#Mali : Produits vivriers de Côte d’ivoire : Les prix grimpent à Sikasso

Frontalière avec la Côte d’Ivoire, la Région de Sikasso est la porte d’entrée des produits ivoiriens à destination de notre pays. Suite à la suspension de l’exportation par les autorités ivoiriennes, les longues files de camions transportant ces produits ont disparu depuis quelques semaines

Publié mercredi 21 février 2024 à 06:51
#Mali : Produits vivriers de Côte d’ivoire : Les prix grimpent à Sikasso

Les autorités ivoiriennes ont suspendu l’exportation de près d’une vingtaine de produits vivriers. Il s’agit de l’igname, du maïs, du riz, du mil, du sorgho, du fonio, de la graine de palme, de la banane plantain, du piment, de l’aubergine, de la tomate, du gombo, de l’attiéké, de la semoule de manioc, de manioc, de la pâte de manioc, de la poudre de gombo, de la poudre de piment et la poudre de maïs. Entrée en vigueur le 15 janvier dernier, cette mesure durera six mois. Elle a été motivée par le besoin de pouvoir garantir la sécurité alimentaire des populations vivant en Côte d’ivoire en assurant un approvisionnement régulier des marchés ivoiriens en produits vivriers. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les échanges entre nos deux pays. Si l’on sait que le Mali est un gros importateur de certains de ces produits : igname, banane plantain et de attiéké.

En la matière, la Région de Sikasso, frontalière avec la Côte d’Ivoire, est la porte d’entrée des produits ivoiriens à destination de notre pays. Les longues files de camions transportant ces produits ont disparu depuis quelques semaines. Ils affluaient habituellement au marché «Soukounikoura» de Sikasso. Ce marché est connu de tous comme le fief des commerçants importateurs notamment de fruits et légumes en provenance du pays d’Alassane Ouattara.

Ce lundi du mois de février 2024, il est 10 heures dans ce marché. Comme d’habitude, les commerçants grossistes et détaillants sont au four et au moulin pour pouvoir écouler leurs marchandises. Les clients sont également au rendez-vous pour effectuer les achats. Cette ambiance animée cache mal l’inquiétude des commerçants grossistes qui approvisionnent ce marché. «C’est après avoir chargé mes deux camions en ignames en Côte d’ivoire que j’ai été informé de la décision de suspension. Pour permettre à mes véhicules de sortir de ce pays, j’ai été obligé de payer 500.000 Fcfa par camion au poste frontalier, soit un million de Fcfa», témoigne l’importateur de l’igname Abdramane Diabaté, en pesant des ignames.

Contrairement à ce dernier, l’importateur de banane plantain Abdramane Diallo alias «Rougeot» avait été informé de cette mesure des autorités ivoiriennes. Mais ses délégués étaient déjà sur place avec l’argent pour les achats. «L’argent avait même été réparti entre nos fournisseurs de bananes plantains. Cet argent ne me sera remboursé qu’après la levée de la mesure de suspension», confie-t-il. Il est pourtant obligé de fournir ses clients locaux repartis un peu partout à travers le pays pour espérer recouvrer les crédits qu’il a avec eux. «Tant que je ne leur envoie pas de nouvelles marchandises, ils n’enverront pas mon argent», s’inquiète-t-il, précisant que c’est la règle du jeu. Concernant l’attiéké consommé à Sikasso, il provient à 90% de la Côte d’ivoire.

Cette situation a créé un déséquilibre entre l’offre et la demande concernant ces produits. Ce qui n’est pas sans conséquences sur les prix de ces denrées. Le sac de banane plantain qui était cédé à 12.500 Fcfa se vend entre 20.000 Fcfa et 22.500 Fcfa. Le prix du kilogramme de l’igname est passé de 225 Fcfa à 300 Fcfa. «Auparavant, on nous cédait près de sept ou huit gros morceaux de banane plantain à 500 Fcfa. Aujourd’hui, six petits morceaux coûtent 500 Fcfa. Cette quantité coûtait 400 Fcfa», déplore la consommatrice Aminata Diarra.

Pour y faire face, les commerçants ont déjà commencé à explorer d’autres pistes. «Nous nous sommes rabattus sur le Burkina Faso et la Guinée afin de pouvoir continuer à approvisionner nos clients», explique Rougeot. Il explique que la banane plantain peut également être importée du Bénin et du Ghana. Mais la distance à parcourir est trop longue, ce qui peut avoir un impact sur la qualité du produit qui pourrait pourrir avant d’arriver à destination.

Tahirou Bengaly, lui, minimise la portée de cette mesure. «Je pense qu’elles n’auront pas assez d’impact sur nous, car Sikasso est l’un des bassins de production agricole du Mali. En dehors de la banane plantain, les autres produits concernés sont cultivés chez nous», assure ce consommateur. La population est même en train de produire de l’attiéké sur place. Toute chose qui pourrait booster la production nationale.


Selon le chef du bureau statistique et suivi évaluation de la Direction régionale de l’agriculture (DRA), Moussa Dembélé, la production locale du manioc au titre de la campagne 2023 est de 28.056 tonnes, celle de l’igname est estimée à 48.035 tonnes. «Ces tubercules sont produits localement dans les Cercles de Sikasso et de Kadiolo», précise-t-il, assurant que le marché Sikassois est bien fourni en ces tubercules. «Ces tubercules sont disponibles ici, nous importons uniquement en début et pendant l’hivernage. Donc, on ne sent pas trop l’impact de la situation sur la population», conclut-il.  

 

Amap-Sikasso

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

Lire aussi : Centrales syndicales au Mali : Le gouvernement s'engage pour une élection professionnelle inclusive

Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, a décidé de suspendre l’application de la circulaire relative à la mise en place des commissions électorales régionales et locales pour les élections professionnelles de 2026, selon une correspondance o.

Lire aussi : Markala : Une cinquantaine de terroristes pilonnés dans un camp d’entraînement

C'était lors des opérations aériennes menées par les FAMa dans une zone boisée découverte à une vingtaine de km de Markala.

Lire aussi : Organisation mondiale des douanes: Le Mali préside la 47è session du Comité de lutte contre la fraude

Le poste de Président de la 47è session du Comité de lutte contre la fraude (CLF) de l'Organisation mondiale des douanes (OMD) est désormais assuré par le Mali..

Lire aussi : Mopti : Tenue de la première édition du Festival Dambé Kènè

Le festival Dambé Kènè s’est tenu du 27 au 29 mars 2026 sur le terrain municipal Hambodedjo de Sévaré. Cet événement culturel majeur qui est à sa première édition, met en lumière la richesse et la vitalité de la culture malienne. Il a été organisé par Mme Sanogo Salimata Coulibaly .

Lire aussi : Macina : Rencontre sur l’augmentation du prix de la viande

Une rencontre a réuni lundi à Macina, le maire de la commune, Mourzouk Yattara et les acteurs impliqués dans la filière viande fraîche. Parmi ces acteurs, figurent les responsables des services techniques impliqués, le président de la Coopérative des éleveurs, les bouchers, les faîtières .

Lire aussi : Niafunké : Arrivée des convois de camions et bus de marchandises venant de Bamako

Cinq camions remplis de marchandises et trois bus voyageurs sont arrivés, vendredi à la Gare routière de Niafunké en provenance de Bamako, bravant l’insécurité, après plusieurs interventions des Forces de défense et de sécurité. Ces engins ont emprunté la voie reliant Niono, Nampala, L.

Les articles de l'auteur

Sikasso : La semaine sportive, artistique et culturelle de l’académie d’enseignement a vécu

L’événement a été marqué par des concours de poésie, de lecture, de chorégraphie et de slam, ainsi que par des compétitions de football, de basketball et d’athlétisme.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié jeudi 02 avril 2026 à 08:27

Sikasso : Les grottes de Missirikoro, entre légende et mystères

La Région de Sikasso regorge de nombreux sites historiques parmi lesquels les grottes de Missirikoro. Un endroit à découvrir à tout prix.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:37

Souleymane Traoré alias Néba Solo : Le balafon, c’est aussi une identité sénoufo

Instrument emblématique, le balafon est depuis très longtemps admiré par les Maliens. Cet instrument de percussion était utilisé par les griots dans un premier temps avant d’être joué par toutes les catégories sociales. Il joue un rôle crucial dans la refondation de notre pays. Dans les lignes qui suivent, l’enfant de Nébadougou dans le Kénédougou, Souleymane Traoré alias Néba Solo, livre sa perception du balafon en milieu senoufo.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:30

Nuit du citoyen à Sikasso : 12 citoyens distingués pour leur engagement

La salle de conférence du gouvernorat de Sikasso a abrité, mardi dernier, la 2è édition de la «Nuit du citoyen». La rencontre était présidée par la gouverneure de la région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié lundi 23 février 2026 à 08:38

Sikasso : Le festival international nangnerki, un véritable espace de brassage culturel

Le stade Babemba Traoré de Sikasso vibre depuis le 10 février, et ce durant une semaine, au rythme du festival Nangnerki. Le «Nangnerki» est une appellation vernaculaire senoufo du spécimen de l’arbre dans lequel sont taillés les lames du balafon. L’évènement constitue un espace de rencontre de plusieurs ethnies du Mali et d’ailleurs..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 18 février 2026 à 08:38

Sitafa Berthé : «Les semences locales de pomme de terre sont de bonne qualité»

La saison froide est propice pour la culture de la pomme de terre. En cette période de semis ou encore de plantations de semences de la pomme de terre, Sitafa Berthé, président de la Coopérative des producteurs de semence de la pomme de terre (Faso shi) de Sikasso, mais aussi de la Confédération nationale des producteurs de pomme terre du Mali, met en valeur les semences locales.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:46

Tribunal de grande instance de Sikasso : La chambre criminelle tient sa 1ère session

La 1ère session de la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Sikasso qui a démarré, lundi dernier, se poursuivra jusqu’à vendredi prochain. La session jugera cinq dossiers à savoir un cas de meurtre et quatre cas d’atteinte sexuel (viols et pédophilies)..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 17 décembre 2025 à 11:18

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner