Le procès de l’achat de l’avion présidentiel et des
équipements militaires est entré dans sa troisième semaine. L’audience du lundi
dernier a vu les derniers témoins se succéder à la barre. Le représentant de la
société Guo star, Ousmane Boiré, a été le premier à passer devant les juges.
Interrogé par le président de la Cour sur les versements faits sur les comptes
des structures Golden Road et Bureau africain de recherches
technologiques(Bart) à Abidjan pour un montant de 9 milliards de Fcfa, le
témoin a répondu qu’il n’en savait pas grand-chose. Pour les retraits d’un
montant d’environ 900 millions de Fcfa effectués par sa société, Ousmane Boiré
a dit ceci : «Quand j’ai fait les retraits, je les ai remis à Nouhoum
Kouma».
Puis le représentant
de Guo-Star a laissé entendre qu’il n’en savait rien sur le coût des commandes
passées par le ministère de la Défense et des Anciens combattants avec sa
société. Il a aussi précisé à la Cour que sa structure n’avait pas fourni
d’armes et de munitions, mais uniquement des équipements. Cela a été confirmé
par le général Moustapha Drabo qui dirigeait la Direction du matériel, des
hydrocarbures et du transport des armées (DMHTA) au moment des faits.
Les juges ont
également entendu Amadou Makan Sidibé, ancien directeur des finances et du
matériel au ministère de la Défense et des Anciens combattants. Le témoin a
affirmé n’avoir joué aucun rôle dans l’élaboration du protocole. «C’est assis
dans mon bureau que le ministre Soumeylou Boubeye Maïga m’a envoyé une copie»,
a-t-il dit, ajoutant qu’il n’avait pas non plus joué de rôle dans son
exécution. «Aucune réception, aucun paiement», a-t-il insisté.
Quant à l’achat de
l’avion présidentiel, Amadou Makan Sidibé a déclaré l’avoir appris dans les
journaux. «On a reçu trois mandats de délégation. À sa réception, ça a été
renvoyé au niveau du service compétent», a-t-il déclaré. Le contrat, selon lui,
devrait passer en Conseil des ministres eu égard au montant colossal. Et le
parquet de lui demander si les contrats en question étaient passés sous le
sceau du secret défense, le témoin n’a pu apporter de précisions.
Le sous-directeur de matériel à la DMHTA au moment des faits, le colonel-major Mamadou Traoré, a été aussi entendu. Il a expliqué avoir participé à la réception des véhicules et pièces de rechange au nombre de 281 engins. Interrogé sur la qualité de ces véhicules, l’officier supérieur a répondu : «C’est des bons véhicules. Je confirme en tant que technicien et depuis 2014, ils sont en train de servir encore à Gao».
Après l’écoute des témoins, l’audience a été suspendue et reprendra ce mercredi avec le réquisitoire du parquet et les plaidoiries des avocats de la défense.
Tamba CAMARA
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