#Mali : Journée africaine de l’état civil : L’accès à un état civil, un droit pour les déplacés internes

Les personnes déplacées, comme tout autre citoyen, ont un droit inaliénable à l’identité juridique qui les protège. Et sans ce document, elles restent invisibles, vulnérables et privées de leurs droits les plus élémentaires

Publié lundi 12 août 2024 à 07:12
#Mali : Journée africaine de l’état civil : L’accès à un état civil, un droit pour les déplacés internes

Célébrée le 10 août de chaque année, cette journée est une occasion de sensibiliser les populations sur l’importance de l’enregistrement des événements vitaux

 

 

Plein de symbole et de compassion. Le site des déplacés de Faladié en Commune VI du District de Bamako a servi de cadre, samedi dernier, à la commémoration de la 7è édition de la Journée africaine de l’état civil (JAEC). L’événement a été présidé par le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel Assa Badiallo Touré.

Les ministres africains en charge de l’état civil ont institué, en 2017, la JAEC lors de leur 4è conférence tenue à Nouakchott (Mauritanie).

Célébrée le 10 août de chaque année, cette journée est un moment de réflexion, de collaboration et d’actions en faveur du renforcement des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques vitales. Elle constitue aussi une occasion idoine de sensibiliser les populations sur l’importance de l’enregistrement des événements vitaux tels que les naissances, les mariages et les décès dans les délais requis.

Cela, afin de promouvoir l’enregistrement systématique des faits d’état civil. Chaque moment charnière de la vie : naissance, mariage et décès, donne des droits aux individus. Seul, l’enregistrement de ces faits par les services de l’état civil permet aux citoyens d’accéder à ces droits. «Le respect des droits humains est intimement lié au bon fonctionnement des services de l’état civil», a indiqué le ministre chargé de l’Administration territoriale.

Cette année, le thème retenu est : «Renforcer les liens entre l’enregistrement des faits d’état civil et statistiques de l’état civil et les systèmes d’identité juridique par la transition numérique au service d’une inclusion plus forte». Quant au thème national, il porte sur : «L’accès à l’identité juridique, un droit pour tous, y compris les personnes déplacées internes».

Ce dernier thème est en parfaite symbiose avec l’engagement des autorités de digitaliser l’établissement et la délivrance des actes d’état civil comme recommandé lors des Assises nationales de la refondation (ANR). Il faut rappeler que des débats publics sur les fondamentaux de l’état civil ont été organisés les 7, 8 et 9 août sur les sites de déplacés de Niamana, Sénou et Centre Mabilé de Sogoniko en prélude de cette journée. Le choix porté sur les camps des déplacés est un symbole qui prouve à suffisance que les autorités partagent la peine de nos compatriotes déplacés.

Les personnes déplacées, comme tout autre citoyen, ont un droit inaliénable à un état civil car c’est à travers ce document qu’elles peuvent prouver leur identité juridique, a fait savoir le colonel Abdoulaye Maïga. En effet, l’état civil protège les populations déplacées et sans ce document, ces personnes restent invisibles, vulnérables et privées de leurs droits les plus élémentaires.

 

TRANSITION NUMÉRIQUE- L’état civil est la base sur laquelle reposent tous nos droits et responsabilités en tant que citoyens. L’établissement d’un lien entre les registres et les statistiques de l’état civil, les systèmes d’identité juridique et la mise à contribution du secteur de la santé permettent de fournir des services plus efficaces et mieux ciblés dans divers secteurs. Tels que l’éducation, la protection sociale et les processus électoraux. «Il garantit aussi l’exactitude, l’exhaustivité et l’actualisation des données démographiques», a souligné le ministre d’État. Il a assuré que le lancement du paiement digital des services d’état civil, le 19 juillet dernier, par le président de la Transition, qui se poursuivra avec celui du processus de production et de délivrance des documents d’état civil, permettra à tout citoyen de pouvoir disposer de son extrait d’acte de naissance à la demande et en tout lieu.

Dans un contexte de sortie de crise sécuritaire, cette dématérialisation du traitement et de la délivrance des actes d’état civil et des documents liés à l’état civil rapprochera davantage les usagers des services publics et contribuera à améliorer l’efficacité des services. Cela, à travers l’automatisation du processus permettant, ainsi, la réduction des coûts et favorisant le gain de temps.

Aussi, faut-il le souligner, la transition numérique permettra, non seulement, la mise en place d’un système d’état civil fiable, sécurisé et performant. Mais également de réduire les coûts exorbitants des recensements des populations avec la fourniture des statistiques fiables aux administrations publiques. «Elle constitue un levier important pour la mise en place d’un fichier électoral fiable qui réduit les risques de contestation et de conflits postélectoraux», a déclaré le colonel Abdoulaye Maïga.

L’état civil n’est pas simplement une question administrative, c’est le fondement même de notre identité, de nos droits et de notre épanouissement en tant qu’individus et en tant que société. De ce fait, le ministre d’État a invité les uns et les autres à s’investir pour promouvoir des partenariats et des synergies entre les parties prenantes afin d’accélérer les progrès dans le domaine de l’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques vitales. Rendant un vibrant hommage à toutes les victimes de cette crise, le colonel Abdoulaye Maïga a assuré que des dispositions sont prises par les autorités, conformément aux orientations du chef de l’État, pour le retour de toutes les personnes déplacées dans leurs localités respectives. La cérémonie a été marquée par la remise symbolique d’actes de naissance aux déplacés.

Bembablin DOUMBIA

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