Marché des oignons : La baisse des prix fait le bonheur des négociants et des consommateurs

Malgré les nombreuses contraintes qui ont impacté la production, on assiste à une baisse drastique des prix de cette denrée de première nécessité au grand bonheur des ménages en cette veille du mois de Ramadan

Publié jeudi 23 mars 2023 à 06:51
Marché des oignons : La baisse des prix fait le bonheur des négociants et des consommateurs

 Le kilogramme de ce légume qui, au mois de décembre était vendu entre 600 et 750 Fcfa, est maintenant cédé entre 200 et 250 Fcfa

 

 

L’oignon qui est utilisé dans presque toutes les cuisines du monde comme aromate universel est un légume à part entière. Il est riche en composés antioxydants. Lorsqu’il est consommé régulièrement et en quantité suffisante, ces composés peuvent aider à protéger l’homme contre des maladies chroniques telles que le cancer et le diabète. Parmi ses multiples propriétés, l’oignon a des vertus antiseptiques et antibactériennes.

Notre pays est l’un des plus grands producteurs d’oignon de la sous-région. Selon les statistiques de la direction nationale de l’agriculture (DNA), le Mali a produit 844.621 tonnes d’oignon en 2021, contre 610.575 tonnes l’année dernière. Cette chute de production de la campagne 2022 est due à plusieurs facteurs, souligne Amadou Koné, chargé de statistique, suivi et évaluation à la DNA. Parmi ceux-ci, il y a la hausse des prix des intrants et des semences auxquels s’ajoutent des problèmes techniques d’aménagement, tel que le système d’irrigation.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine qui a exacerbé la crise économique mondiale avec la flambée du prix du carburant, n’est pas en reste, analyse le technicien. Malgré cette situation, le marché de l’oignon connaît une grande embellie en cette veille du mois de Ramadan, faisant le bonheur des ménagères, pour qui connaît la place de l’oignon dans nos cuisines.

 

Des prix défiants toute concurrence- Ainsi, le kilogramme d’oignon qui, au mois de décembre était vendu entre 600 et 750 Fcfa, est maintenant cédé entre 200 et 250 Fcfa. La gare routière «Niono place», située au Grand marché de Bamako, est la plaque tournante du marché de l’oignon dans la capitale.

En se rendant là-bas, notre équipe tombe dans un tohu-bohu indescriptible, rythmé par les mouvements des camions qui déchargent des sacs d’oignon, les négociants et les revendeurs se disputant la marchandise. Le ballet incessant des «pousse-pousse» et tricycles remplis du précieux légume garnit le décor. À cet endroit, on y trouve de toutes les qualités, déversées à même le sol, en tas ou des stocks de sacs superposés auprès de leurs propriétaires et dans les magasins.

Ousmane Sangaré nous accueille avec un ton agréable. Chez lui, le kilo est vendu à 225 Fcfa et le sac est cédé entre 10.500 à 12.000 Fcfa. Avec une vente journalière estimée en moyenne à 100 sacs d’oignon de 50 kg, Ousmane se frotte les mains. Il atteste que le marché est très florissant en ce moment. À sa gauche, se trouve Amadou Touré, vendeur de gros oignon. Chez lui, le sac est vendu entre 8.000 et 9.000 Fcfa.


À quelques pas de ces derniers, se trouve Abou Traoré. Il est marchant d’oignon depuis 12 ans. Dans son magasin, il dispose de plusieurs variétés d’oignon. Et, les prix varient en fonction de la qualité, la variété et la taille du légume. Le prix du kilogramme du petit oignon par exemple, varie entre 175 et 200 Fcfa, et le gros oignon, entre 200 et 250 Fcfa.

Une cliente du nom d’Assétou Diallo vient d’acheter 7 kg de gros oignon au prix de 275 Fcfa le kilo. Elle se réjouit de cette baisse du prix, car elle aura besoin de cette denrée pendant tout le mois de Ramadan, où la consommation devient forte chez elle. Il y a juste un mois, le kilogramme du même oignon qu’elle vient d’acheter, coûtait 400 Fcfa. Une véritable aubaine pour les consommateurs.

Au Mali, l’oignon est généralement produit en contre saison, c’est-à-dire entre les mois de novembre et mars. Les meilleurs rendements sont obtenus par ceux qui parviennent à semer pendant les mois de novembre et décembre, explique le technicien de la DNA. Le rendement dépend aussi du niveau de fertilité des sols.

Les producteurs qui apportent plus de fumiers organiques associés à un peu d’engrais chimiques, parviennent à faire de bonnes productions, assure Amadou Koné, estimant que dans certaines localités, les producteurs peuvent faire un rendement de 30 à 35 tonnes par hectare. Il faut rappeler que l’oignon est cultivé dans la plupart des localités de notre pays, avec de grands bassins de production comme Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou et Sikasso.

Korotoumou TOGOLA

 

Rédaction Lessor

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