cliente.
Les propos de beaucoup de dames montrent que ce vêtement est convoité actuellement. Mamou Tall, agent d’un service public, a été désigné marraine d’un mariage. Pour la circonstance, elle a acheté 5 mètres de basin chinois pour en faire sa parure de «demba foli». «Quand je me suis parée, beaucoup de personnes m’ont apprécié. Certaines ne se sont même pas rendues compte qu’il s’agissait d’un tissu chinois», confie-t-elle.
AVENIR DE LA TEINTURE ARTISANALE- Au Grand Marché de Bamako, Issouf Barry, commerçant, possède une grande boutique où il revend les basins de «duex». Ce tissu est de plus en plusdemandé par les clients. «Ces deux types de basin, de qualité et de prix différents, ont chacun leur public. Ils embellissent les femmes tous les deux lors des cérémonies, mais il est facile de les différencier», explique-t-il. Et de préciser que le basin tissu est vendu à partir de 3.500 Fcfa pour 3 mètres, tandis que le prix du basin riche teint à la main varie selon la qualité et le motif.
Modibo Fané, alias Logobè, est dans le domaine du basin depuis plus de 10 ans. Nous l’avons rencontré dans sa boutique, non loin du centre artisanal situé au Grand Marché de Bamako. D’après lui, les basins sont comme les doigts de la main. Les qualités de coton diffèrent et c’est au client de choisir selon ses moyens. Tout en servant les clients qui font la queue dans sa boutique, il confie que les basins qu’il vend, proviennent d’Autriche, de la République tchèque et de la Chine.
«Les basins appelés tissus basins, je préfère les nommer basins java. Je pense qu’ils ont eu un impact considérable. Ce que j’aimerais, c’est que tous les Maliens refusent tout type de basin autre que ceux teintés par nos artisans, car ils sont de bonne qualité et créent des emplois», explique le commerçant. Il estime que c’est à l’État de prendre en main cette situation, car de nombreux teinturiers (hommes et femmes) ont vu leurs revenus diminuer à cause des basins chinois et des Getzner qui n’ont pas besoin de teinture traditionnelle.
«Je suis vendeur de ces types de basins, mais le bonheur et la réussite de notre pays dépendent des basins teints artisanalement, car c’est ce système qui profite à notre pays», insiste Logobè. En effet, plusieurs teinturières ont cessé d’exercer ce métier. D’autres arrivent encore à tirer leur épingle du jeu. La teinture artisanale du basin est un travail laborieux. Les teinturières importent le tissu principalement en coton, parfois en soie ou en laine.
Elles le trempent dans des pigments, avant de les faire sécher. Il est ensuite trempé dans une solution d’amidon pour lui donner de la brillance. Bintou Dembélé, alias «Bi», teinturière à Hamdallaye en Commune IV de Bamako, vend du basin teinté artisanalement. Elle est consciente de la présence massive des basins chinois sur le marché, mais estime que cela ne menace guère son activité. «Le basin que nous teintons à la main se distingue du basin tissu chinois, qui procure beaucoup de chaleur.
Le basin ordinaire est plus durable et garde son éclat même après plusieurs lavages», affirme-t-elle. Et d’ajouter que les teinturiers innovent en créant constamment de nouveaux motifs. Pour Mme Siby Aissata Sow, la qualité des basins teintés par nos artisans est inégalable. «Je n’apprécie pas ces nouveaux basins chinois. Ils sont trop moulants et facilement reconnaissables», dit-elle. Et de craindre un impact négatif sur le secteur de la teinture artisanale qui fait vivre de nombreux acteurs.
Fatoumata Mory SIDIBE
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L’artisanat malien innove. Sa nouvelle création : les bijoux en argent trempés dans l’or, ont la côte au Mali et au-delà. Adaptés à toutes les occasions (cérémonies sociales ou soirées), ces articles sont prisés pour la qualité et le coût jugé dérisoire : 1.250 Fcfa en gros, contre.
C’est ce que pensent les acteurs de ces secteurs notamment ceux opérant dans la transformation de ces produits. L’approvisionnement correct des industries devant permettra de rendre l’huile alimentaire accessible aux populations à des prix abordables et en continu.